Tempête de sable un autre regard sur les Bédouins

21/01/2017

Titre : Tempête de sable

Réalisateur : Elite Zexer

Avec : Lamis Ammar, Hitham Omari, Khadija Al Akel, Jalal Masrwa, Ruba Blal

Genre : Drame

Durée : 1h 27min

Nationalité : Israelien

Sortie : 25 janvier 2017

Synopsis : Résumé : Les festivités battent leur plein dans un petit village bédouin en Israël, à la frontière de la Jordanie : Suleiman, déjà marié à Jalila, épouse sa deuxième femme. Alors que Jalila tente de ravaler l’humiliation, elle découvre que leur fille aînée, Layla, a une relation avec un jeune homme de l’université où elle étudie. Un amour interdit qui pourrait jeter l’opprobre sur toute la famille et contre lequel elle va se battre. Mais Layla est prête à bouleverser les traditions ancestrales qui régissent le village, et à mettre à l’épreuve les convictions de chacun.

 

En suivant sa mère photographe de métier, Elite Zexer a découvert le monde des Bédouins. Pendant des années, cette diplômée de l’université de Tel-Aviv fréquente cette communauté non reconnue par l’état d’Israël. Ce qu’elle appelle « l’aventure de sa vie » prend une tournure révélatrice le jour où, assistant à un mariage, la jeune mariée amoureuse d’un autre garçon que celui qu’elle était sur le point d’épouser lui fera une confidence : « Cela n’arrivera jamais à ma fille ». C’est le début d’une autre aventure pour Elite Zexer. Après 10 de réflexion et 4 ans d’écriture, la réalisatrice israélienne réalise Tempête de sable. Auréolé de six Ophirs (équivalents des Césars et des Oscars en Israël) et du grand prix (section films étrangers) du festival Sundance en 2016, focus sur le premier long métrage d’Elite Zexer.

Dans le désert de Néguev, près de la frontière Jordanienne, une grande fête se prépare dans un petit village bédouin. Suleiman se marie et toute la communauté est conviée à la noce. Si tout le monde célèbre avec joie cette union, ce n’est pas le cas de Jalila une mère de famille qui n’est autre que la première épouse de Suleiman. Impuissante face à la décision de son mari, elle doit faire face à un autre problème qui jetterait le déshonneur dans sa maison. Sa fille aînée, Layla, étudiante à l’université, entretiendrait une relation secrète avec un étudiant. Face à l’opposition catégorique de sa mère, la jeune fille désire plus que tout imposer son choix à ses parents et forcer le destin. Mais ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que son père lui a déjà choisi un prétendant. Le film d’Elite Zexer fait partie de ces productions qui traitent de thèmes tels que le mariage forcé, la tradition face à la modernité, les pressions familiales ou communautaires. Ce sont des sujets vus et revus, mais Tempête de Sable diffère des autres. La réalisatrice israélienne pose un regard neutre et sans jugement sur les Bédouins et tient à ce que ce soit le cas pour les spectateurs. Nous avons donc droit à une tranche de vie d’une famille typique de cette communauté. Même si elle se défend de faire un travail ethnologique, la neutralité qu’elle adopte va dans ce sens et fait penser à un docu-fiction.

Comme pour La Saison Des Femmes de Leena Yadav (sorti l’an dernier), ce n’est pas seulement le poids de la tradition et de la société sur les femmes qui est montré mais sur l’ensemble des membres qui la composent. Hommes ou femmes, tous subissent ces lois. Si le film de Leena Yadav terminait son récit sur une note d’espoir ultime, celui d’Elite Zexer se veut plus réaliste.

J’ai apprécié que l’auteur pose un regard différent sur les relations qui existent dans ces familles. Celle du père et de ses filles est plus tendre, il y a une véritable complicité entre le père et ses filles alors que celle de la mère est plus conflictuelle. L’honneur garde une place importante malgré tout et dès qu’il en est question, on retrouve le schéma habituel des relations hommes-femmes. Il y a aussi la question de la liberté d’expression. Les femmes ont la parole et l’utilisent avec intelligence. Chaque génération a son mot à dire. Elles n’apparaissent pas en femmes soumises contre leur gré et la parole, bien que les dialogues ne soient pas nombreux, est utilisée par toutes.

