Jackie : un film ambitieux mais pas convaincant

25/01/2017

Titre : Jackie

Réalisateur : Pablo Larraín

Avec : Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig, Billy Crudup, …

Genre : Drame, Biopic

Durée :  1h40min

Nationalité : Américain

Sortie : 1er février 2017

Synopsis: 22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

 

Qui ne connait pas les Kennedy ? Personne. Cinéphile ou non, amateur d’histoire ou pas, on connait le destin tragique de ce clan. Ils ont marqué au fer rouge l’Histoire américaine et comme on pouvait s’y attendre, le cinéma n’a pas tardé à s’emparer de leur histoire pour la traiter sur grand écran. On a eu des films, des téléfilms ou même des séries, avec notamment le magistral JFK d’Oliver Stone en 1991 (3h de film) ou encore la mini-série Les Kennedy en 2011 qui retrace l’intégralité du mandat du malheureux président. Même son frère a eu droit à son film en  2007 : Bobby d’Emilio Estevez. Alors pourquoi pas sa femme ? Et la question mérite d’être posée : qui est vraiment Jacqueline Bouvier, la célèbre épouse de JFK ? Qui se cache derrière l’icône, la femme de ? Pablo Larraín nous apporte des éléments de réponse avec Jackie.

Mais attention, pour son premier long métrage en anglais, le cinéaste, scénariste et producteur chilien a décidé de ne pas faire comme tout le monde. Oui, il sera consacré à Jackie la First Lady la plus glamour qu’ait connu l’Amérique, mais dans le moment le plus sombre de sa carrière de première dame.

Dans sa jolie demeure bourgeoise, Mme Kennedy reçoit un invité particulier en la personne de Theodore H. White, un journaliste qu’elle a fait spécialement appeler pour une raison bien précise. Jacqueline, affectueusement appelée Jackie veut, témoigner des événements tragiques qui ont frappé l’Amérique et détruit sa vie. Elle veut donner sa version des faits qu’elle soit fidèle ou légèrement remaniée. Jackie veut parler de feu son mari, du pouvoir, de l’assassinat et des événements qui ont suivi. Alors pendant près de deux heures de film, Madame se livre sans retenue et elle peut se le permettre car dans ce presque monologue, la jeune veuve a le contrôle, celui des mots, celui de l’image.

Les spectateurs amateurs de biopics se rendront rapidement compte que Jackie n’a rien d’un biopic au sens traditionnel où on l’entend, il relève plus du film historique ou d’une vision d’auteur sur un événement raconté sous le point de vue d’une femme témoin privilégié de cette histoire.

Le dispositif filmique que choisit Larraín est celui de l’entretien ou de la confession. Le temps d’une journée (je suppose), l’ex première Dame raconte sa version de l’histoire à un journaliste qu’elle semble défier à chaque instant, on a le sentiment d’assister à une confrontation à coups de punchlines, de regards hautains et de verres de whisky. Le fil narratif de l’intrigue est faussement chronologique puisqu’elle est sans arrêt entrecoupée d’ellipses ou de flashs-backs parfois dans la maison blanche pendant une émission télévisée, d’autres avant ou après l’assassinat ou encore en compagnie d’un prêtre. C’est assez perturbant. Mais le plus frustrant dans toute cette affaire, c’est qu’il n’y a pas véritablement d’intrigue, pas de contexte ni même de préambule sur le personnage. En gros, le réalisateur chilien part du principe que tout le monde la connait et qu’il n’y a pas lieu de l’exposer. Sauf que cette exposition, c’est exactement ce qu’il aurait fallu pour que le spectateur ressente de l’empathie pour la First Lady. Autre problème pour une ambitieuse production, c’est la bande sonore. Composée par Mica Levi qui était déjà à l’origine de la bande originale du film Under The Skin (film que j’ai détesté regarder), je l’ai trouvée pompeuse voire soporifique. Elle alourdissait les scènes où elle se manifestait. Trop forte, trop répétitive sans véritable nuance, le son desservait le récit plus qu’autre chose (et pourtant, il est en lice pour l’Oscar de la meilleure bande son).

Concernant Natalie Portman, qui est déjà auréolée d’un Oscar pour sa performance dans Black Swan, elle semblait faite pour le rôle. Le spectateur constatera l’énorme travail d’interprétation pour retranscrire une authentique Jackie. Elle est magnifique, élégante et raffinée. Elle reprend les mimiques, la démarche, l’élocution, tout ce qui fait penser à l’originale est là. Sans oublier son regard magnétique qui vous fixe imperturbable, impossible de lui échapper. Oui mais voilà, malgré tout ce travail et le jeu impeccable de Natalie Portman, on n’y croit pas une seconde. Le rendu est trop maniéré, presque du sur-jeu à certains moments. Si pour l’actrice jouer la princesse Amidala dans la saga Star Wars était une véritable déception pour moi, c’est ce rôle-là qui me déçoit le plus sur l’ensemble de sa carrière. Incarner un personnage demande certes une recherche pour coller au plus près de la réalité, mais il faut aussi un peu de l’acteur qui le joue et là, je n’ai ni retrouvé l’icône glamour, ni l’actrice. Je suis restée insensible à son interprétation et c’est un gros problème, surtout quand vous êtes le personnage principal et que vous êtes censé porter le film.

 

Quant aux autres interprètes, ils ont du mal à exister et restent dans l’ombre de la Dame, notamment Billy Crudup que j’ai trouvé plutôt passif alors qu’il y avait de quoi faire avec son personnage. On a l’impression que sa présence sert d’excuse pour appeler tout le reste du film.

Alors qu’est-ce qui sauve le film ? Selon moi, c’est du côté de la technique qu’il faut se tourner. Le travail de reconstitution historique est impressionnant, que ce soit les décors ou les costumes tout est intelligemment utilisé pour que le spectateur se retrouve dans les années 60 sans que cela ne fasse kitsch. C’est avant tout le travail sur l’archive qui pourrait surprendre car entre les réelles et celles fabriquées pour le film, il est parfois difficile de faire la différence. Le rendu à l’image est assez bluffant, sans oublier le travail du son. Autres éléments qui méritent d’être cités, ce sont les thèmes abordés, celui du deuil bien sûr mais aussi la perte de sa place ou la question de l’héritage.

En conclusion, Jackie tient plus du film d’auteur que du récit biographique. A travers son dispositif filmique, le réalisateur Pablo Larraín a voulu sortir des sentiers battus avec une vision plus intimiste de Jacqueline Kennedy autour du drame de l’assassinat de son mari. Alors oui c’est beau, c’est travaillé avec soin mais ce n’est pas captivant ni même convaincant. Malgré tous les efforts faits pour nous faire découvrir une autre Jackie Kennedy, le statut d’icône ne tombe à aucun moment. Larraín a visiblement du mal à se mettre à la hauteur du personnage et la traite avec beaucoup trop de respect. Heureusement que la mise en scène rattrape un peu le tout, en particulier le travail sur l’image d’archive. C’est décidément un film trop académique. 

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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