Le piège de l'innocence - Une enquête sympa mais simpliste

23/03/2017

Titre : Le piège de l’innocence

Auteur : Kelley York

Éditeur : Pocket Jeunesse

Prix : 17,50 €

Parution : 17 novembre 2016

Nombre de pages : 336 pages

Genre : Young Adult

Résumé : Il voulait l’aider, il se retrouve accusé.

Vic Howard a toujours été transparent, ignoré de tous, même de sa propre mère. Un soir, alors qu’il s’ennuie à une fête, il remarque que Callie, une fille de son lycée, a beaucoup trop bu. Il décide de lui venir en aide.

Au matin, la police sonne chez Vic : Callie a été violée, il est le principal suspect. Du jour au lendemain, il est le centre de l’attention, tous le considèrent coupable. Sauf Autumn, la meilleure amie de la victime, qui compte bien s’allier à Vic pour découvrir une vérité que tout le monde préfère taire.

 

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Pocket Jeunesse pour l’envoi de ce roman. C’est surtout son résumé qui avait attiré mon attention, la couverture n’étant à mon sens pas extraordinaire. De plus, après mon expérience avec Sous la même étoile, roman également écrit par Kelley York et pour lequel j’étais restée sur un avis mitigé, je voulais donner une nouvelle chance à l’auteur. Cependant, pour Le piège l’innocence, mon avis est tout autant mitigé…

Dans ce roman nous faisons la connaissance de Victor alias Vic, ado de 17 ans qui vit seul avec sa mère et qui est un peu mal dans sa peau. Les sorties, les fêtes, l’alcool, etc., ce n’est pas son truc. Toutefois, il lui arrive de s’y plonger malgré lui lorsqu’il suit un peu à contrecœur son meilleur ami, Brett, qui est pratiquement son opposé à ce niveau. Et c’est lors d’une de ces fêtes, justement, qu’il voit Callie, une fille de son lycée qui a visiblement trop bu. Vu qu’elle a l’air mal en point (c’est peu de le dire, elle est en train de vomir dans les buissons), il décide de l’aider et de l’installer dans un endroit plus confortable pour qu’elle puisse cuver tranquillement, à savoir une chambre de la maison où se déroule la fête. Mais c’est totalement chamboulé et horrifié que Vic voit débarquer la police chez lui le lendemain matin : Callie a été violée, et c’est Vic qu’elle pointe comme étant coupable de cet acte…

L’originalité de ce roman repose pour moi sur deux points : on suit l’histoire du point de vue d’un personnage masculin (ce qui est assez « rare » pour être souligné), et du point de vue d’une personne accusée de viol, ce qui change puisque souvent, nous avons plutôt droit au point de vue de la victime. Par ailleurs, ici on sait clairement dès le résumé que Vic est innocent, c’est très frustrant et on s’insurge, surtout au début de l’histoire quand presque tout le monde est contre lui et croit aveuglément qu’il est coupable, alors même qu’il n’y a aucune preuve tangible à son encontre. Une pensée nous vient alors à l’esprit : ça fait peur de se dire que ça peut se passer comme ça dans la vie réelle…

J’aurais tout de même apprécié avoir une alternance de points de vue dans les chapitres, car ici nous sommes du début à la fin dans la tête de Vic et à mes yeux, ça donne un récit assez « plat » et trop linéaire, malgré la « double intrigue » (l’enquête sur le viol de Callie et l’exploration des origines de Vic, qui cherche à en savoir plus sur son père). De plus, quand on jette un regard en arrière après avoir fini le roman, on se rend compte que l’intrigue est très (trop) simple, qu’elle manque clairement d’événements « chocs » et de suspense. J’aurais également apprécié une touche de noirceur supplémentaire dans l’histoire, c’est quelque chose que je déplore un peu mais que je peux toutefois concéder à l’auteur sachant à quel public est destiné ce roman. Cependant, la plume de l’auteur est sans fioriture mais nous fournit un récit très fluide, comme pour Sous la même étoile.

Au niveau des personnages, bien qu’il y ait des similitudes entre lui et moi (je pense notamment à une réflexion en particulier qu’il se fait au début du livre, à savoir : « À force de voir les autres s’éclater, je me demande : est-ce que je passe à côté de quelque chose ? »), je n’ai pas réussi à m’attacher totalement à Vic. Il est pourtant tellement empathique, on sent que c’est vraiment quelqu’un de bien ! Mais je ne sais pas, je trouve que l’auteur a un peu trop exagéré le côté « loser » (désolée pour ce terme, je n’en trouve pas d’autre qui puisse exprimer ce que je veux dire), affublant Vic d’un bégaiement, d’un quasi-total isolement social (aussi bien dans ses amis que sa famille) et d’un niveau scolaire limite. On peut toutefois soulever et applaudir son évolution importante entre le début et la fin du roman.
Concernant les autres personnages, je suis partagée. Pour Brett, à aucun moment je ne suis parvenue à le cerner, je n’ai donc pas réussi à l’apprécier. J’ai par contre trouvé qu’Autumn était un personnage féminin assez badass et très attachant, et son histoire avec Vic est attendrissante. Contre toute attente j’ai également apprécié Amjad, le patron de Vic, qui est pour ce dernier un soutien sans faille du début à la fin.

Au final, malgré la trop grande simplicité, la trop grande facilité de l’intrigue, Le piège de l’innocence reste agréable à lire. Je pense laisser une chance supplémentaire à l’auteur avec son prochain roman Suicide Watch, apparemment prévu pour le courant de l’année 2017, toujours chez PKJ.

Petite universitaire belge âgée de 24 ans, je passe plus de temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries qu’à bosser mes cours. Egalement fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’ado. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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