Autre élément important : la notion de choix. Le film, même s’il montre la puissance des pressions sociales et familiales, ne cesse de rappeler qu’on a toujours le choix. Le choix de dire « non » aux conventions sociales, à la mainmise patriarcale. Mais le film insiste sur le fait qu’un choix est toujours suivi de conséquences qu’il faut assumer.

Toujours dans sa recherche d’authenticité, la réalisatrice a choisi avec minutie les interprètes de son récit. Etant dans l’impossibilité de faire appel aux femmes Bédouines, la réalisatrice israélienne a choisi des acteurs de langue arabe. Ils ont tous dû apprendre le dialecte de la région. Et le résultat (bien que je ne connaisse pas les différences entre les deux langues) est plutôt réussi. Layla, jouée par Lamis Ammar, est à l’image de cette génération coincée entre leur désir et leur devoir. Détentrice d’un double héritage, à la fois traditionnelle et moderne et proche de son père, la jeune fille vit dans l’illusion d’une liberté qui lui semble acquise, symbolisée par des éléments tels que l’apprentissage de la conduite, l’université, la complicité avec son père ou encore le droit à la parole. Jalila, la mère, interprétée par Ruba Blal Asfour, présente une femme dépassée par les événements. Pour garder le peu de dignité et de respectabilité qu’il lui reste, elle va jusqu’à se rendre complice des injustices que subissent les femmes et se mure dans le silence pour faire face à sa nouvelle situation. Le dialogue étant rompu avec mari et enfants, ses actes parlent d’eux-mêmes. La maison familiale reflète parfaitement son état d’esprit et ses tourments. Tasmin, la sœur cadette jouée par la jeune Khadija Alakel, semble suivre les traces de son aînée et se pose en observatrice. Ses interventions ou son regard font toujours mouche. Concernant les hommes, Sulaiman (Haitham Omarie) et Anuar (Jalal Masarwa) se font plutôt discrets mais aussi impuissants face la tradition.

Du côté de la mise en scène, le film prend le temps de développer son propos. La caméra contemple patiemment les situations, les confrontations ou les réflexions de ses personnages. La musique de fond, quand elle n’est pas celle des ambiances, est quasiment absente. Un choix assumé de la réalisatrice qui ne veut surtout pas influencer le jugement du spectateur. On note tout de même quelques défauts au film. L’intrigue, déjà très simple, n’exploite pas pleinement les sujets qu’elle aborde alors qu’il y a tant à dire. J’ai eu l’impression que la réalisatrice ne voulait pas trop se mouiller pour ce premier long-métrage. Si le film tient la route, c’est dû à sa longueur, 1h27 c’est très court. J’ai trouvé dommage qu’il y ait si peu de protagonistes, pas de personnages secondaires pour interagir avec les principaux. Même le personnage de la seconde épouse n’est pas vraiment approfondi. D’ailleurs, le film n’apporte aucune explication sur le choix d’épouser une seconde femme. Est-ce parce qu’elle est trop vieille, parce qu’il n’a pas d’héritier mâle? Des questions qui pour moi restent sans réponses claires. C’est vraiment dommage. Mis à part cela, l’immersion voulue par Elite Zexer est totale, les paysages sont une invitation à la découverte de ces communautés du désert.  

En conclusion, Tempête de sable est un film ayant une démarche intéressante. Il aborde des thèmes plutôt habituels pour ce genre de fiction tels que les différences générationnelle, la confrontation entre la modernité et la tradition, l’éclatement de la cellule familiale, la polygamie ou encore le mariage forcé, mais il se démarque par sa volonté de dévoiler sans juger. Le traitement de ses personnages est très astucieux et porte un regard nouveau sur les populations Bédouine. Mais l’intrigue mériterait d’être plus étoffée, car elle est lente et manque de rebondissements. La morale qui ressort de cette intrigue, c’est que les choses avancent et qu’au lieu de juger avec un regard occidental leur mode de vie et leurs traditions, on devrait laisser ces peuples faire leur bond dans la modernité à leur rythme.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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