Sing Street - Un Feel Good Movie, malgré le sexisme ambiant.

25/10/2016

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Titre : Sing Street

Réalisateur : John Carney

Avec : Ferdia Walsh-Pelo, Lucy Boynton, Aidan Gillen, …

Genre : Comédie Dramatique / Musicale 

Durée : 1h46

Nationalité :  Irlandais, Américain

Sortie : 26 Octobre 2016

Synopsis :  Dublin, années 80. La pop, le rock, le métal, la new wave passent en boucle sur les lecteurs K7, vibrent dans les écouteurs des walkmans et le rendez-vous hebdomadaire devant  « Top of the Pops » est incontournable.
Conor, un lycéen dont les parents sont au bord du divorce, est obligé à contrecœur de rejoindre les bancs de l’école publique dont les règles d’éducation diffèrent de celles de l’école privée qu’il avait l’habitude de fréquenter.
Il se retrouve au milieu d’élèves turbulents qui le malmènent et de professeurs exigeants qui lui font rapidement comprendre qu’en tant que petit nouveau, il va devoir filer doux. Afin de s’échapper de cet univers violent, il n’a qu’un objectif : impressionner la plus jolie fille du quartier, la mystérieuse Raphina. Il décide alors de monter un groupe et de se lancer dans la musique, univers dans lequel il ne connait rien ni personne, à part les vinyles de sa chambre d’adolescent. Afin de la conquérir,  il lui propose de jouer dans son futur clip.

 

 


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John Carney a une méthode bien rodée pour faire un film : mélanger musique et changement de vie, le tout teinté d’une dose de romance. La formule a enchanté les critiques pour son premier film, Once, l’histoire d’un chanteur sans avenir qui rencontre une jeune immigrée de l’Est, qui va lui faire redécouvrir la musique et la passion qui l’accompagne. Une très belle histoire, qui a autant plu aux critiques qu’au public et qui a même été déclinée en comédie musicale à succès. Son deuxième film, un peu plus « hollywoodien », Begin Again (New-York Melody en VF), a été un coup de cœur pour moi. L’histoire d’une jeune femme qui, après une rupture douloureuse, rencontre un ancien producteur à succès alcoolique. Tous les deux vont s’aider à retrouver foi en la musique, l’amour, la famille et le travail. Même si encore une fois les thématiques sont assez proches, Sing Street nous prouve à nouveau que John Carney peut enchanter avec un rien.

 

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Sing Street n’a pas été le coup de cœur qui a traversé les critiques et que j’espérais. Néanmoins, il reste un très bon feel good movie, qui nous redonne foi en l’humanité. Comme toujours, John Carney veut nous prouver qu’une bonne personne peut changer notre vision de la vie et nous faire prendre confiance en nous. Ici, Conor, un jeune lycéen propret sur lui, vivant dans une famille en pleine crise, est obligé de changer d’école. Il atterrit dans une école religieuse, où les autres élèves paraissent assez extrêmes. Très vite, Conor va flasher sur une jeune fille qu’il aperçoit tous les jours devant son école. Pour lui plaire et la revoir, il s’invente un groupe et le tournage d’un clip, auquel il convie la jeune fille. Sauf que Conor n’a pas de groupe ! Aidé d’un camarade, il va alors monter son groupe et commencer à composer des chansons. Poussé par son grand frère, mélomane en la matière, Conor va finir par dénicher dans son école quatre autres garçons prêts à le suivre dans cette aventure.

 

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Le groupe va tâtonner au début, mais va vite trouver un rythme et un style particulier, malgré son amateurisme. Leur musique s’inspire de Duran Duran et des vidéos-clips qui commencent tout juste à devenir quelque chose à part entière pour les gens. Leur premier clip va se révéler assez bizarre et mal organisé mais malgré cela, ils vont beaucoup s’amuser et Conor va retrouver Raphina, qui est venue participer au clip.

Conor est fou amoureux, mais Raphina semble le trouver trop jeune, lui préférant un autre jeune homme plus vieux, avec qui elle a espoir de quitter Dublin sous peu pour Londres, terre de promesse pour une jeunesse dublinoise sans avenir.

