13 Reasons Why - L'adaptation réussie de Netflix

27/04/2017

Titre : 13 Reasons Why

Créée par : Brian Yorkey

Avec : Dylan Minnette, Katherine Langford, Christian Navarro, 

Format : 60 minutes

Année : Avril 2017

Diffusion : Netflix

Genre : Drame

Nationalité : Américaine

Synopsis : Inspirée des best-sellers de Jay Asher, 13 Reasons Why suit Clay Jensen, un adolescent qui découvre sous son porche au retour du lycée une mystérieuse boîte portant son nom. À l’intérieur, des cassettes enregistrées par Hannah Baker, une camarade de classe qui s’est tragiquement suicidée deux semaines auparavant. Les enregistrements révèlent que la jeune fille, dont il était amoureux, a décidé de mettre fin à ses jours pour treize raisons. Clay est-il l’une de ces raisons ?

Rares sont les romans qui sont bien adaptés à l’écran. Jugées pas assez fidèles, faisant l’impasse sur certains faits, personnages ou événements importants, les adaptations cinématographiques ou sérielles s’attirent presque toujours les foudres des lecteurs. Alors dès qu’on annonce la mise en production d’un de nos livres chéris, on y va à reculons. En découvrant la sortie prochaine de 13 Reasons Why par la plateforme Netflix, j’ai bizarrement eu envie d’en savoir un peu plus sur ce projet et me suis procuré le livre dont l’histoire est tirée. Si vous avez lu ma chronique dithyrambique sur la réédition de « 13 raisons » par les éditions Albin Michel, parue cette semaine, vous savez combien j’ai adoré cette lecture et combien elle m’a touché. C’est sans appréhension que je me suis jetée sur la série. Et je peux vous affirmer qu’elle est à la hauteur du roman. Mieux, elle le dépasse.

Faire un résumé de l’intrigue ne sera qu’une répétition pour certains, mais une découverte pour d’autres. Clay Jensen, lycéen sans histoire, se retrouve en possession d’une boîte remplie de cassettes enregistrées par une camarade de classe, Hannah Baker, récemment décédée. En écoutant ces cassettes, le jeune homme découvre qu’avec 12 autres personnes, il serait responsable du suicide de la jeune fille. Commence alors pour Clay une longue introspection où il lui faudra comprendre ce qui a motivé son amie vers cet acte horrible et surtout découvrir quelle est sa part de responsabilité.

Dans un premier temps, il est difficile de se tourner vers une série ayant un thème aussi triste que celui du suicide. Mais ne vous arrêtez pas en si bon chemin ou vous risquez de passer à côté d’une des séries les plus prenantes du moment. 13 Reasons Why relate les événements qui ont poussé Hannah Baker à s’ôter la vie par l’intermédiaire de Clay Jensen, le « héros » de la série. Contrairement au teen-drama classique, la série aborde des sujets difficiles tels que la mort, le suicide, le deuil, le conformisme social ou encore le harcèlement scolaire. Un choix particulier car ce sont habituellement des thématiques qui ne sont pas centrales aux intrigues de ce genre mais plutôt secondaires. Dès l’épisode pilote, le décor ainsi que la démarche sont exposés en présentant l’ensemble des personnages dont l’angoisse de certains est déjà palpable. Chaque épisode est consacré à un personnage et va jusqu’à reprendre les mêmes chapitrages que le livre pour les titres.

Là où le roman se concentre sur la découverte des cassettes par Clay et sa réaction face au témoignage audio d’Hannah, la série va beaucoup plus loin en s’intéressant aux conséquences du geste de la jeune fille sur ses proches et son établissement scolaire. Mais surtout, elle donne plus d’importance aux 12 autres personnes responsables de sa mort. Ces dernières, qui étaient simplement évoquées dans le livre, se retrouvent avec une vraie personnalité bien plus explorée. Leur back-story rend l’intrigue moins facile à cerner. Les personnages ne sont pas aussi manichéens que le livre les présente et la série prend soin d’expliquer chaque passif mais ne justifie jamais leur geste. Même Hannah est remise en question sur sa propre responsabilité. Chaque épisode expose les bons côtés d’une histoire mais aussi la tournure négative qu’elle engendre.

On est à la limite du thriller psychologique. Il y a beaucoup plus d’interactions entre les 13, ce qui multiplie les enjeux. On a bien sûr celui de savoir quelle est la responsabilité de Clay, mais aussi l’inquiétude de savoir ce que ce dernier fera des cassettes une fois qu’il saura tout. La possible révélation des cassettes obsède les autres protagonistes puisqu’en plus de libérer la parole d’Hannah, elles peuvent révéler bien plus de secrets qu’on ne l’imagine. La série a une force évocatrice puissante car c’est un récit authentique qui emprunte beaucoup à la réalité. Le bullying ou le harcèlement scolaire n’est pas un fait de société exclusivement américain, mais un problème universel. Au fur et à mesure du visionnage, le spectateur se rendra compte que ces situations lui sont familières, que ce soit en tant que victime, spectateur ou agresseur. C’est l’une des raisons du succès de la série.

