Katana - Tome 1 : Vent rouge

23/01/2017

Titre : Katana – Tome 1 : Vent rouge

Auteur : Jean-Luc Bizien

Editeur : Folio

Prix : 7,49€

Parution : 14 novembre 2016

Nombre de pages : 292

Genre : Fantasy

Résumé : Le jeune Ichirô suit les préceptes de son maître et père adoptif, le vieux guerrier Hatanaka, afin de devenir un grand samouraï. Mais il découvre un jour que ses parents ont été tués par le daimyo, l’impitoyable seigneur-dragon, réputé invincible. Ichirô ne sera plus désormais guidé que par un seul souhait : obtenir vengeance et vaincre le démon qui a fait de lui un orphelin. La route pour y parvenir ne sera pas sans danger, mais il pourra compter sur l’aide de quatre jeunes gens rencontrés en chemin et auxquels il semble mystérieusement lié.

 

Dans notre quotidien bien monotone, on a tous besoin d’aventure pour égayer nos journées. A chacun son remède, film, série, musique, mais de tous ces médias, l’objet livre est de loin (selon moi) le plus compétent en la matière. Généralement, tout commence par la couverture qui doit attirer suffisamment l’attention pour vous pousser à prendre connaissance du résumé. A ce moment-là vous pouvez encore rebrousser chemin, mais si ce n’est pas le cas vous rentrez dans la lecture. Les premiers moments (généralement les 100 premières pages) sont capitaux : découverte des personnages, de leur quête de l’univers. Très vite, vous savez si vous allez passer un bon moment.

A ce stade de la chronique, vous devez vous demander pour quelle raison je vous explique cela ??? Tout simplement parce que Katana tome 1 : vent rouge de Jean-Luc Bizien ne répond en rien à mes exigences littéraires que ce soit la couverture, le résumé ou même le déroulement de son récit. L’ensemble du livre comporte des défauts que je reproche à pas mal de bouquins. Mais étrangement, je me suis procuré ce livre et je l’ai terminé sans avoir le sentiment de perdre mon temps, bien au contraire.

 

C’est dans le japon féodal que Jean-Luc Bizien place son intrigue. Ichirô est un jeune apprenti samouraï qui vit dans les montagnes nippones en compagnie d’un vieux yamabushi,Hatanaka, son père adoptif. Suite à un pari, que le jeune homme gagne haut la main, le vieux guerrier révèle à son apprenti ses véritables origines. Ichirô apprend avec horreur que ses parents ont été assassinés par l’homme le plus puissant du pays : le Daimyo. Brisé, le samouraï réclame vengeance et il ne vivra que pour la satisfaire. Commence alors une quête qui va les mener sur le chemin de plusieurs individus susceptibles de les aider ou de leur mettre des bâtons dans les roues.

Vent Rouge est la première partie du diptyque Katana. Avec ce petit livre de seulement 292 pages, l’auteur vous promet une classique histoire de cape et d’épée à la sauce japonaise. Et c’est ce que je reproche à cette intrigue, elle manque vraiment de développement et de complexité. La dimension fantasy est vraiment très discrète. Quasiment absente du récit au départ, l’écrivain la rajoute à petites doses, suffisamment pour faire évoluer progressivement l’atmosphère de l’intrigue. Côté aventure c’est bien maigre, il n’y a pas de rebondissements, les péripéties ne sont pas vraiment excitantes ou même marquantes, et surtout on pressent le déroulement des événements. La révélation finale qui conclut la première partie semble quand même tirée par les cheveux et peu crédible.

Du côté des personnages, là aussi l’auteur aurait pu faire mieux. Nous sommes en présence d’une galerie non pas de personnages mais d’archétypes avec le héros qui a une quête, un mentor qui le guide et des compagnons de route d’horizon variés qui rejoignent de gré ou de force leur aventure. Dire qu’ils ne sont pas assez développés ne serait pas tout à fait vrai, ils jouissent tous d’un passé brièvement raconté pour susciter l’attention du lecteur. Si certains sont intéressants à suivre, d’autres n’ont pas cette chance. Chacun est défini par sa fonction ou son métier. Ichirô, notre héros, malgré sa jeunesse, est un excellent combattant bon élève et clairvoyant. Comme on pouvait s’y attendre, sa vengeance lui monte à la tête et lui fait commettre des erreurs. Son maître Hatanaka a tout du guerrier samouraï respectable, ses interventions sont toujours intelligentes et sages, il canalise un peu tout le monde. Buta est le paysan, peureux et benêt, il passe son temps à se cacher derrière ses maîtres pour éviter les conflits. Onô est sans doute le personnage le plus complexe du groupe, arrogant et vantard il est perpétuellement en concurrence avec Ichirô et ne cesse de le provoquer. C’est un combattant hors-pair qui réserve des surprises auxquelles on ne s’attend pas dans un récit de ce genre. Akio, la seule présence féminine du récit, malicieuse et rusée, est une ninja aux multiples facettes. Quant à Jotaro, eh bien il n’y a pas grand-chose à dire, c’est juste un voleur. Pour l’ennemi, l’auteur a choisi de rester flou et mystérieux.

Vous l’aurez compris, l’histoire de Jean-Luc Bizien a de sérieuses lacunes mais il se rattrape grâce à sa plume. Malgré la faiblesse de son récit et de ses personnages, la structure, elle, tient la route et le rythme est bon. L’écriture est fluide et agréable à lire, l’auteur a vraiment un style particulier avec un vocabulaire riche ; il sait user des mots pour vous faire émerger une atmosphère ou une ambiance particulière. C’est simple : j’étais au Japon le temps de ma lecture. Il maîtrise parfaitement son sujet, on sent qu’il s’est documenté sur le Japon, sur les samouraïs et leurs codes de conduite, etc. Les combats sont très bien décrits, moi qui déteste habituellement, je n’ai pas eu à me plaindre. L’intrigue est parsemée d’expressions japonaises, ce que j’apprécie beaucoup lorsqu’un récit s’inscrit dans univers particulier. Bizien opte pour un point de vue omniscient, ce qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur les événements et de suivre plus facilement les personnages qui les vivent. Les lecteurs auront l’impression de suivre un film, d’ailleurs on sent qu’il s’est inspiré du cinéma japonais et de ses classiques auxquels il est resté fidèle.

 

En conclusion, Vent rouge n’est pas un excellent bouquin dans le sens où l’auteur, concernant l’intrigue et ses personnages, est resté dans la facilité. C’est beaucoup trop simple, trop court et les péripéties ne sont pas aussi palpitantes qu’on le souhaiterait. Mais sa manière d’écrire sauve le tout. Sous sa plume, il crée un univers cohérent basé sur des faits historiques et réalistes. L’immersion est totale. Le surnaturel, élément indispensable de la fantasy, n’est pas aussi présent qu’on le penserait mais ce n’est pas bien grave. Malgré les défauts que j’ai cités tout au long de cette chronique, j’ai mis une bonne note à ce livre car j’ai trouvé ce livre captivant et j’ai passé un bon moment en compagnie de ses héros, même s’ils manquaient d’originalité. C’est le genre de livre qui convient à un large public et que je voudrais voir adapté sur grand écran, parce qu’il y a tant à faire avec.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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