Baby Phone : une nouvelle version du Prénom

03/03/2017

Titre : Baby Phone

Réalisateur : Olivier Casas

Avec : Mehdi Sadoun, Anne Marivin, Pascal Demolon, …

Genre : Comédie

Durée : 1h25

Nationalité : Française

Sortie : 8 mars 2017

Synopsis : Au détour d’un dîner, les révélations faites à travers le baby-phone d’une chambre d’enfant vont créer un véritable cataclysme au sein d’une famille et d’un groupe d’amis…

 

Il était question d’un simple dîner. L’occasion de se réunir avec la famille et les proches pour annoncer qui sera le parrain du nouveau-né. Et pourtant, cette soirée qui aurait dû être source de joie et d’amitié, va virer au cauchemar.

Reprenant la forme du grand succès français Le Prénom, Baby Phone se déroule dans un huis-clos. Exceptées les premières scènes de mise en place des personnages principaux – ce couple de jeunes bourgeois fraîchement parents – le reste du film se déroule entièrement dans leur maison où règne rapidement un malaise ambiant. Les gens arrivent, s’éclipsent, mais ne repartiront pas indemnes de ce dîner pour le moins mouvementé.

Baby Phone reprend les codes de la comédie pour, en réalité, mieux s’en affranchir. Chaque personnage possède un ton qui lui est propre et suscite un rire différent chez le spectateur : du beau quadra maladivement dragueur, au vieux père dormeur, en passant par la mère peinturlurée. Mais loin de produire un havre de paix et d’affection, les membres de cet entourage vont tout à tour et malgré eux déclencher un cataclysme au sein de ce couple déjà légèrement fissuré. Olivier Casas reprend donc un procédé déjà ancien : amener le rire par des situations inattendues, des quiproquos. En mettant ses personnages dans des positions délicates, il fait de Baby Phone une comédie à la fois grave et tordante.

Composée dans la même veine que Le Prénom, cette comédie possède toutefois une touche qui lui est propre. Alors que Le Prénom composait selon un rythme de jeu en crescendo, Baby Phone annonce dès le début l’information dramatique qui va générer toute la tension et le mal-être compris dans la maison. C’est d’ailleurs cette situation qui crée l’effet comique pour le spectateur qui possède un regard extérieur – quasiment omniscient – sur les scènes qui se succèdent.

La touche émotionnelle est ajoutée par le personnage principal : cet homme qui tente malgré tous les obstacles de vivre de sa passion, la musique. Cette dernière agit comme un personnage à part entière dans ce couple (lumineuse puis source de colère) mais également avec les autres membres de l’assemblée. Sous couvert d’être une comédie grinçante, Baby Phone pose de véritables interrogations existentielles : peut-on s’acharner dans une voie, une vocation, au détriment de sa famille ?

Enfin, le jeu des acteurs est remarquable dans cette comédie tantôt fine, tantôt lourdingue. Malheureusement, les extrêmes n’échappent pas au rendez-vous : alors qu’un acteur comme Mehdi Sadoun se révèle par la luminosité et l’émotion qu’il engendre, un autre ne parvient pas à dissimuler un jeu récité qui manque souvent de naturel et donc de crédibilité. Pour Michel Jonasz, on naît chanteur ou comédien : dommage !

Une comédie efficace, mise en scène de façon théâtrale, qui reprend le modèle du célèbre Prénom tout en s’en affranchissant avec sensibilité et tact. A voir !

Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux).
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