La Bibliothèque des Citrons - Une jolie découverte

05/04/2017

Titre : La Bibliothèque des Citrons

Auteur : Jo Cotterill

Editeur : Fleurus

Prix : 15,90€

Parution : 14 avril 2017

Nombre de pages : 360

Genre : Jeunesse

Résumé : À 10 ans, Calypso n’a pas d’ami et trouve refuge dans les livres de sa bibliothèque, qu’elle dévore. Sa solitude prend fin le jour où arrive dans sa classe une nouvelle, Mae, qui bouscule ses habitudes de lectrice solitaire et lui ouvre les horizons insoupçonnés de l’amitié.

Amitié qui tombe à pic, car à la maison les choses tournent de moins en moins rond. Le père de Calypso, veuf depuis 5 ans, vit muré dans son travail et son silence. Il s’est attelé à l’écriture d’une histoire encyclopédique du citron. Par une froide soirée d’automne, ces maudits agrumes vont brusquement déverser sur la vie de Calypso une amertume parfaitement inattendue… Il faudra toute l’amitié de Mae et la générosité de sa famille pour que cette découverte acide devienne le point de départ d’un chemin de guérison où l’amour, enfin, pourra resurgir !

 

Tout est bon et utile dans le citron, surtout en pâtisserie. Lorsque ce livre s’est présenté à moi, j’ai été très intriguée. La couverture encore indécise, il y a quelques mois, ne m’inspirait pas, mais le mot citron si. J’adore ce fruit : derrière son écorce colorée mais rugueuse se cache en son sein une pulpe pétillante et savoureuse. Le citron, c’est un exhausteur de goût, un peu de zeste par-ci ou de jus par-là et le tour est joué. Cet agrume de l’été fait partie de ces fruits à double tranchant, à la fois festif et acidulé mais aussi amer. Mais allier  « Bibliothèque » et « citron » dans un titre si ce n’est pas pour parler de cuisine me semblait bizarre. Pas pour Jo Cotterill, une auteure anglaise qui, à travers ce fruit, a trouvé le moyen de nous raconter une histoire à la fois simple et profonde, enfantine et très mature, gaie et triste.

 

La Bibliothèque des citrons, c’est l’histoire d’une rencontre, celle de deux petites filles aux univers et tempéraments différents mais que l’amour des mots et de la lecture rapproche. Calypso n’a pas une vie toute rose. Déjà éprouvée durement par les aléas de la vie, elle n’a pas vraiment d’amis et n’en ressent pas le besoin. La solitude lui convient parfaitement et dans sa bibliothèque remplie de livres, elle a tout ce qui suffit à son bonheur. Alors quand la nouvelle de la classe, Mae, jette son dévolu sur elle et veut en faire une amie, Calypso refuse, mais il est déjà trop tard. De fil en aiguille, une amitié très forte lie les fillettes. A travers leur passion de la lecture, leurs jeux et leurs aspirations, Calypso découvre le monde sous un autre regard. Mais cette nouveauté dans sa vie l’aidera-t-elle à affronter la tempête qui s’annonce ?

Dès mes premiers pas dans cette lecture, j’ai eu la drôle de sensation que le texte avait du rythme, qu’une musique s’en dégageait. Le style de l’auteur est en accord avec son héroïne, c’est la voix d’un enfant qui transparaît, mais une enfant très consciente de son monde et qui pose des mots simples mais justes sur son histoire. Pour une adulte, il peut parfois être compliqué de lire de la littérature jeunesse à cause des sujets qui sont souvent survolés et de la simplicité des textes. Mais pour ce récit-là, ses défauts sont une force pour une immersion complète dans la tête de cette petite fille. Il convient à tous les publics. J’ai apprécié la manière de traiter le sujet du deuil, de la solitude et de la parentalité.

 

L’auteur n’a pas construit ses personnages en opposition, les fillettes sont plutôt complémentaires. Calypso est une petite fille indépendante et très mature, trop mature je dirais. Dès les premières pages, lorsqu’on la découvre on ressent la distance qu’elle met entre elle et les autres. Par son expérience et son éducation, elle se sent un peu supérieure aux autres et cultive sa « force intérieure », mais elle se pose beaucoup de questions. Elle vit dans un cocon et sa rencontre avec Mae va faire évoluer son regard. J’ai énormément apprécié la suivre dans son cheminement intérieur et ses réflexions sur sa condition d’enfant. L’abnégation dont elle fait preuve m’a quand même interpellée.

Mae est un vrai boute-en-train. C’est une petite fille espiègle et qui n’a pas sa langue dans sa poche. Moins philosophe, plus spontanée, Mae apporte cette joie de vivre qu’il manque au quotidien de Calypso. Et surtout, c’est une enfant de son âge avec des réactions d’enfant, mais elle n’en reste pas moins intelligente et pleine de bon sens. Je me suis aussi beaucoup attachée à elle.

Les parents occupent une place importante dans l’intrigue. Il y a deux modèles de cellule familiale présentés, cependant il n’y a jamais de critique mais une mise en opposition qui fait ressortir l’anomalie de la situation de Calypso.

Le roman de Jo Cotterill parle avant tout d’une amitié libératrice et réparatrice mais d’autres sujets de fond son abordés. Il y a celui du livre. La relation avec le livre, l’objet livre lui-même, est presque sacralisée par l’héroïne. Calypso est une férue de lecture et ses livres sont des reliques du passé qu’elle garde jalousement, un héritage qui fait lien avec ce qu’elle a perdu. J’ai trouvé que pour une gamine de 10 ans elle avait un goût sûr. On a tendance à idéaliser l’activité de la lecture mais l’auteur montre l’envers du décor et l’excès : l’isolement, l’insociabilité (bon, j’y vais un peu fort avec ce mot), le manque de partage avec les autres.

 

Avec ce livre, en entrevoit aussi la condition de l’écrivain. Complètement pris par ses aspirations, le père de Calypso n’a pas conscience du mal qu’il fait subir à sa fille. C’est un homme habité par l’écriture. Jo Cotterill expose toutes les phases d’un travail d’écriture : l’engouement de l’écriture, l’envoi du manuscrit puis l’attente, jusqu’à la réponse positive ou non. Cela passe aussi par Calypso et Mae dans leur projet d’écriture. Chacun vit l’expérience à sa manière, certains vont de l’avant quand d’autres s’effondrent. J’ai trouvé cela très saisissant et bien pensé.

Le côté social du récit est aussi bien mené et nous fait aussi découvrir le cas d’enfants livrés à eux-mêmes et la réponse des autorités à ce mal qui touche beaucoup de foyers (ici au Royaume-Uni). Malgré la dureté de la situation, l’auteur garde toujours ce regard d’enfant tout en étant réaliste.

 

En conclusion, La bibliothèque des citrons est un livre intéressant avec des personnages attachants et réalistes qui traite de sujets difficiles grâce à un magnifique texte. Il est plutôt difficile de juger ce livre : bien qu’il soit destiné à un jeu public (pré-ado, ado), les thèmes abordés et le style de l’écrivain, simple mais profond, pourrait en rebuter certains mais reste accessible à tous les lecteurs. Cela reste avant tout une merveilleuse histoire sur l’amitié qui change un peu de la fantaisie, de la dystopie ou des romances contemporaines. Si vous cherchez un livre plus réaliste et simple à aborder, le livre de Jo Cotterill saura, j’en suis sûre, vous séduire.

Je ne le fais quasiment jamais mais je tenais à remercier chaleureusement les éditions Fleurus pour l’envoi de ce livre, qui fut pour moi un joli moment de lecture.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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