The Crown : Une autre Elisabeth, une autre histoire et on aime ça

28/12/2016

Titre : The Crown

Créée par : Peter Morgan

Avec : Claire Foy, Matt Smith, Jared Harris, Vanessa Kirby

Format : 54 à 61 minutes

Année : Novembre 2016

Diffusion : Netflix

Genre : Biopic, Historique

Nationalité : Américano-britannique

Synopsis : La Reine Elizabeth II, alors âgée de 25 ans et confrontée à la tâche démesurée de diriger la plus célèbre monarchie du monde tout en nouant des relations avec le légendaire premier ministre Sir Winston Churchill. L’empire britannique est en déclin, le monde politique en désarroi… une jeune femme monte alors sur le trône, à l’aube d’une nouvelle ère.

 

On la connait tous, cette petite phrase un peu moqueuse, que l’on lance comme une pique mais qu’on ne dira jamais à un anglais : « La Reine d’Angleterre !!! Elle ne sert à rien, juste pour faire joli !!! » Et pourtant, malgré les moqueries, à chaque annonce émanant de Buckingham palace, mariage, naissance, scandale (surtout scandale) nous sommes là à les scruter avec admiration et incompréhension. Comment cette bonne femme, que Yann Barthès a pris l’habitude de nommer affectueusement « la Grosse Fée » ou dont Stéphane Bern ne cesse de vanter les mérites et la ténacité, a-t-elle fait pour traverser les décennies à la tête d’une des plus puissantes et anciennes monarchies actuelles ? Et surtout, question cruciale, qu’y a-t-il vraiment derrière le personnage public ? Qui est Elisabeth Regina Windsor ? Si vous vous posez ces questions (ou pas), la série originale de Netflix y répond et c’est plus que réussi.

A la cour d’Angleterre, rien ne va plus. Le pays, bien que victorieux de la Seconde Guerre mondiale, est fragilisé par 6 années de guerre et de bombardements. Pire encore, le Roi Edouard VII, qui règne depuis 16 ans, est lui aussi bien mal en point. L’attention se tourne automatiquement vers son héritier qui n’est autre qu’une héritière, Elisabeth, appelée affectivement Lisbeth. La jeune femme, qui est sur le point de se marier au fringant capitaine Philippe Mountbatten, et qui n’aspire qu’à une vie de simple épouse et mère de famille, s’apprête à entrer dans l’Histoire. Mais pour remplir le rôle qui lui incombe, la jeune femme va devoir faire le deuil de sa personne au profit d’une autre : La Couronne.

La série The Crown nous dresse le portrait de la Reine Elisabeth II à l’aube de son règne et nous donne un accès illimité aux coulisses de la cour royale et du gouvernement Britannique. Après les 10 épisodes que comptent la 1ère saison, Buckingham Palace et le 10 Downing Street n’auront plus aucun secret pour vous. Loin du côté glamour et paillette que peut susciter la famille royale, c’est un univers rythmé par les affaires de l’état et la raison d’état. Les Windsor ne sont pas n’importe quelle famille et ne peuvent par conséquent rien faire comme tout le monde. Même si le personnage central est Elisabeth, le véritable personnage principal de l’intrigue c’est la Couronne. Cette entité inanimée régit la vie de tous les membres (royaux ou personnel du palais) d’une main de fer. Et l’on comprend rapidement que porter cette couronne n’est pas une partie de plaisir.

La série réussit le pari de rendre cette intrigue attrayante et divertissante tout en étant pédagogique. C’est une véritable leçon d’Histoire beaucoup plus passionnante qu’un épisode de Secret d’Histoire (que j’adore regarder aussi). On découvre chaque membre de la famille sous un autre jour mais aussi les membres du protocole qui régissent leur vie. Entre événement politique et guerre interne au sein même de la maison royale, la série regorge d’anecdotes. Comme pour d’autres productions historiques telles que Tudor, Versailles ou même d’une moindre mesure Reign, le spectateur a droit à son lot d’idylles amoureuses, de déceptions, de rivalités, et bien évidement de trahisons. L’intrigue met aussi l’accent sur les bouleversements sociaux qui s’opèrent dans le pays et le monde, comme la perte des colonies, l’émancipation de la femme, la tentation du communisme et la puissance américaine, etc.

Face à une monarchie vieillissante et à des sujets dont la vision du monde se modernise, la Reine doit réussir à allier ces deux notions pour pérenniser sa position. Une tâche loin d’être simple.

