Et si vous lisiez des classiques américains ?

19/05/2016

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Connaissez-vous vos classiques ? Mêmes ceux américains ? C’est en tout cas ce que je vous propose aujourd’hui. Je suis actuellement étudiante en anglais et ai étudié la littérature américaine au semestre dernier, du coup je me permets de partager avec vous quelques classiques indispensables, et d’autres moins connus. C’est parti !

Le Gothique américain 

poe__s_raven_by_twistedsynapses-d3keb3lComment parler du gothique sans parler d’Edgar Allan Poe ? Il n’est pas le pionnier du mouvement, mais il en est le membre le plus connu.

Le premier roman gothique américain (bien différent de celui européen) est « Wieland » de Charles Brockden Brown. Ce livre raconte l’histoire d’un frère et une soeur, Clara et Théodore, qui héritent de manière tragique d’un manoir où ils vont commencer à entendre des voix…

Puis, il y a bien sûr eu Edgar Allan Poe et ses très nombreuses contributions au gothique : « The Tell-Tale Heart », « The Fall of the House of Usher », « The Raven », « The Black Cat » et de nombreuses nouvelles connues dans le monde entier. Il y en a pour tous les goûts dans les œuvres de Poe, même si la plupart de ses écrits sont sombres et mettent en scène des narrateurs sur lesquels on ne peut pas compter. Poe se joue des lecteurs et personnellement, j’adore ça ! 

Mais il y eut aussi : Henry James avec « The Turn of the Screw » (Une nouvelle contée par une gouvernante qui commence doucement mais sûrement à voir des fantômes et à devenir paranoïaque) et « What Maisie Knew » (encore un narrateur peu fiable, dont le point de vue est faussé par son très jeune âge) mais aussi Nathaniel Hawthorne et son roman « Young Goodman Brown » (Un jeune homme se retrouve à Salem et assiste à un sabbat de sorcières qui le fait se questionner sur Satan et sa foi.), ou encore Washington Irving et son célèbre « Sleepy Hollow » adapté en séries et films (notamment par Tim Burton). Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de « Sleepy Hollow », cela raconte l’histoire de Ichabod Cane, fan d’histoires de fantômes et de sorcières, qui va rencontrer malencontreusement le Cavalier sans Tête dans la ville de Sleepy Hollow, alors qu’il tente de courtiser sa future femme. C’est une nouvelle plutôt courte mais qui reste dans le thème du Gothique. 

Les romans d’aventures et de conquête de l’Ouest

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Qui n’a jamais rêvé de partir à l’aventure en pleine nature ? Aux Etats-Unis, alors que le pays se construisait au fur et à mesure, les américains étaient fascinés par l’Ouest, une terre encore inconnue pour eux, et par la nature en général. Ils essayaient de trouver une certaine liberté et la nature semblait la meilleure option. 

Commençons avec l’Auteur (oui, avec un grand « A ») qui symbolise la conquête de l’Ouest, les Indiens et le roman d’aventure : James Fenimore Cooper et sa saga « The Leatherstocking Tales » dont vous connaissez forcément « Le Dernier des Mohicans« . Ces livres racontent l’histoire des États-Unis de 1740 à 1804 du point de vue d’un chasseur blanc, Natty Bumppo, et qui nous fait traverser tout l’Ouest américain. 

Puis nous avons « Les Aventures de Huckleberry Finn » de Mark Twain qui raconte l’histoire de deux garçons, l’un blanc et l’autre noir, fuyant la civilisation et l’esclavage. Bien sûr, leur voyage sur le fleuve Mississippi n’est pas de tout repos, et voyager avec un garçon noir va s’avérer bien plus dangereux que prévu, en ces temps d’esclavage. Mais c’est aussi une histoire d’amitié, de solidarité et de confiance, qui reste l’un des grands classiques de la littérature. 

