Je suis une fille de l’hiver – Un récit au cœur des troubles alimentaires

30/03/2017

Titre : Je suis une fille de l’hiver

Auteur : Laurie Halse Anderson

Éditeur : La Belle Colère

Prix : 20,00 €

Parution : 27 octobre 2016

Nombre de pages : 315 pages

Genre : Adolescence, Anorexie

Résumé : Lia et Cassie étaient amies depuis l’école. « Filles de l’hiver », elles ont grandi prisonnières de corps fragiles et concurrentes dans la course morbide à la minceur. Elles ont 18 ans maintenant, et leurs chemins se sont séparés. Malgré cela, Cassie a appelé Lia 33 fois la nuit de sa mort. Et Lia n’a jamais répondu.
La voici seule à présent, hantée par les souvenirs, ravagée par la culpabilité et toujours obsédée par la maigreur. Commence un long monologue intérieur, poétique et fiévreux, si juste et nécessaire.
Dans son roman le plus émouvant depuis Vous parler de ça (La Belle Colère, 2014), Laurie Halse Anderson explore le combat d’une jeune fille, son chemin douloureux vers la guérison et ses tentatives désespérées pour retrouver des raisons d’exister.

 

Il y a peu je vous donnais mon avis sur « La nuit, nous grandissons », un autre livre des éditions La Belle Colère (que je remercie pour cet envoi), que je n’avais pas apprécié. Dans cette chronique, je vous expliquais mon rapport particulier à cette maison d’édition, et j’espérais que ma prochaine lecture de chez eux serait davantage à la hauteur. J’ai passé un meilleur moment avec Je suis une fille de l’hiver, mais ce ne fut toujours pas une lecture transcendante.

 

Dans cette histoire nous suivons Lia, une adolescente souffrant de troubles alimentaires (d’anorexie, précisément). Nous faisons plus particulièrement connaissance avec elle au moment où elle apprend que Cassie, son ex-meilleure amie, a été retrouvée morte dans la chambre d’un motel. Commence alors une descente aux enfers pour Lia (Cassie l’a appelée 33 fois la nuit de sa mort, et Lia n’a jamais répondu) qui est hantée par la culpabilité, par l’ombre de Cassie et par un défi mortel qu’elles s’étaient lancé toutes les deux…

 

Autant mettre les choses au clair tout de suite : ce roman est sombre, très sombre. Mais c’est aussi pour moi son point le plus positif. Car même si d’innombrables romans se sont déjà penchés sur les troubles alimentaires, celui-ci a le mérite d’être très bien écrit et de se rapprocher au plus près de la réalité. Avec la profondeur de sa plume et diverses « astuces » (les titres de chapitres semblables aux poids indiqués par une balance, la présence des calories de chaque aliment qu’ingère Lia, les phrases barrées), l’auteur parvient à nous faire saisir, à nous faire comprendre tous les enjeux et le côté pervers de cette maladie qu’est l’anorexie, où la personne qui en souffre n’est à ses propres yeux tout simplement pas malade (le terme d’« anorexie » n’est d’ailleurs prononcé explicitement à aucun moment dans le roman). Pour ceux ayant déjà lu des romans portant sur les troubles alimentaires, « Je suis une fille de l’hiver » repose sur les questionnements habituels : jusqu’où Lia va-t-elle aller ? Jusqu’à en mourir ? Ou bien se rendra-t-elle compte à temps de la situation dans laquelle elle se trouve ? À quel moment se trahira-t-elle auprès de son entourage ?

 

Cet entourage, justement, n’aide pas Lia à aller mieux. Entre un père et une mère trop préoccupés par leur boulot, une belle-mère trop axée sur les apparences et un cercle d’amis totalement inexistant, il est difficile pour Lia de trouver une raison de rester en vie. La seule personne qui pourrait (indirectement) la ramener à la raison est sa jeune demi-sœur, Emma.

Je n’ai pas ressenti d’affection pour un personnage en particulier, mais il est vrai que comme on est dans la tête de Lia et qu’on assiste avec elle à sa dégringolade effrayante, on en vient à avoir réellement peur pour elle. Ce qui est paradoxal, c’est que par moments Lia est énervante, on a l’impression d’assister à un caprice d’enfant pour certaines choses, alors que c’est tout simplement la maladie qui parle. Et quand on s’en souvient, ça fait mal et on plaint vraiment Lia.  

 

Mais Lia ne souffre pas uniquement d’anorexie. Je ne vous dirai pas de quoi il s’agit pour éviter les spoilers, mais c’est je pense ce qui m’a le plus gênée dans ma lecture, car j’ai trouvé que ça alourdissait beaucoup le récit. A l’opposé, les passages que j’ai préférés sont ceux où Lia raconte son passé (sa rencontre avec Cassie, la mort de sa grand-mère, etc.) car ça nous permet de savoir comment elle en est arrivée là.

 

Pour finir, je vous dirai juste que si vous avez envie d’avoir un bon aperçu du quotidien des personnes souffrant d’anorexie, ce roman est fait pour vous. En revanche, ce livre est très sombre et assez « dur », et il n’est de ce fait pas à lire n’importe quand ni à mettre entre toutes les mains.  

 

Petite universitaire belge âgée de 24 ans, je passe plus de temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries qu’à bosser mes cours. Egalement fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’ado. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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