Bienvenue à Marly-Gomont, un bel hommage.

03/07/2016

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Titre : Bienvenue à Marly-Gomont

Réalisateur : Julien Rambaldi

Avec : Marc Zinga, Aïssa Maïga, Bayron Lebli, Médina Diarra, Rufus, Jonathan Lambert, …

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h36

Nationalité : Français

Sortie : 8 juin 2016

Synopsis : En 1975, Seyolo Zantoko, médecin fraichement diplômé originaire de Kinshasa, saisit l’opportunité d’un poste de médecin de campagne dans un petit village français.
Arrivés à Marly-Gomont, Seyolo et sa famille déchantent. Les habitants ont peur, ils n’ont jamais vu de noirs de leur vie. Mais Seyolo est bien décidé à réussir son pari et va tout mettre en œuvre pour gagner la confiance des villageois…

 

 

 

Souvenez-vous, les années 2000 c’est l’avènement d’internet et de ses réseaux sociaux qui remplissent désormais 75% de notre temps. Mais c’est aussi les prémices du Buzz, généralement (si ce n’est toujours) par le biais de notre ami YouTube. Entre les Meme et vidéos insolites du net, on trouve des artistes en herbe dont la musique, via le bouche à oreille, fait son petit chemin avant d’exploser et de faire parler d’eux. C’est le cas de Marly-Gomont du rappeur Kamini. Ce titre et son auteur firent un tabac en 2007 avant de tomber dans les oubliettes du net. Mais surprise, Mister Kamini nous revient avec du lourd, un film : Bienvenue à Marly-Gomont. Mais si la chanson parlait exclusivement de ses mésaventures à la campagne, le film, lui, fait la part belle à ses parents et tout particulièrement à son père.

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« J’avais le projet de faire une sitcom comme le prince de Bel air avec une famille de Black qui vit à Marly-Gomont dont le père est médecin, mais suite au décès de mon père j’ai changé d’accès d’écriture. »

L’histoire est très simple : un jeune médecin, Seyolo Zantoko, fraichement diplômé, cherche un premier emploi, mais pas n’importe où car c’est en France qu’il désire travailler. Le médecin refuse des opportunités très avantageuses pour exercer dans l’hexagone et embarque femme et enfants à la conquête des français. C’est plein d’espoir que tout ce joyeux petit monde débarque à Marly-Gomont, au plus grand dam de Madame Zantoko.

Le film est un hommage vibrant au père du chanteur, médecin de campagne décédé en 2009, et raconte comment il s’est imposé dans cette bourgade de l’arrière-pays. Le projet est porté par Kamini qui joue les scénaristes mais qui a eu l’intelligence de s’entourer d’une équipe qui a su retranscrire avec justesse cette petite histoire familiale.

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Le scénario est plutôt simple, intelligent mais surtout très efficace parce qu’il ne tombe pas dans le piège du cliché facile. Le film nous présente une famille noire plutôt aisée, loin de l’image de l’émigré qui fuit la misère de l’Afrique ou encore celle de la banlieue. Les villageois sont eux aussi dépeints de manière réaliste, loin du sur-jeu de « Bienvenue chez les Chtis ». Bien sûr, il y a des éléments stéréotypants mais le film joue avec les aprioris pour transmettre son message. Le problème avec ce genre d’intrigue, c’est le côté manichéen des héros ou des situations : ici il n’est pas question de juger, de stigmatiser ou même de culpabiliser mais de faire réfléchir toutes les parties car les torts sont bien évidemment partagés.

La mise en scène n’est pas extraordinaire et n’apporte rien d’innovant à ce genre qui tend à se développer de plus en plus dans le paysage cinématographique français. Le box office français reste très friand de ces comédies dramatiques qui parlent de l’intégration et du déracinement, tout comme le film « Nous trois, sinon rien » de l’humoriste Kheiron. Il n’y a rien de surprenant dans ce long-métrage, j’irais même jusqu’à dire que l’on devine aisément la fin. Mais on comprend rapidement que ce n’est pas le but recherché par le réalisateur. Le film est, à l’image de cette famille, simple, authentique et sans fioritures. Résultat : on s’identifie facilement à eux.