Et enfin, un livre bien plus contemporain, « Into the Wild » de Jon Krakauer dont vous connaissez sans doute l’histoire via le film très connu de Sean Penn. C’est une biographie retraçant la vraie vie de Chris McCandless et son voyage dans l’Alaska, sans être préparé. Mais il y a aussi d’autres récits de jeunes un peu fous qui se sont lancés dans les mêmes projets et qui sont soit décédés pendant leur voyage, soit qui ont disparu. Ce n’est pas une fiction ou un récit, c’est plutôt comme lire un documentaire donc c’est un peu long mais très intéressant. J’ai beaucoup aimé l’énorme travail de journaliste qui a été fourni, et puis l’auteur nous partage sa propre histoire (qui lui a quasiment été fatale aussi). 

Récits d’esclavage 

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Commençons par les Récits d’esclaves, c’est-à-dire des autobiographies d’anciens esclaves, qui nous racontent leurs tragiques histoires : Frederick Douglass (« The Narrative of the life of Frederick Douglass »), né esclave, qui travaillait dans une immense plantation où il était maltraité, comme dans beaucoup d’autres plantations à l’époque. Finalement, il réussit à se libérer avec beaucoup de violence et dans son autobiographie, il nous raconte le calvaire qu’il a vécu toute sa vie dans cette plantation. 

Et puis il y a le très connu Solomon Northup (« 12 Years a Slave ») dont l’histoire est aujourd’hui mondialement connue grâce au film. Dans son livre, il raconte comment il a été enlevé alors qu’il était un citoyen afro-américain libre, et comment il a été vendu dans le sud des États-Unis pour devenir un esclave. C’est une histoire sordide qui nous montre comment était la société américaine à cette époque. Si vous êtes sensibles, je ne vous conseille pas ces deux livres, parce que ce sont des récits qui marquent. 

Passons aux personnes qui n’ont jamais été des esclaves mais qui dénoncent l’esclavage et la discrimination à travers leurs œuvres : Richard Wright et son roman « Native Son » qui relate l’histoire d’un jeune homme Afro-Américain dans les années 1930 à Chicago, qui souffre énormément de la discrimination et qui se sent écrasé par la société américaine de l’époque. Il y a aussi Harriet Beecher Stowe avec « Uncle Tom’s Cabin », un récit relatant l’histoire d’un esclave nommé Oncle Tom, alors qu’il est vendu de propriétaire en propriétaire, loin de sa famille, et devenant ami avec une petite fille blanche. Et enfin, Toni Morrison avec son roman « Beloved » qui raconte la vie d’une femme esclave qui réussit à fuir mais qui, dix-huit ans plus tard, n’est toujours pas libre et qui garde en mémoire les terribles souvenirs de la propriété où elle travaillait, l’endroit même où son bébé est mort, sans identité. 

The Great American Novel

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« The Great American Novel » est une notion typiquement américaine qui consistait à trouver le roman parfait pour symboliser l’Amérique. Après des années de recherche, ils en ont finalement trouvé trois qui correspondaient parfaitement (diversité, un roman épique et réaliste). 

Il y a donc « Lolita » de Vladimir Nabokov, racontant l’histoire de Humbert, un homme tombant amoureux de Lolita, qui n’a que douze ans. C’est une histoire un peu perverse, j’en conviens, mais c’est aussi une histoire qui illustre la société des années 1960 des États-Unis où il y avait de nombreux kidnappings ou d’histoires de la sorte. 

Puis il y a « Moby Dick » de Herman Melville, l’histoire d’Ishmael, qui s’en va en mer sur un bateau de chasse à la baleine et sa rencontre avec l’immense baleine, Moby Dick. C’est une histoire d’excès, avec la taille de la baleine, mais aussi de microcosme (représentation d’un échantillon de la société), puisqu’il y a de toutes les nationalités représentées sur le bateau. 

