Seuls - De la BD au film : un pari réussi malgré quelques petits défauts

24/02/2017

Titre :  Seuls

Réalisateur : David Moreau

Avec : Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan du Pac, Paul Scarfoglio, Kim Lockhart

Genre : Fantastique

Durée : 1h 30 min

Nationalité : Français

Sortie : 8 février 2017

Synopsis : Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu’aujourd’hui, il n’y a personne pour la presser. Où sont ses parents ? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l’unique survivante d’une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes : Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile… Mais sont-ils vraiment seuls ?

La France, pays qui protège fièrement son patrimoine culturel, est l’une des industries cinématographiques qui arrive encore à rivaliser d’une certaine mesure avec le géant américain. Si vous ne le savez pas, c’est grâce notamment au CNC que certains films voient le jour. Alors oui, pour faire des films d’auteur, des comédies ou des films romantiques, il n’y a pas de problème. Mais quand il s’agit de genre, les premières critiques pleuvent. Car c’est un fait : en France, faire des films de genre est généralement mal vu, résultat il est difficile pour des réalisateurs de porter leur projet jusqu’au bout. Mais heureusement que la détermination de certains paye et nous permet de découvrir un autre cinéma. Le film Seuls de David Moreau nous prouve qu’il est possible de s’attaquer au genre fantastique à la sauce française.

Adapté des 5 premiers tomes de la BD à succès de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, Seuls suit Leila, une jeune fille en pleine crise existentielle suite à la maladie de son frère Aysam. Après avoir vadrouillé toute la nuit dans sa ville pour faire le vide, elle se réveille le lendemain matin seule. COMPLÈTEMENT seule. En arpentant chaque coin de Fort-ville, elle finit par tomber sur 4 autres adolescents qui ont vécu la même chose. Ensemble et malgré leurs différences, ils vont tenter de survivre et de comprendre où est passé le reste de la population. Mais au fur et à mesure qu’ils avancent, le danger se multiplie devant eux. Ayant une petite filmographie, David Moreau est surtout connu pour la comédie romantique 20 ans d’écart (2013) mais aussi pour le thriller d’horreur Ils (2008). Avec Seuls, il revient à ses premiers amours : l’horreur et le fantastique. Après visionnage du film, on sent qu’il maîtrise parfaitement les codes du genre.

Premièrement, le côté post-apocalyptique avec le motif du réveil brutal et ses effets de grands espaces et de ville fantôme vidée de toute vie n’est pas sans rappeler des films comme 28 jours plus tard de Danny Boyle (2003) ou encore le mythique Je suis une légende de Francis Lawrence (2007). Deuxièmement, le suspense sur lequel repose l’intrigue est bien dosé entre les temps forts et les pauses dans le scénario, faisant monter progressivement l’angoisse et la peur. Jusqu’au bout du film le spectateur restera en haleine, malgré des longueurs à certains moments. Mais le rythme du récit tient la route.

Troisième point important, le casting et le travail sur les personnages. Pour interpréter les héros, David Moreau a pris le risque de s’entourer de jeunes acteurs inconnus pour porter son long métrage à la différence d’adaptations comme Boule et Bill ou encore des Profs qui ont au moins une tête d’affiche à l’écran. Diriger des enfants, même des adolescents, est risqué, mais il s’en sort haut la main. Chaque ado appartient à une catégorie sociale bien définie, cela peut paraître cliché mais très vite on oublie cet élément qui devient un détail dans l’intrigue, ce que l’on retient c’est que ce sont des gamins.

Chaque personnage est attachant à sa manière. Leïla, jouée par Sofia Lesaffre qu’on a notamment vue dans Le ciel attendra, est le personnage par qui est introduite l’histoire. Elle a une vraie présence de leader et fait le lien entre chaque protagoniste sans perdre pour autant sa fragilité d’ado. C’est un garçon manqué mal dans sa peau. Dodji, c’est l’ado solitaire un poil rebelle, interprété par Stéphane Bak qui est (pour moi) méconnaissable, il réussit à instaurer des moments de tension ou de peur. Jean-Stan du Pac, qui joue Terry, est le trublion de l’équipe, bien qu’il soit le plus jeune il sait se faire entendre et a toujours une blague pour détendre l’atmosphère. Camille n’est pas en reste, jouée par Kim Lockhart c’est la fille du groupe, douce et un peu introvertie, la jeune actrice interprète avec justesse son personnage. Et pour finir il y a Yvan qui est interprété par Paul Scarfoglio. Dans son rôle du bourgeois, il est très drôle, mais manque de naturel à certains moments, allant parfois jusqu’à surjouer. Ensemble ils forment un groupe divers mais soudé qui s’appuie sur leurs différences pour faire face à l’horreur et à la difficulté. Un beau message par les temps qui courent.

Du côté de la mise en scène, il y a de quoi dire aussi. Tout d’abord, les décors. Le réalisateur utilise des architectures et des environnements très intéressants qu’il met en scène avec intelligence. Le récit, qui se passe dans une ville imaginaire, reprend des décors de plusieurs lieux en Île-de-France comme le quartier de la Défense ou Nanterre. Cela m’a fait plaisir et prouve qu’en France il n’y a pas que Paris et sa Tour Eiffel qui valent le coup. Mais un décor, ça ne suffit pas si l’image n’est pas à la hauteur et heureusement, c’est le cas. Le film a un design, une atmosphère qui est très plaisante à regarder avec un jeu sur les lumières et une construction audacieuse de l’image qui malheureusement est parfois gâchée par un montage approximatif.

Alors après tous ces éloges, Seuls serait-il un film parfait ? Non, pas du tout. Le film a pas mal de défauts. Le côté teen-movie peut être un handicap car le film vise trop un public adolescent et n’englobe pas un plus large. Les adultes n’arriveront pas à se reconnaître dans ces personnages ou dans le message qu’ils véhiculent. Bien qu’il soit très respectueux de l’œuvre source et qu’il garde des éléments que beaucoup de réalisateurs auraient supprimés pour ne pas choquer le CSA, il reste en surface tant sur ses personnages que sur l’intrigue. En fait le film a quelques longueurs, mais il n’est pas assez long pour vraiment développer l’ensemble de son propos. Mettre 5 BD en 90 minutes c’est court, j’ai eu le sentiment que les scénaristes avaient fait beaucoup de réductions pour tout faire rentrer, mais le réalisateur s’en sort bien malgré tout.

En conclusion, Seuls est un bon film mais il n’est pas parfait. Mais on peut saluer l’audace des partis pris de la réalisation et le jeu de ses acteurs. Le film étant très introductif et la fin ouvrant sur une multitude de possibilités, on peut espérer une suite pour plus approfondir cet univers post-apocalyptique et ses personnages. Dans tous les cas, Seuls est la preuve qu’on peut ou plutôt qu’on doit faire du film de genre en France.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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3 Comments

  1. J'ai du mal avec les réalisations françaises en général mais ton article me donne envie de découvrir ce film !

    • Franchement jettes-y un œil, certes ce n'est pas à la hauteur d'un hunger game ou d'un divergent mais c'est un bon début pour le cinéma français!!!

  2. Une arnaque! Mal pensé, mal écrit, mal joué. Et en plus, ça pompe dans tous les sens...
    Sans parler d'une fin d'un ridicule qu'on avait pas vu depuis longtemps...

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