Carry On - Roman ou fanfiction ?

25/03/2017

Titre : Carry On

Auteur : Rainbow Rowell

Éditeur : Pocket Jeunesse

Prix : 18,90 €

Parution : 5 janvier 2017

Nombre de pages : 592 pages

Genre : Young Adult, Fantastique

Résumé : Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l’évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu’il se trouve à l’école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n’a rien, mais vraiment rien de l’Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue…

 

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Pocket Jeunesse pour l’envoi de ce livre. J’avais déjà lu deux romans écrits de la main de Rainbow Rowell, à savoir Eleanor & Park (chroniqué par NiNe) et Fangirl (chroniqué par Mathilde), qui furent deux lectures assez sympathiques. J’avais donc hâte de découvrir Carry On, surtout qu’on en avait déjà entendu parler d’une certaine façon puisque les personnages de Carry On font l’objet de fanfics écrites par Cath, l’héroïne de Fangirl. Je trouvais cette proposition de l’auteur franchement originale, et j’avais hâte de voir ce que ça donnerait. Finalement, je ressors de ma lecture de Carry On quelque peu fatiguée par ce long pavé qui reste agréable à découvrir mais qui n’a pas été le coup de cœur espéré.

 

Dans Carry On nous suivons Simon, un jeune mage qui est sur le point de faire sa rentrée à l’école de magie Watford pour entamer sa dernière année. Année qui ne sera pas de tout repos entre sa rupture avec Agatha, la disparition de son meilleur ennemi Baz ou encore la menace toujours plus pesante du Humdrum qui pourrait bien signer la fin du monde des Mages tel que chacun le connaît aujourd’hui…

 

Comme dit au début de cet article, j’aimais beaucoup l’idée de l’auteur de nous narrer en long et en large l’histoire des personnages des fanfictions de Cath, puisque ces fictions sont ce que j’avais préféré dans Fangirl. Elle nous apporte d’ailleurs des précisions quant à sa démarche à la fin de Carry On :

 

«  Les lecteurs de mon livre Fangirl savent que le personnage de Simon Snow y est né. Un personnage ultra-fictif. Une sorte de croisement et d’héritier de centaines d’autres Élus fictifs. […] J’avais lu et aimé de si nombreuses histoires d’Élus magiques, pourquoi ne pas écrire la mienne ? Voilà ce qu’est Carry On. »

 

Et clairement, en lisant Carry On, j’ai vraiment eu l’impression de lire une fanfiction. Et pas n’importe quelle fanfiction, non : une fanfiction directement inspirée d’Harry Potter. Les ressemblances sont tellement nombreuses et flagrantes qu’il est impossible de ne pas y penser ou de ne pas faire le rapprochement, le parallèle (quelques exemples : il faut prendre le train pour aller à Watford, les Normaux correspondent aux Moldus, Simon est surnommé « L’Élu », le Mage fait penser à Dumbledore, …). Je vous avoue que je suis un peu partagée par rapport à ça. Dans un sens toutes ces allusions m’ont fait sourire parce que ça m’a rappelé ma saga préférée, mais d’un autre côté, inévitablement, ça sentait un peu le réchauffé. Mais bon, les fanfictions c’est un peu ça, non ? Cependant, même si on ressent beaucoup cet « aspect HP » en début de roman, je trouve qu’il s’atténue progressivement à mesure qu’on avance dans notre lecture, ou du moins on n’y pense plus vraiment avec les pages qui défilent (et heureusement !). Carry On trouve alors son identité propre, et l’histoire se suffit à elle-même.

 

Mais ce que je reproche principalement à ce roman, c’est sa longueur. Presque 600 pages, et quand on y pense après l’avoir fini, on se rend compte que l’histoire n’est pas palpitante, et que les événements importants sont séparés par de longs moments « plats ». De plus, même si l’auteur s’inspire largement d’autres œuvres, elle doit néanmoins mettre en place tout un univers, et il faut du temps pour bien assimiler ses règles, ses coutumes, ses termes et ses habitants.

J’ai également trouvé assez déroutant que les choses se déroulent à l’inverse de la manière habituelle au niveau de la temporalité. Je m’explique. Ici, on découvre l’univers quand Simon ou les autres personnages « jettent un regard en arrière », alors que pour HP par exemple, on découvrait tout en même temps qu’Harry. Dans Carry On on fait connaissance avec des personnages qui se connaissent depuis de nombreuses années, qui ont un long passé en commun, qui ont 7 années d’études ensemble derrière eux, et on n’a pas assisté à tout ça. C’est un peu comme si on lisait le dernier tome d’une saga sans avoir lu les tomes précédents. Comprenez-moi bien, à aucun moment on est perdu, mais voilà, on se dit qu’on aurait bien aimé les suivre dès leurs débuts à chacun (même si sur ce point, clairement, Rainbow Rowell se démarque de manière originale des sagas fantastiques habituelles).

 

En ce qui concerne la plume de l’auteur, je l’ai trouvée aussi agréable que dans ses autres romans, même si j’ai trouvé celui-ci très (trop) long. J’ai particulièrement aimé les tournures de phrases utilisées par les personnages pour lancer des sorts, c’est vraiment bien trouvé et amusant. J’ai également apprécié d’avoir des chapitres écrits du point de vue de quasiment tous les personnages présents dans l’histoire, c’est intéressant et ça nous permet de les connaître et les appréhender tous un peu mieux.

 

Parlons des personnages, justement : pour moi, aucun ne sort du lot. Simon est par moments trop confiant et puis trop timide, j’ai eu du mal à le cerner. Il m’a souvent fait penser à Tara Duncan (au début de la saga) dans le peu de contrôle qu’il a sur sa magie. Baz, par contre, est assez fidèle à lui-même et constant tout au long du roman, je l’ai bien aimé mais sans plus. Pénélope m’a beaucoup trop fait penser à une version bien moins bonne d’Hermione, impossible de m’attacher à elle. J’ai trouvé Agatha totalement agaçante, mais tout à la fois j’ai apprécié sa personnalité intéressante, principalement pour le fait qu’elle n’aime pas la magie et qu’elle cherche à vivre une vie sans cette dernière, c’est assez atypique dans les romans fantastiques. Enfin, concernant le « grand méchant » Humdrum, à aucun moment il ne m’a effrayée ou mise mal à l’aise, il n’a pour moi pas vraiment l’étoffe d’un méchant badass.

 

Je finirai cette chronique avec une phrase prononcée par Simon au début du roman, parce que même si ce livre est passé relativement loin du coup de cœur pour moi, il n’en reste pas moins agréable à lire, et surtout il m’a rappelé à quel point j’aimais la magie :

 

«  La magie, c’est mon oxygène, et je ferai en sorte de ne jamais en être privé. »

 

Tout est dit !  

Petite universitaire belge âgée de 23 ans, je passe plus de temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries qu’à bosser mes cours. Egalement fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’ado. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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2 Comments

  1. ah oula je ne suis plus du tout sure de vouloir lire ce roman désormais après avoir lu cette chronique... les longueurs me rebutent, j'ignorais qu'il fut si épais 600 pages c'est beaucoup.
    Merci pour cette chronique.

  2. Cela fait un moment déjà que je voulais lire ce livre.. j'ai tellement attendu qu'il est sorti en français aha.Cependant, je ne cesse de voir des avis mitigés, de la "découverte de l'année" au "long pavé" donc je pense qu'il va rester encore quelques temps en attente dans ma PAL ... aha. Merci pour cette chronique !

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