La Danseuse - A la rencontre de Loïe Fuller, icône de la Belle Epoque

27/09/2016

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Titre : La Danseuse

Réalisateur : Stéphanie Di Giusto

Avec : Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp

Genre : Drame, Biopic

Durée : 1h 52min

Nationalité : Français

Sortie : 28 septembre 2016

Synopsis : Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle.

 

 

 

La danse ! L’art de mouvoir son corps, l’enchaînement d’une suite de pas rythmés par la musique. La danse serait selon certains à l’origine de tous les arts. Elle ferait du corps un instrument pour exprimer ou interpréter les sensations ou les sentiments. Face à elle, il y a le cinéma qui est l’art du spectacle, l’enchaînement de plans, le jeu des lumières, la composition de scène. Le point commun entre eux, c’est le mouvement. Lorsque ces deux entités se rencontrent, cela crée des chefs-d’œuvre comme Black Swan, Billy Elliot ou encore Pina. « La Danseuse » fait partie de ces films envoûtants et enivrants, à la différence près qu’il ne s’agit pas ici d’une danseuse mais d’une inventrice de génie qui a sombré dans l’oubli.

Nous sommes dans le fin fond des USA, dans l’état du Nevada où les festivités battent leur plein. Un vieil homme invite une demoiselle sur la piste de danse. L’air gêné, la jeune fille décline mais il insiste. Elle finit par céder tout en déclarant :

« Je ne sais pas danser Papa »

C’est ainsi que commence l’histoire de l’orchidée dansante, Loïe Fuller, une célébrité de la Belle Epoque qui va révolutionner le monde de la scène.

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Pour la réalisatrice Stéphanie Di Giusto, tout est parti d’une photographie montrant une danseuse cachée par des mètres et des mètres de tissu avec pour simple inscription « Loïe Fuller : l’icône de la Belle Epoque ». Après des recherches, puis trois ans d’écriture, elle aboutit à La Danseuse, un film mêlant fiction et réalité.

Le film s’intéresse au parcours artistique de Loïe Fuller, allant des difficultés rencontrées pour vivre de son art tout en s’imposant dans le monde du spectacle, jusqu’à la rivalité qu’elle entretient avec une autre vedette de la danse : Isadora Duncan. Mais c’est avant tout le portrait d’une femme de caractère dotée d’une volonté de fer que rien ne prédestinait à la danse. Marie-Louise Fuller devient Loïe, comme une chenille deviendrait un papillon.

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Dans le rôle-titre, on retrouve (ou découvre) Soko, une artiste-interprète qui est aussi bien à l’aise en tant que chanteuse qu’actrice. La jeune femme ne nous livre pas une interprétation mais une véritable performance physique et scénique. Le rôle semble taillé pour elle. La jeune actrice nous dévoile une palette de jeu pour ce personnage ô combien complexe. A la fois femme sûre d’elle et surtout de ses choix, elle n’hésite pas à braver, voire transgresser les règles. Mais c’est aussi une femme fragile et instable obnubilée par son art et complexée par son illégitimité dans le monde de la danse et du spectacle. Cela se reflète dans ce qu’elle fait endurer à son corps, un corps qui, bien qu’entraîné, peine à suivre.

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Face à elle, on découvre une toute jeune fille qui fait ses débuts dans le cinéma mais dont le nom ne nous est pas inconnu. Lily-Rose Depp campe le rôle de la rivale, Isadora Duncan, avec merveille grâce à sa fraîcheur et sa jeunesse. Elle fait preuve d’une maturité saisissante pour le rôle qui lui est attribué. Elle est totalement en opposition avec Soko, tout en finesse et en subtilité dans la gestuelle, une véritable danseuse. Le seul bémol vient de son interprétation. Plus que le côté vamp qu’elle doit incarner, c’est le côté manipulatrice et peste qui subsiste ; la faute à une direction d’acteur pas suffisamment maîtrisée par la jeune réalisatrice dont c’est le premier film. Comme Soko, Miss Depp est un talent brut et semble avoir plusieurs cordes à son arc. Malgré ce petit faux pas, on ne doute pas de la carrière prometteuse qui l’attend. Entre ces deux actrices, l’alchimie est explosive, passant de l’admiration à la jalousie, du désir à la sensualité. Elles sont complémentaires, l’une dans la force  et le travail à grand renfort d’effets visuels, l’autre dans la finesse et la simplicité, tournée vers les figures antiques.

