13 Reasons Why - Un livre à mettre entre toutes les mains

18/04/2017

Titre : 13 reasons Why

Auteur : Jay Asher

Éditeur : Albin Michel

Prix : 14,50 €

Parution : 3 avril 2017

Nombre de pages : 288 pages

Genre : Jeunesse, drame

Résumé : Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

 

On ne mesure pas combien un détail peut faire basculer la balance d’un côté ou de l’autre. Je le dis souvent, le choix d’un livre implique deux paramètres non-négligeables : la couverture et le résumé. 13 Reasons Why fait partie de ces livres que j’ai fuis comme la peste et c’est peu de le dire. Même en temps de disette livresque dans la bibliothèque de ma ville, je ne prenais pas la peine de faire un effort pour lui donner une chance. La raison de cette fuite est simple, la couverture était vraiment sans intérêt et banale, et surtout le résumé était très glauque et triste comme la pluie. Je voulais rêver, pas m’enfoncer dans un puits de tristesse. Mais comme dit le dicton, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. A l’occasion de la sortie du roman en série sur Netflix, les éditions Albin Michel ont eu la bonne idée de rééditer le livre. Je déteste voir les couvertures changer pour celles des affiches de film ou série, mais ce changement fut le bienvenu cette fois-ci. Ce n’est qu’un petit détail mais il a eu l’effet boule de neige voulu car je suis tombée sur une pépite de la littérature jeunesse, une pépite que j’ai bêtement fuie pendant 7 ans.

Clay Jensen est un lycéen comme les autres, avec une vie de famille classique, un parcours scolaire normal, rien qui le distingue d’un autre élève de son lycée. Et pourtant un beau jour, en rentrant de cours, il reçoit une mystérieuse boîte remplie de cassettes accompagnées d’un plan. Clay a sûrement d’autres choses à faire mais la curiosité de savoir ce qu’elles contiennent est plus forte que tout. Dans le garage, là où sont stockées toutes les vieilleries, le jeune homme déniche le lecteur de cassettes de son père et enfonce la première cassette dans la fente qui lui est destinée. Il n’imagine pas quel fantôme d’un passé pas si lointain il va déterrer. Comme sortie d’outre-tombe, une voix jaillit :

Salut, tout le monde.

Ici Hannah Baker. En live et en stéréo.

Il n’y aura pas d’autres dates, pas de rappels. Et cette fois, aucune intervention du public. J’espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l’histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s’est arrêtée. Et si vous êtes en train d’écouter ces cassettes, c’est que vous êtes l’une de ces raisons.

Commence pour Clay, garçon ordinaire, une longue nuit d’angoisse et de questionnement.

Le livre est plein de suspense car la question qui intrigue le lecteur, c’est de savoir ce que le jeune homme a bien pu faire à cette pauvre fille pour qu’elle en vienne à se donner la mort. L’intrigue de 13 Reasons Why est ce que je nommerais un récit polyphonique, c’est-à-dire qu’il repose sur une double narration, celles de Clay et d’Hannah, qui s’entremêlent pendant toute la lecture. Un choix que j’ai trouvé intelligent et qui rend le texte beaucoup plus vivant, mais qui pourrait gêner certains lecteurs, car le lycéen interrompt très souvent le témoignage d’Hannah. Le style de l’auteur est comme très souvent accessible à tous, à savoir fluide et simple. J’ai particulièrement apprécié la mise en page du roman. Chaque chapitre correspond à un numéro de cassette (de 1 à 7) et à une face (A ou B), avec en plus à certains moments du texte les symboles que l’on trouve sur n’importe quel lecteur cassette ou même mp3 (pour arrêter, mettre sur pause ou mettre « Play »). Les paroles d’Hannah sont quant à elles en gras et italique, un effet qui est là pour distinguer la parole de la jeune fille de celle de Clay, mais qui a aussi un effet visuel très prenant. C’est une voix qui vient du passé, de l’au-delà, impossible de la louper ; la typographie renforce cette impression.

