Marquer les ombres - Un univers riche mais une lecture difficile à aborder.

05/03/2017

Titre : Marquer les ombres

Auteur : Veronica Roth

Editeur : Nathan

Prix : 17,95€

Parution : 17 janvier 2017

Nombre de pages : 480

Genre : Young Adult, Science-Fiction

Résumé : Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un “don”, un pouvoir unique. Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, et Cyra, sœur du tyran qui gouverne les Shotet, sont de ceux-là. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants et vulnérables.

Tout dans leurs origines les oppose. Les obstacles entre leurs peuples, entre leurs familles, sont dangereux et insurmontables. Pourtant, pour survivre, ils doivent s’aider – ou décider de se détruire.

 

Ma priorité quand je décide de lire une œuvre, quel qu’en soit le genre, c’est d’être transportée, de voyager, d’être immergée dans un autre univers et surtout de sortir du quotidien. L’invitation à l’inconnu se fait par le biais d’une couverture ou d’un résumé alléchant et l’on prépare cet instant chacun à sa manière. Bien calée dans un canapé avec un plaid accompagné d’une boisson chaude, allongé sur son lit bien au chaud avant de sombrer dans les bras de Morphée ou encore dans les transports entre deux arrêts pour oublier le chahut d’une ligne 13 trop chargée. Le livre dont je vais vous parler et vous donner mon avis avait tout pour me plaire mais le voyage n’a pas été à la hauteur de mes espérances.

 

« Carve the Mark », Marquer les ombres en français. Dans la langue de Molière le titre sonne vraiment bizarre. Ce titre n’a pas la prestance ou même la puissance évocatrice d’autres livres ou sagas, mais il n’empêche qu’il a retenu mon attention car il avait un goût de mystère. Un mystère que l’on retrouve dans une quatrième de couverture d’un bleu profond presque noir où apparaissent des lacérations qui laissent s’échapper un liquide doré. Autant vous dire que la couverture est sublime. Le résumé est beaucoup plus modeste. La nouvelle série littéraire de Veronica Roth se déroule dans une autre galaxie, très lointaine de la nôtre (je suppose), qui comprend 9 planètes regroupées en fédération où toi lecteur terrien tu vas devoir mettre de côté tes acquis et connaissances pour une immersion totale. Au sein de cette galaxie subsiste une énergie invisible appelée Flux qui, en plus d’être utile technologiquement, confère des pouvoirs appelés « Dons » à certains individus. L’une de ces 9 planètes, Thuvhé, est le théâtre de confrontation entre le peuple de Shotet et la nation Thuvhé qui se dispute le territoire. C’est au cœur de ce conflit que Cyra, princesse et sœur du dirigeant de Shotet, et Akos, citoyen Thuvesit captif de ce dernier, vont devoir cohabiter et survivre ensemble dans un milieu hostile alors que tout les oppose.

Comme dit plus haut, l’intrigue semble très intéressante avec une formule que l’on connait bien (celle des amants maudits) et un univers inédit. Je me demande encore où l’auteur est allée puiser son inspiration mais on sent un gros travail de recherche et d’imagination tant sur la construction du récit que sur celui des personnages. Les descriptions sont riches en détails, que ce soit sur la faune et la flore, les unités de mesure du temps, des distances, les cycles… et tout est différent ou renommé.

Le contexte de l’intrigue, qui est plutôt politique, est lui aussi bien choisi et très actuel. Deux peuples aux traditions et mœurs qui divergent et qui revendiquent une terre où on est en recherche de légitimité, cela ne vous rappelle rien ??? Mais attention, la comparaison s’arrête là. Veronica Roth reprend les thèmes qu’elle abordait dans la trilogie Divergente, la question du pouvoir politique et la maîtrise d’un peuple avec deux idéologies différentes. Shotet, sur laquelle le livre s’attarde le plus, repose sur un pouvoir royal, pour ne pas dire tyrannique : c’est un peuple d’origine nomade avec des traditions plus guerrières, archaïques et dures. Elle m’a fait penser à Sparte d’une certaine manière (souviens-toi du film 300). De son côté, Thuvhet a un semblant de pouvoir démocratique dirigé par un chancelier avec des mœurs plus… « acceptables » en théorie. C’est un univers complet mais la manière de l’introduire pose problème. Je ne vous cache pas que ma lecture a été laborieuse et pénible à certains passages. L’auteur va trop en profondeur dans ses descriptions, si bien qu’au lieu d’avancer on a l’impression de stagner dans l’intrigue. Ce n’est pas progressif, elle met trop ou parfois pas assez. Le concept du Flux ou du don-flux reste à ce jour un élément que je n’ai pas vraiment compris. J’ai eu le sentiment que l’auteur craignait de ne pas avoir assez de pages pour développer son propos : résultat, c’est l’intrigue qui en pâtit. Ce n’est qu’aux ¾ du livre que j’ai eu de l’action et que tout s’est accéléré.

