Rupture pour tous ou quand les start-up se désengagent pour vous.

22/11/2016

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Titre : Rupture pour tous

Réalisateurs : Éric Capitaine

Avec: Benjamin Lavernhe, Elisa Ruschke, Aïssa Maïga, Camille Chamoux, Antoine Gouy

Genre : Comédie

Durée : 1h31

Nationalité: Français

Sortie : 23 novembre 2016

Synopsis : Mathias Lonisse, créateur de la société Love is dead, est un artisan de la séparation amoureuse.

Il est mandaté pour rompre à la place de celles et ceux qui pour une raison ou une autre préfèrent s’éviter cette tâche bien souvent pénible et délicate.

Mathias assume parfaitement son métier, et effectue chaque mission avec un grand sens du professionnalisme, jusqu’au jour où maman décide de quitter papa…

 

 

En 2016, on l’a bien compris à force de nous le marteler encore et encore : les start-up, concept hype et branché, sont l’avenir de l’entrepreneuriat. Ils investissent dans tous les domaines et les relations sociales n’y échappent pas. Tous les services sont possibles et imaginables : trouver le grand amour ou juste un plan cul (régulier ou pas) et même, comble de la provocation, dénicher un amant ou une maîtresse en un seul clic. Il n’y a plus de limite. Dans un marché toujours plus innovant et repoussant sans cesse les limites, il faut se démarquer et ça, Éric Capitaine l’a bien compris en s’empressant de le mettre en scène dans un sympathique court métrage qui a fait son petit effet : « Love is Dead ». La suite logique de cette lumineuse idée, c’est un long-métrage : « Rupture pour tous »

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« Toute rupture radicale ouvre le champs des possibles »

Mathias, jeune trentenaire, adore son travail. Normal, il est son propre patron mais aussi l’heureux propriétaire d’une petite entreprise bien nommée Love is Dead. Son concept ? Rompre à votre place et faire en sorte que ce soit rapide, indolore et sans possibilité de rechute. Mathias excelle dans son rôle avec un zèle dérangeant : eh oui, le client est roi et donc sa priorité. Tant pis pour les victimes qui n’ont que leurs yeux pour pleurer. Après un énième largage, le jeune homme se retrouve confronté à Juliette – une pétillante secrétaire qui, suite à la prestation de Mathias, s’est fait virer – qui réclame comme dédommagement d’être engagée dans sa petite affaire. La collaboration n’est pas simple mais le pire reste à venir quand sa très chère mère veut quitter papa et fait appel à ses services.

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Rupture pour tous est le premier long métrage d’Éric Capitaine en tant que réalisateur mais aussi scénariste. Et pour un premier essai, c’est plutôt réussi. Le passage du court au long métrage est un exercice périlleux mais le cinéaste s’est bien entouré en faisant appel, pour l’écriture du scénario, à François Bégaudeau et Camille Chamoux (qui joue aussi dans l’intrigue). Ensemble, ils ont su relever efficacement le défi. Il n’y pas de temps mort ou de longueur, le rythme est soutenu et bon enfant. Entre comique et bon sentiment, tout le monde trouve sa place sans que cela ne tourne à l’overdose. C’est tellement maîtrisé que la fin en devient frustrante. Car 1h30 de film, ce n’est pas suffisant. Les véritables points forts de cette comédie légère, ce sont les dialogues. Ils mélangent le jargon du business et des affaires à celui du cœur, de bon sentiment et relation à la personne. C’est parfois très pompeux et soutenu, mais toujours compréhensif.  Le ton est cynique, à la limite de l’humour noir.

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Bien que le casting ne soit pas de grande renommée, il  ne manque pas de qualité. C’est simple, ils remplissent parfaitement et à merveille le taf. Benjamin Lavernhe, pensionnaire de la comédie française, interprète le charmant Mathias. Récemment vu dans l’Odyssée, il a vraiment la tête de l’emploi. C’est un beau parleur, charismatique et cynique. Il est passionné par son travail qu’il prend vraiment au sérieux et pour lequel il prend surtout du plaisir. C’est avec un naturel déconcertant qu’il débite ses dialogues.

Face à lui, on retrouve Elisa Ruschke alias Juliette – dont c’est la première apparition au cinéma -, qui est un véritable boute-en-train. Pétillante et drôle, la petite novice fait une entrée remarquable sur grand écran. Elle est très convaincante et très attachante. Chacune de ses répliques donne le sourire. Pour une première fois, elle a su s’imposer.

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L’énergie du duo Lavernhe / Ruschke est vraiment contagieuse et rafraîchissante. On sent une véritable complicité. L’inversion des rôles s’opère naturellement. Mais les spectateurs avisés comprendront rapidement qu’ils viennent de la scène. 

Les seconds rôles sont eux aussi bien travaillés, avec des acteurs confirmés. On retrouve une Aïssa Maïga adorable en thérapeute conjugale, Brigitte Roüan en mère désabusée en quête de liberté face à Sam Karmann en mari retraité envahissant, ou encore Camille Chamoux en femme hystérique abandonnée (parfois semblant surjouer) etc. Une ribambelle de personnages colorés et amusants à suivre.

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Côté mise en scène, le film est divisé en plusieurs parties destinées à expliquer les différentes offres de l’agence sous forme d’initiales telles que FAR (Forfait Anti-Rechute). Comme dit précédemment, le réalisateur a tout misé sur ses acteurs et le scénario mais sans omettre le reste. L’intrigue est pleine de rebondissements imprévisibles. Les quiproquos et les reparties sont à mourir de rire et l’on trouve pas mal de clins d’œil ou de références actuelles, la plus remarquable est celle des FEMEN (rien de mieux que des seins nus pour manifester son mécontentement). Les décors sont plutôt colorés et acidulés et la musique est entraînante, à l’image de ses personnages. On a même droit à une petite choré. Il y a un côté enfance qui ressort du film (souvenez-vous, au primaire ou au collège quand vous envoyiez votre ami(e) faire le sale boulot, oui celui de transmettre les mot d’amours ou les ruptures).

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Malgré le comique, qui est vraiment le point central du récit, le film n’en reste pas moins réflexif. Est-ce un concept moralement ou éthiquement envisageable ? Est-ce qu’une rupture nette et brutale vaut mieux que des années de souffrance ?  Est-ce que le fait de ne plus aimer est une raison pour rompre ? Bref, le spectateur ressortira avec plein de questionnements. Le seul point négatif que j’ai trouvé au film, c’est que l’intrigue montre plusieurs histoires en parallèle mais ne les conclut pas toutes. Et puis même si l’idée est sympa et efficace, ça reste du déjà vu d’une certaine manière et l’on s’attend à la fin. D’ailleurs, le film rappelle beaucoup l’Arnacoeur, en moins cliché.

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En conclusion, Rupture pour tous est un bon film qui donne le sourire et aborde un sujet assez sensible. Le film s’appuie beaucoup sur ses interprètes et sur les dialogues qui sont très recherchés. Le choix d’acteurs peu ou pas connus pour le duo principal est accueilli avec plaisir, on échappe ainsi au sur-jeu ou au cabotinage qui est présent dans de trop nombreuses comédies. Le tout est consolidé par des seconds rôles plus confirmés. Le récit d’Éric Capitaine offre un champ de réflexion sur la question de la rupture. Dommage que le film n’aille pas plus loin et ne conclue pas toutes les intrigues. C’est un film que je conseille vivement en temps de pluie pour se remonter le moral, mais surtout ne jamais faire appel à ce genre de service !!!! Soyez courageux 😉 

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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