Clay reste tout de même le personnage principal du récit et c’est à travers ses réactions qu’on avance pas à pas. C’est là que je trouve que Jay Asher maîtrise parfaitement son écriture, c’est une totale immersion qu’il nous propose. Personnellement, je me suis sentie extrêmement proche de Clay, comme si je vivais la même expérience que lui. Je découvrais chaque cassette avec appréhension, je riais quand il riait, j’angoissais quand il angoissait, je pleurais quand il pleurait. Néanmoins, cette proximité a aussi son mauvais côté car il est difficile de prendre du recul face à l’intrigue et à ses personnages. A part quelques interventions externes à Clay et Hannah, il n’y a pas de contrepoids, pas d’autre point de vue à leur parole, surtout à celle d’Hannah. Après réflexion, ce manque de diversité est cohérent avec ce que l’auteur voulait ; le lecteur est un auditeur privilégié et tout comme son héros, il vit l’expérience en solitaire puis en fait ou en pense ce qu’il veut. Et puis la conclusion peut frustrer aussi car il n’y a pas d’après. Suite à la fin du témoignage d’Hannah par Clay, le roman s’arrête et on a un sentiment d’inachevé, ce que là aussi je trouve logique dans la démarche de l’auteur mais aussi agaçante qu’une fin ouverte.

La première question que l’on se pose en tant que le lecteur, c’est : « Qui est vraiment Hannah Baker ? ». Je ne saurais vraiment la décrire. Il est difficile de faire la part des choses entre ce que Clay en pense et ce qui ressort de son témoignage. Elle semblait être une fille sympa et drôle. On éprouve de l’attachement et de l’empathie pour elle, mais à travers les cassettes il y a aussi du sarcasme, un poil d’humour noir et de la colère. C’est une fille qui règle ses comptes, ce qui donne à certains moments un côté assez puéril, mais j’ai aimé la suivre. J’ai beaucoup apprécié la construction du personnage de Clay Jensen. C’est un élève lambda qui n’a rien de particulier et qui présente Hannah comme une vague connaissance. Mais au fil de la lecture, le jeune homme se dévoile un peu plus et l’on découvre (avec bonheur et angoisse) ce qui le liait à Hannah Baker et l’impact que sa mort a eu sur lui. J’ai bien aimé certains personnages secondaires ; certains passent en coup de vent, d’autres sont beaucoup plus présents comme Tony ou la mère de Clay. Mais je regrette qu’ils ne soient pas plus travaillés.

Le livre aborde divers sujets en rapport avec la jeunesse et le milieu scolaire, en particulier le harcèlement et les ragots. On prend conscience de la fragilité d’un ado, des conséquences d’actes ou de paroles sur un esprit en quête d’identité. L’auteur montre aussi le poison que sont les rumeurs sur le comportement des gens et le jugement ou le doute qu’elles insinuent chez chacun tout en faisant voler en éclats la réputation d’un individu. Il montre aussi cet effet boule de neige qui mène certains jeunes, à l’image d’Hannah, vers cet acte terrible qu’est le suicide. Geste après geste, ragot après ragot, on voit cette jolie jeune fille perdre pied sans que personne ne s’en rende compte. Et en tant que lecteur, on se sent impuissant face à cette injustice. Mais il y a aussi un sentiment de colère contre les responsables et plus étonnamment, contre Hannah. Même si on connait déjà la fin, on a toujours ce minuscule espoir qu’il y aura un retournement de situation, un événement qui va tout remettre en cause mais on le sait, elle finira par sombrer. Ce que je reproche au livre, c’est de ne pas aller au fond des choses, surtout sur la question du suicide. Je considère ce livre comme pédagogique mais on n’aborde pas assez les signes qui pourraient faire penser qu’un ado va se donner la mort.

En conclusion, 13 Reasons Why est un excellent page-turner. C’est un récit touchant et émouvant sur la détresse adolescente, un sujet qui peut faire écho à nos propres expériences, que ce soit en tant que victime, agresseur ou même spectateur. La mise en page est bien pensée et les personnages très bien écrits, notamment pour Clay. Mais le livre souffre de quelques petites imperfections comme une fin qui a un goût d’inachevé, un manque de personnages secondaires qui interagissent avec Clay et surtout la question du suicide qui aurait pu être encore plus approfondie. Malgré tout, c’est une lecture que je conseillerais à tous et qui devrait être débattue dans les milieux scolaires. Dans les collèges et lycées, on parle de la drogue, de l’alcool, de la sexualité et même des accidents de la route, mais trop rarement du suicide et du harcèlement scolaire, et je trouve cela dommage.

Souvenez-vous, en introduction je vous parlais des deux paramètres indispensables pour le choix d’un livre, mais ce ne sont que des détails. En faisant le parallèle avec l’histoire de 13 Reasons Why, j’ai pris conscience qu’elle est un peu à l’image de cette jeunesse qui donne beaucoup trop d’importance aux ragots ou aux apparences. Derrière son résumé triste et sa couverture terne se cachait un bijou que j’ai failli rater. Je remercie les éditions Albin Michel pour l’envoi du livre et surtout pour la réédition car sans cela, je serais encore passée à côté. Si vous désirez prolonger cette lecture, je vous conseille vivement la série.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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