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Le choc des cultures est présent tout au long  de l’intrigue mais toujours sous l’égide du rire et de l’humour,  avec deux ou trois scènes mémorables qui concernent toujours les membres de la famille Zantoko. Par exemple, en montrant les éléments classiques d’une famille typiquement zaïroise avec les sapeurs (style vestimentaire dandy et haut en couleur) ou les ultra religieux. On est happé par la volonté de bien faire du père, mais aussi déconcertés par le racisme ordinaire que le village entretient. Certaines scènes frisent l’incompréhension, comme la non-reconnaissance des capacités du docteur ou la séquence de l’accouchement où les insultes fusent.

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Le discours sur la réussiet selon le père fera écho à bon nombre de spectateurs. Le film pose les bonnes questions avec des répliques que tout enfant issu de l’immigration connaît, telle que « travailler deux fois plus que les autres pour prouver sa valeur », « faire de vraies études et non du sport ou de la musique », et surtout montre le décalage entre la vison du père et des enfants. 

« Pour lui, avec son passé d’orphelin, t’as à manger, un toit, des habits, même si tu te fais traiter de noir et de bamboula à l’école primaire, c’est pas un problème », confie Kamini

Mais certains sujets sont juste effleurés. A trop vouloir faire simple, certaines idées ne sont pas assez approfondiess et n’apportent pas un regard neuf.  Ils ne vont pas au bout de leur intention, se limitant à l’hommage paternel. Seules les questions de l’assimilation ou de l’intégration sont exploitées, les autres thèmes (la politique, l’abondant et l’isolement des campagnes rurales) demeurent en surface. Un choix qui reste compréhensible et s’explique par une mise en scène qui suis le regard de Kamini enfant. Ce dernier n’est pas le héros mais le spectateur silencieux des péripéties des autres membres de sa famille.

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J’ai été agréablement surprise par certains choix de mise en scène comme l’utilisation d’images d’archives du Zaïre des années 70 ou encore la mise en valeur de la langue « le lingala », qui est un motif important de l’histoire. J’ai été déçue que le film ne soit pas tourné dans le village même de Marly Gomont, le choix s’est tourné vers le petit village belge de Steenkerque, mais malgré cela les paysages et l’atmosphère remplissent le job, on n’y voit que du feu. Un résultat amplement dû au travail de documentation du réalisateur Julien Rambaldi, qui s’est beaucoup inspiré des travaux de Raymond Depardon sur le milieu rural de la France profonde. Côté bande sonore, la musique est très enfantine  et légère.

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En ce qui concerne les acteurs, c’est un casting bien réfléchi et très efficace. Aïssa Maïga et Marc Zinga sont très convaincants, ils nous présentent un couple affectueux et tendre mais dont les envies divergent entre un mari qui veut se faire le plus discret possible et une épouse qui n’a pas la langue dans sa poche et revendique son identité. Les enfants, interprétés par Medina Diarra (vue dans un téléfilm) et Bayron Lebli (dont c’est la première fois au cinéma), sont bien dirigés et offrent un jeu juste. Mention spéciale à Rufus, de son vrai nom Jacques Narcy, dans le rôle de Jeannot qui joue les conseillers, bien qu’il ait peu de dialogues, ses répliques sont toujours pleines de bon sens.

« La terre est très fertile à la connerie ! Ici, la connerie pousse très bien ! »

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En conclusion, c’est un film classique, simple mais entraînant et sincère. Un scénario qui tient la route mais une mise en scène trop basique, mais qui remplit parfaitement son travail. On regrettera que certains thèmes ne soient pas plus fouillés. L’humour est au rendez-vous avec une image pittoresque de la France profonde et haute en couleur de l’Afrique. Je conseille vivement ce film, parce qu’un film qui vous arrache quelques larmes et des éclats de rire, c’est forcément un bon film.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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One Comment

  1. Il est sympa ton article !

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