Pour interpréter cette reine déjà légendaire par la durée de son règne, le choix s’est porté sur Claire Foy qui n’en est pas à sa première reine à l’écran (Anne Boleyn dans Wolf Hall de Peter Kosminsky). Bien que les traits soient loin d’être ressemblants, l’actrice réussit haut la main son jeu, elle respire la jeunesse, le manque d’assurance et la timidité. Nous présentons une Elisabeth réservée mais proche de sa famille, passionnée de chevaux et de chiens mais aussi mécanicienne à ses heures. A bien regarder ses débuts, on se demande comment est arrivé son style plus que particulier (les chapeaux et les tenues bizarres). Fidèle comme une ombre, la reine est toujours accompagnée de son mari le prince consort Philip Mountbatten, Duc d’Edimbourg. Et c’est Doctor Who qui s’y colle. Matt Smith est le fringant époux de la Reine et une chose est sûre, il n’est pas là pour faire de la figuration. Observateur, charismatique, vindicatif et moqueur, il est loin de l’image sympathique qu’on lui connait. C’est un personnage assez ambigu, plein d’humour mais en colère, à un tel point que l’on peut se poser la question de la réalité de leur amour. L’aime-t-il vraiment ? En s’engageant dans la famille royale, Philip doit renoncer à tout au profit de sa femme et toujours derrière. Les enjeux du couple sont le cœur de certains épisodes, entre tradition et modernité le compromis est de mise (les enfants auront-ils son nom ? Quelle tâche occupera-t-il ? Pourrait-il voler ? …).  Comme le fait bien remarquer le père de la reine, « Votre Job, C’est Elisabeth ».

L’autre membre de la famille qui pimente le palais, c’est la cadette des Windsor, Margaret. C’est connu, il y a toujours un vilain petit canard ou un rebelle chez les Windsor. Vanessa Kirby (The Hours, Jupiter Ascending, Avant toi) incarne intelligemment Margaret d’Angleterre avec son petit air mutin et les piques qu’elle lance volontiers à sa royale sœur. C’est une véritable peste. Bien que moins exposée que la reine, elle reste prisonnière du sérail du palais et pour attirer l’attention n’hésite pas à faire scandale.

Autre personnage intéressant à suivre de la fiction, c’est Winston Churchill, joué par John Lithgow. Présenté comme le héros de la seconde guerre mondiale, c’est un vieil homme qui s’accroche au pouvoir malgré les diverses tentatives de son parti ou du palais pour l’évincer. Son personnage est vraiment attachant, un vieux lion qui aime son pays et qui refuse de le voir évoluer sans lui. D’une manière générale, la série ne laisse personne de côté, protagoniste principal ou secondaire, chacun a droit à sa petite histoire. Il y a d’autres personnages forts dans cette série, la reine mère, la grand-mère d’Elisabeth (que perso j’adore) ou encore le Roi George VI (souvenir de discours d’un roi), mais on laissera au spectateur l’occasion de faire leur connaissance. Rien n’est gratuit, tout est utile.

Première production britannique de Netflix, The Crown a pour projet de retracer le règne intégral de la reine par tranches d’une décennie par saison. Un savant mélange de Downton Abbey et House of cards en plus british et sophistiqué. La série se veut fidèle jusqu’au bout en poussant la reconstitution très loin. Ils ont aussi loué les services de Peter Morgan, déjà scénariste dans le film de Stephan Fears en 2006. Les choix de mise en scène mettent en avant l’aspect public et privé, le double rôle avec lequel doit jouer Elisabeth. C’est surtout la mort d’une personne que l’on filme car « la couronne doit gagner », il y a quelques regards caméra à destination du spectateur pour lui signifier qui il a en face de lui : la femme ou la reine. Le regard de Claire Foy est saisissant et exprime beaucoup en si peu.

Question musique, la BO est assurée par Hans Zimmer pour le générique en ouverture, qui nous propose du Hans Zimmer, un air imposant qui vous reste en tête. Le reste revient à Rupert Gregson-William, qui nous propose des thèmes reconnaissables. Elle accompagne parfaitement l’intrigue, l’atmosphère et les tensions de la série. En parlant d’atmosphère, celle des années 40 est bien présente mais sans trop en faire. Etant donné la renommée de la famille royale et des lieux qu’elle arpente, le choix de la production a été d’en faire le moins possible pour que le spectateur puisse se concentrer sur les personnages. Personnages qui eux non plus ne tombent pas dans la caricature de leur illustre représentant. Les décors sont aussi soigneusement représentés sans tomber dans la facilité. La série a plutôt une tonalité froide, surtout lorsque l’action se produit dans le palais, mais lorsqu’elle a lieu dans les territoires sous domination britannique, le ton est plus lumineux et chaleureux.

En conclusion, The Crown est la vraie bonne surprise de cette fin d’année. Elle innove le genre historique en mêlant trame politique et petite histoire subtilement. Les personnages sont tous intéressants à suivre et l’on prend plaisir à découvrir ou redécouvrir les acteurs de la couronne britannique. The Crown ne semble pas avoir de défaut flagrant et être de bonne facture. Son véritable tour de force, c’est de pouvoir nous étonner avec une histoire que l’on semble connaitre déjà. Les choix de mise en scène donnent vraiment une qualité cinéma à la production, et c’est fort appréciable. On a l’occasion de suivre un cours d’Histoire sans l’inconvénient d’un prof barbant et l’on scrutera donc la sortie de la saison 2 avec grand intérêt.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
2 I like it
0 I don't like it

2 Comments

  1. J'ai dévoré cette série que j'ai adoré du début à la fin ! J'attends avec impatience la saison 2 également :)

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *