L'amour caché de Charlotte Brontë - Un roman biographique

27/04/2017

Titre : L ‘amour caché de Charlotte Brontë

Auteur : Jolien Janzing

Editeur : Archipel

Prix :  7,80€

Parution : Mars 2016

Nombre de pages : 306 pages

Genre : Littérature contemporaine, biographie

Résumé : En 1842, Charlotte et Emily Brontë qui ont alors autour de 25 ans, quittent le foyer austère où elles ont grandi pour Bruxelles. Elles vont y suivre des cours de français.
D’un naturel enjoué et curieux, Charlotte rêve de conquérir sa liberté. Sur place, elle et sa sœur font connaissance de Claire Heger, la directrice du pensionnat qui les héberge, et de Constantin, son époux, qui y est professeur de français. Très vite, Charlotte s’éprend de cet homme, qui pour elle représente le symbole de l’intelligence et de la virilité.

 

 

Cela fait longtemps déjà que j’ai dans ma pile à lire Jane Eyre de Charlotte Brontë et Les Hauts de Hurlevent de sa sœur Emily. Ce sont deux classiques de la littérature anglaise que j’ai très envie de lire et pourtant, je ne m’y suis pas encore mise. Alors quand j’ai vu cette biographie de Charlotte Brontë, je n’ai pas hésité.

J’ai beaucoup lutté contre mes bas instincts pendant la lecture de cette biographie : je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais à chaque fois que je lis une biographie, j’ai envie d’aller regarder si les faits collent, en comparant avec ce que je trouve en ligne. Ce qui est très bête puisque, forcément, je vais tomber sur des informations que je n’ai pas encore lues, et me gâcher une partie du plaisir. Cette fois-ci, j’ai tenu bon et je suis contente d’avoir réussi à résister pour découvrir le fin mot de l’histoire dans le roman et pas sur la page Wikipédia. Car, même si le titre du roman est assez mystérieux, l’amour de Charlotte Brontë pour Constantin Heger et les conséquences de celui-ci ne sont pas vraiment secrets et même plutôt assez connus, d’autant plus qu’apparemment Charlotte s’en est inspiré pour rédiger au moins deux de ses romans, à savoir Jane Eyre et Le Professeur. Je vous conseille donc de ne pas trop vous renseigner avant de lire cet ouvrage, parce que vous trouverez rapidement des informations basiques mais qui vous révéleront la fin du roman en quelques lignes, et à mon avis, le roman perdrait tout intérêt pour vous.

Comme vous pouvez le voir, j’ai bien apprécié ma lecture, même si j’ai été un peu déroutée par la longueur des phrases, notamment au début du roman. Il faut garder à l’esprit que l’auteur est hollandaise et que cette langue semble avoir une tendance à l’expansion comme beaucoup de langues germaniques, cela explique peut-être que j’ai mis un peu de temps à m’habituer à ce style.

J’ai beaucoup aimé découvrir l’ambiance de Bruxelles des années 1850, et j’ai apprécié que l’auteur prenne le temps de planter le décor de manière assez large, en mettant en scène le roi des belges, Léopold, ainsi que son épouse et sa maîtresse. On suit donc les sœurs Brontë, mais le roman nous plonge tout entier dans l’époque et dans ses codes, ses habitudes.

Le gros point noir au tableau, à mon sens, c’est la manière dont sont dépeintes les deux sœurs. Je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher aux personnages, et ce jusqu’à la fin du roman. Même si j’ai lu ailleurs qu’Emily Brontë avait un caractère plutôt difficile et que le temps passé à Bruxelles a été une souffrance pour elle, dans le roman, elle est décrite comme une pimbêche imbue de sa personne. Quant à Charlotte, là encore, le portait qu’en trace l’auteur ne m’a pas paru être à la hauteur de la personnalité que j’attendais. Charlotte est décrite comme une personne naïve et irréfléchie. Bien loin d’une artiste sensible, elle est dépeinte comme une adolescente incapable de prendre du recul sur la situation… Evidemment, je ne peux me targuer d’en savoir plus que l’auteur sur le caractère des sœurs Brontë, et je ne pense pas qu’il faille forcément améliorer la réalité lorsqu’on rédige une biographie. Cependant, j’ai eu l’impression que les sœurs manquaient réellement de profondeur et que les personnages n’étaient construits que par rapport à un trait de leur personnalité, ce qui m’a semblé plutôt dommage.

Enfin, même si le titre du roman annonçait la couleur, j’ai un peu regretté que l’intrigue n’insiste pas plus sur l’écriture de Charlotte et d’Emily Brontë. En effet, vu la particularité de leur parcours dans la littérature, j’aurais trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur la manière dont elles considéraient leur écriture, leurs habitudes pour rédiger, le travail effectué sur tel ou tel roman pendant le temps passé à Bruxelles,ou même un regard porté sur les œuvres qu’elles avaient déjà composées à cette époque. En effet, l’auteur reste très évasive à ce sujet et la littérature passe clairement bien après l’intrigue amoureuse.

Néanmoins, j’ai passé un bon moment pendant ce roman et j’ai d’autant plus envie de lire les œuvres des sœurs Brontë. Si je pense attendre que le temps soit un peu maussade pour me lancer dans les Hauts de Hurlevent (qui me semble devoir être lu pendant une tempête !), je crois que je ne tarderai plus à commencer Jane Eyre.

Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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