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A côté d’elles, on retrouve d’autres grands noms du cinéma français mais qui ne marquent pas les esprits et dont certains sont anecdotiques. Gaspard Ulliel en Louis Dorsay joue les nobles décadents. Son rôle, qui est totalement fictif, est là comme pour contrebalancer le fait que l’on gravite dans un univers totalement féminin et fait référence à la tradition du « mécène et de sa danseuse » (danseuse = maîtresse à la Belle Epoque). Il est comme le reflet de Loïe en version masculine. La question que l’on pourrait se poser serait « Est-il vraiment indispensable au film ? », puisqu’il n’est en rien un moteur dans la vie de l’héroïne, à la différence de  Mélanie Thierry (qui joue Gabrielle) qui, bien que discrète, se démarque d’Ulliel en jouant les protectrices et les assistantes. Une discrétion étonnante quand on sait que la véritable collaboratrice de Loïs Fuller a eu une grande place dans sa vie (celle de l’amante).

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La mise en scène est tout simplement sublime. Stéphanie Di Gusto a tout misé sur la performance visuelle, un choix compréhensible et en adéquation avec son sujet. Loïe n’est pas une danseuse mais une créatrice, une avant-gardiste de talent qui s’improvise  metteur en scène. Elle n’hésite pas à faire breveter ses créations,  à réclamer de l’électricité pour ses shows et à imposer sa loi dans des lieux mythiques tels que les Folies Bergère ou encore l’Opéra Garnier, temple de la danse. Des innovations incroyables pour l’époque. Le film réussit à montrer cette course au progrès, à la perfection et à la beauté du geste grâce au jeu des acteurs mais aussi aux sons et aux lumières qui nous en mettent plein les oreilles et les yeux. Les corps s’en retrouvent sublimés et magnifiés alors qu’ils se dérobent à notre regard sous des mètres de soie. A certains moments, les chorégraphies de Loïe semblent si grandes qu’elles donnent le sentiment d’un art trop étroit pour une simple scène, elles débordent du cadre pour s’évader dans la nature. Chaque scène devient un tableau éphémère, poétique et abstrait.

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On notera tout de même que le film de Di Giusto est plutôt avare en paroles. La narration n’est pas l’élément le plus travaillé du long-métrage, ce dernier préférant se concentrer sur l’aspect visuel. Cette prise de risque rend l’intrigue plutôt plate et lente. Et à la différence d’autres biopics comme La Môme, La Danseuse n’a pas véritablement de récit qui nous tient en haleine. On regrettera que la réalisatrice ne se soit focalisée que sur son personnage et ses performances, oubliant de l’intégrer efficacement à son époque et n’exploitant pas suffisamment les lieux qui servent de décor (La Folie Bergère et l’Opéra Garnier, Paris).

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En conclusion, ce film est un bel hommage à la première danseuse contemporaine du siècle dernier, une sorte de rêve américain mais en France. L’intrigue rend justice à cette artiste oubliée du grand public. On pourrait qualifier le travail de Stéphanie Di Gusto de classique et propre. La danse et son interprète sont vraiment très bien travaillées grâce au choix des actrices mais en dehors de cela, les rôles secondaires manquent de profondeur, et la narration et l’intrigue ne sont pas suffisamment élaborées. Mais ces points négatifs sont rattrapés par une mise en scène esthétique basée sur la performance visuelle au service de la danse, avec deux actrices (Soko et Lily-Rose Depp) qui crèvent l’écran. Pour un premier film, la réalisatrice s’en sort bien mais peut mieux faire.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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