Malheureusement, l’un des gros problèmes des films de John Carney, et qui a fait que ce film n’a pas été un coup de cœur, c’est sa vision des femmes plus ou moins sexiste. Je n’ai vu personne en parler sur le net, tout le monde louant la virtuosité du réalisateur, mais pourtant la réalité des choses est loin d’être aussi belle.

 

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Sur les trois films de Carney : Once (2006), Begin Again (2014) et Sing Street cette année, seul Begin Again passe le Bechdel Test (même si la communauté est divisée sur ce point). Pourtant, de très bons films avec des femmes fortes ne passent parfois pas le Bechdel Test. Ici, la femme dans les films de Carney est toujours celle qui aide le héros du film à trouver un sens à sa vie. Pourtant, ces femmes ne sont là que pour mettre en valeur l’homme qu’elles « aident ». Seul peut-être le personnage interprété par Keira Knightley dans Begin Again est un peu différent, mais les propos du réalisateur sur l’actrice, il y a quelques mois, laissent peu de doute sur sa propre vision de la femme… Dans Once,  la « fille » (les personnages n’ont pas de prénom dans le film), qui vit une relation difficile avec son compagnon, décide quand même de rester avec lui, pour ses enfants, alors même que le spectateur ne peut que voir l’incroyable alchimie entre elle et le « garçon ». Un choix qui peut se tenir et qu’on finit par comprendre. Seulement, dans Begin Again, le même schéma se reproduit : Dan, joué par Mark Ruffalo, alcoolique et dépressif, reprend vie grâce au personnage de Keira K. Malgré tout, il finira par revenir vers son ex-femme, qui malgré des années difficiles avec lui, retombera dans ses bras comme si de rien n’était. Carney, qui aime ce genre de personnage à qui les femmes pardonnent tout, en affuble donc Raphina. Elle, qui à 16 ans sort avec un homme qui semble beaucoup plus âgé. Ils décident ensemble de partir pour Londres, mais celui-ci lui a menti et a laissé Raphina en plan. On découvre qu’elle a été frappée mais en parlant avec Conor, celle-ci lui dit que c’était de sa faute et qu’elle l’a mérité (!!!!). Autant vous dire que là, je n’étais clairement pas bien. Raphina aurait pu être un personnage très intéressant si elle n’avait pas été cantonnée au rôle de « girlfriend ». L’autre personnage féminin du film est la mère de Conor : une très belle femme d’âge mûr, mariée deux fois. Ça ne va plus avec le père de Conor et on découvre que celle-ci voit un autre homme. Le grand frère de Conor, né d’un premier mariage, voit très mal cette liaison et dit des choses horribles sur sa mère. A aucun moment, celle-ci n’a le droit à la parole, ce sont les hommes : Conor, son père et son frère, qui parlent pour elle. Encore une fois, cette vision de la femme m’a assez troublée, car les hommes sont montrés comme forts, intelligents et créatifs, tout le contraire des femmes, qui ne font que les suivre, et quand elles ne veulent pas, elles sont alors jugées lourdement.

 

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Malgré cela, je ne peux pas dire que le film est mauvais. C’est paradoxalement à ce que j’ai dit plus haut un bon feel good movie, qui nous donne envie de réaliser nos rêves et de faire de grandes choses. La BO est encore une fois le point fort du film : une petite merveille qui nous donnera envie de nous replonger dans les années 80 (pas si nulles que cela musicalement parlant !).

John Carney nous a encore prouvé qu’il sait mettre en images la créativité musicale. A lui de nous montrer maintenant qu’il peut sortir un peu de sa zone de confort et nous montrer des films ayant un autre schéma et une autre vision de la femme !

 

 

 

Pauline, j’ai toujours voulu étudier à Poudlard, mais n’ayant jamais reçu ma lettre, je me suis contentée de vivre par procuration d’incroyables aventures à travers les livres, les films et séries tv. J’aime tout, de la sci-fi, aux comédies romantiques, en passant par les drames ou thrillers. Qu’importe le format ou la manière, le plus important est que l’histoire me touche.
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