Et enfin, « The Great Gatsby » de F.S Fitzgerald, qui relate l’histoire de Gatsby, un jeune homme qui, pour séduire sa voisine, organise des soirées extravagantes, qui le rendent célèbre dans la région. C’est donc un roman d’extravagance, qui reflète la société américaine de l’époque, libérée après la Première Guerre Mondiale. 

The Lost Generation 

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L’auteur qui représente le mieux ce mouvement, c’est Ernest Hemingway, grand ami de F.S Fitzgerald et qui a écrit de nombreuses œuvres sur la déception de la jeunesse américaine, notamment « The Sun Also Rises », l’histoire d’un Américain, Jack Barnes, un journaliste travaillant à Paris pendant l’entre-deux-guerres, qui se retrouve tous les soirs dans un bar avec d’autres expatriés américains, qui reflète le fait qu’ils sont déçus de la société et qu’ils ne souhaitent plus y vivre. 

Dans un tout autre style il y a T.S Eliot qui, pour traduire cette déception, a écrit plusieurs poèmes, notamment « The Waste Land », dans lequel il n’y a aucune rime, et où toutes les traditions poétiques ne sont pas respectées et qui transmet le désespoir causé par la guerre. 

The Beat Generation 

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Et enfin, nous avons la « Beat Generation » représentée par Allen Ginsberg et son poème « Howl » ou encore Jack Kerouac et son roman « On the Road » qui relate l’histoire de deux jeunes hommes, Dean Moriarty et Sal Paradise, qui partent en road trip pendant trois ans et tous leurs rêves et espoirs. C’est une belle histoire d’amitié qui fait du bien au moral. 

J’en ai maintenant terminé avec mes recommandations. Bien évidemment, j’ai passé beaucoup d’auteurs sous silence mais cet article est déjà bien assez long. J’espère que ces œuvres vous inspireront et que je vous en ai fait découvrir certaines. 

Etes-vous prêts à vous lancer dans les classiques américains ? 

Alicia, alias Cupcake, jeune étudiante en anglais, passionnée de lecture depuis la plus tendre enfance mais aussi de films et de séries. Je passe le plus clair de mon temps le nez plongé dans les bouquins, que ce soit pour la fac (les classiques américains et brittaniques n’ont plus aucun secret pour moi!) ou pour le plaisir (faut bien de temps en temps!). Mes genres préférés sont le policier, l’épouvante, le fantastique et le young adult même si je ne suis ouverte à tout !
Parmi les romans préférés on a Les âmes vagabondes (Stephenie Meyer), Fangirl (Rainbow Rowell), Avant toi (Jojo Moyes) et bien sûr la saga Harry Potter ! Que de styles différents, donc.
Et puis, comme je l’ai dit, j’adore les films et si je pouvais vivre dans un cinéma je le ferais !
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2 Comments

  1. J'ai du lire Lolita quand j'avais 14-15 ans. J'avais adoré et surtout j'étais fière d'avoir lu une telle brique ! J'ai également acheté les textes de Poe illustrés par Benjamin Lacombe.
    J'aimerais beaucoup lire Gatsby, j'ai adoré le film et lire On the road qui est aussi énorme mais dont j'avais beaucoup aimé la citation : Seuls les fous m'intéressent. Ceux qui ont la fureur de vivre, de parler. Qui veulent jouir de tout. Qui jamais ne baillent ni ne disent une banalité. Mais qui brûlent, brûlent, brûlent comme une chandelle dans la nuit ! (elle vient de la bande-annonce du film et donc du livre je présume) :)

    • Je ne savais pas que Benjamin Lacombe avait illustré du Poe mais puisque j'ai adoré ses illustrations pour Alice, je vais essayer de trouver ce recueil !
      J'ai lu Gatsby et je n'ai pas trouvé que c'était un livre extraordinaire mais au moins il est très court ! Quant à On the Road, je n'ai étudié qu'un extrait donc je ne peux pas te dire si la citation viens bien du livre, mais j'imagine que oui !

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