 

Concernant les héros de l’intrigue, ils sont beaucoup plus développés et difficiles à cerner que ne l’étaient Tris et Quatre. Cyra Noavek et Akos Kereseth ne sont pas des personnages attachants (personnellement je ne me suis pas reconnue en eux) mais passionnants à comprendre. Ils sont dotés d’une personnalité complexe et surtout d’un passé trouble. C’est avec intérêt que l’on suit leur combat du quotidien en se posant de nombreuses questions comme : comment vivre lorsqu’on se sait condamné à accomplir un destin auquel on ne peut échapper ? Quelle vision on a de soi quand on vous perçoit comme un danger, une arme, un fléau, un outil de dissuasion ? Comment continuer à vivre quand on a une si mauvaise image de soi ? Veronica Roth répond à toutes ces interrogations et plus encore avec beaucoup de profondeur. Là où je pose mon bémol, c’est ce que nous promet le résumé et la relation que nouent Akos et Cyra. Ils sont décrits comme des êtres ayant un don les rendant, je cite « plus puissants et plus vulnérables que les autres ». Akos peut stopper la circulation du flux et Cyra souffre et inflige les mêmes douleurs au contact de quiconque. Je n’ai pas trouvé leurs capacités incroyables, dangereuses ou utiles. Oui, d’une certaine façon, mais pas spectaculaire. Et j’ai eu une petite impression de déjà vu avec les personnages de Tahereh Mafi. La relation qu’ils nouent au fil du récit ne m’a pas franchement convaincue, elle manque de naturel ou de suspens. Leur haine mutuelle ?? Je la cherche toujours. Pour les personnages secondaires, ils sont tous intéressants à suivre aussi mais certains manquent de substance. J’ai beaucoup apprécié le développement des relations familiales comme pour Divergente, surtout les relations fraternelles. Il est toujours question de manipulation des liens, notamment avec la mère-oracle d’Akos et le frère tyran de Cyra.

 

La construction de l’intrigue, comme dit précédemment, est pour ma part trop déséquilibrée. L’intrigue met du temps à se mettre en route et les enjeux sont difficiles à cerner pendant les 100, voire 200 premières pages. Je regrette malgré tout de ne pas avoir de but précis pour ce tome 1 qui conduit toute la saga à venir. Pour l’écriture, on sent que son style est plus affirmé et mature que dans la précédente saga. C’est fluide, simple et plein de sensibilité mais malheureusement, et bien que ce soit un tome introductif, elle met tellement l’accent sur la profondeur des personnages (surtout Cyra) ou sur des détails sur l’univers que cela en devient indigeste ; ce trop-plein d’éléments alourdit le texte et le rend incompréhensible. J’ai apprécié le choix d’alterner les points de vue car cela dynamise le texte et permet d’avoir une perspective différente des événements. Mais je n’ai pas compris pourquoi pour Akos elle utilise une vision omnisciente et n’emploie pas le « je » du regard subjectif, ce qui met de la distance entre le lecteur et ce personnage.

 

En conclusion, Marquer les ombres fut une lecture compliquée. Je n’ai pas voyagé comme je le souhaitais mais suis restée sur Terre, tentant vainement de comprendre cet univers un peu trop particulier. Néanmoins, c’est une lecture très instructive et qui traite de thèmes intéressants avec sensibilité et profondeur (quand ce n’est pas trop surchargé). Le côté politique et ethnologique est le vrai point fort du récit. Pour les suites à venir, je reste dans l’inconnu total, impossible pour moi d’entrevoir le destin de nos héros. Je fais une bien piètre oracle.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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