C’est aussi une vision non censurée de la jeunesse. Les films ou séries ont tendance à polir l’image de cette jeunesse décomplexée, voire de l’infantiliser. Ici on parle de drogue, d’alcool ou de sexe sans détour avec un langage pas très catholique. Il est aussi question de violence, une violence qui n’est jamais atténuée ou hors champ. Certaines scènes sont juste insoutenables.

De plus, la série s’appuie sur une dualité aussi bien sur la mise en scène que sur l’intrigue : celle du passé et du présent, avec dans un premier lieu des transitions du présent au passé réalisées avec intelligence et fluidité. Elles sont très souvent sous forme de plan séquence ou avec des raccords dans le plan qui glisse d’une temporalité à une autre de manière imprévisible. C’est un peu déroutant au début mais cela donne un rythme et une perception intéressante des événements. Au fil des épisodes, on fait très vite la différence entre les flash-back et le présent grâce à la tonalité donnée aux images, chaleureuse et joyeuse dans le passé et froide et glaciale dans le présent. Tout aussi importante, la BO est un savant mélange entre des sonorités des années 80 et d’autres qui s’en inspirent. Je ne me risquerais pas à sortir des noms de groupe ou de courants musicaux mais certains sont marquants, comme celui du slow. La mise en scène n’a rien de vraiment innovant, elle raconte simplement et parfaitement cette histoire.

Avec l’utilisation des cassettes audio d’Hannah, la présence de la voiture rétro de Tony ou des appareils photo argentique de Tyler, tous ces objets donnent un esprit vintage à la série qui est plaisante à voir. L’objet même de la cassette, ancienne et obsolète, appelle à la nostalgie et marque la présence d’Hannah, si bien que malgré son absence on a toujours le sentiment qu’elle est là, attendant que justice soit faite pour elle. J’ai été surprise par le fait que les nouvelles technologies comme les smartphones, internet et les réseaux sociaux n’aient pas un rôle plus important dans l’intrigue, le cyber harcèlement n’étant qu’à peine effleuré.

Le choix des acteurs pour donner vie à tous les personnages participe grandement à la popularité du programme. Le casting est presque uniquement constitué d’inconnus à l’exception de Kate Walsh que l’on retrouve dans Grey’s Anatomy ou de Dylan Minnette vu dans Scandal. Dylan Minnette, qui interprète Clay Jensen, a une palette d’émotions juste incroyable. Il passe d’une expression à une autre sans que cela ne tombe dans le sur-jeu. La force de son jeu sonne juste et sincère. Initialement prévu pour la chanteuse Selena Gomez, devenue entre temps l’une des productrices exécutives du programme, c’est finalement Katherine Langford qui se glisse dans la peau d’Hannah Baker. Un choix très judicieux, car elle a le profil d’une ado normale et à notre image, et il est plus facile de se reconnaître en elle et de s’y attacher. Elle interprète aussi magnifiquement son rôle. Les autres acteurs ne sont pas en reste avec quelques pépites très prometteuses pour l’avenir comme Christian Navarro, Alisha Boe, Brandon Flynn et Miles Heizer qui jouent respectivement Tony Padilla, Jessica Davis, Justin Foley et Alex Standall. Ils sont tous bluffants.

En conclusion, 13 Reasons Why est une excellente adaptation qui réussit à être fidèle à l’œuvre source tout en allant plus loin dans son introspection d’une jeunesse américaine adepte du bullying. Elle met en avant la lente transition d’Hannah vers le suicide et les conséquences des actes d’autres protagonistes interprétés par un casting inconnu mais très prometteur. Elle prend le temps de faire ressortir le caractère de chacun d’eux tout en signifiant ce qui les lie à la défunte. Bien sûr, il y a des défauts mais je suis incapable de vous les citer tant les points positifs sont dominants. Je vous conseille vivement de suivre cette série, aussi bien pour le jeu des acteurs que pour les sujets qu’elle traite, parce que les petites choses qu’on dit ou qu’on fait peuvent entraîner le meilleur comme le pire.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
2 I like it
0 I don't like it

2 Comments

  1. Coucou,
    J'ai été très sensible à cette série ! C'est choc mais il faut vraiment en parler, ça me semble important !
    Des bisous :)

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *