Les larmes de l’assassin – La maladie mentale est-elle un crime ?

06/04/2017

Titre : Les larmes de l’assassin

Auteur : Laurent Bettoni

Éditeur : Marabout

Prix : 19,90 €

Parution : 1 février 2017

Nombre de pages : 380 pages

Genre : Thriller

Résumé : Trois couples à bout de souffle tentent de surmonter leurs difficultés. Karine et Olivier s’empêtrent dans une crise conjugale qui les dévore lentement depuis des années. Patricia et Franck, victimes d’un drame personnel, voient leur vie basculer du jour au lendemain. Aurélie et Philippe, tous deux psychiatres, entretiennent une liaison adultère et ont bien du mal à envisager leur avenir amoureux.
 
Apparemment étrangers les uns aux autres, tous se croisent pourtant, s’entrechoquent et jouent un rôle crucial dans une affaire criminelle impliquant l’assassinat sauvage de quatre jeunes filles, en cinq semaines, dans le nord de Paris.
 
Le Parquet en confie alors l’enquête au commandant Vauquier, de la Brigade criminelle, qui se distingue par ses méthodes punitives et radicales.
 
Dans ce thriller psychologique aux allures de tragédie grecque, et face aux larmes de l’assassin, chacun devra répondre à la question : la maladie mentale est-elle un crime ?

 

 

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteur pour sa gentillesse et sa dédicace, ainsi que les éditions Marabout pour l’envoi de ce livre. « Les larmes de l’assassin » est le troisième roman écrit de la main de Laurent Bettoni que je lis, et il s’agit bien de l’un des rares auteurs que j’apprécie assez pour accepter de lire des romans qui prennent place en France (croyez-moi, ça veut dire que je l’apprécie beaucoup !). Et même si de ses trois romans, j’ai préféré les deux premiers que j’ai découverts à celui-ci, l’auteur parvient ici une fois de plus à exceller et à me transporter ailleurs avec un thriller psychologique de plus qui vient rejoindre sa bibliographie.

 

Nous faisons connaissance avec trois couples, qui n’ont à première vue rien en commun en dehors du fait qu’ils sont tous à la dérive. Adultère, perte d’appétit sexuel, accident, … Aucun de ces couples n’est épargné par les problèmes et chacune de ces relations est mise à rude épreuve. On pourrait réellement penser qu’aucun élément ne relie ces trois couples. Et pourtant… Parallèlement, nous suivons les pensées de l’auteur de quatre crimes perpétrés sur de jeunes femmes. Nous pensons connaître sa réelle identité, et pourtant là encore il n’en est rien… Le seul point commun observable entre ces couples et ce tueur ? La musique d’Erik Satie.

 

Comme à chaque fois que je lis un livre de Laurent Bettoni, j’ai été intriguée dès le départ. L’auteur nous propose ici une véritable réflexion sur un sujet d’actualité et bien précis : la maladie mentale. Quelle perception de la maladie mentale avons-nous aujourd’hui dans la société ? C’est plus particulièrement à travers l’opposition des points de vue de deux « institutions », la police et la médecine, que cette question est abordée. Nous sommes ici face à un roman somme toute troublant et perturbant. Il s’agit davantage d’un livre qui nous pousse à nous poser des questions plutôt que de juste exposer une simple histoire de meurtres. On en vient à se questionner sur nous-mêmes et à se demander ce qu’on aurait fait à la place de tel ou tel personnage. Ce roman invite donc à la réflexion et pose un vrai cas de conscience. Par ailleurs, l’auteur prend bien soin de ne porter de jugement à aucun moment, et de bien exposer tout l’éventail des réactions que l’on pourrait avoir face à cette situation.

 

Le parti pris de l’auteur est de nous « révéler » directement l’identité du meurtrier… Ou du moins, c’est ce qu’on croit. Du coup, on cherche plutôt à savoir de quelle manière tous les personnages sont reliés, on en oublie un peu le meurtrier et on est un peu surpris et pris au dépourvu au moment où on découvre de qui il s’agit. J’attendais dès le départ une révélation choc, et bien que ce fût en quelque sorte le cas, elle ne m’a toutefois pas assez surprise pour que ma lecture se transforme en coup de cœur.

 

L’écriture de l’auteur est fluide (malgré les nombreux personnages et des allers retours dans le temps qui peuvent perturber quelque peu la lecture au début) et pourtant loin d’être simpliste. Comme souvent, il nous propose des personnages qui ne tombent jamais dans le manichéisme, pas même le personnage du flic (en dehors peut-être de Raspail, qui semble être une véritable ordure du début à la fin). L’exemple le plus flagrant de non-manichéisme repose bien évidemment dans le personnage du tueur, mais je ne vous en dirai pas plus. Chacun des personnages principaux rencontre un problème, une fêlure dans sa vie et son quotidien qu’ils cherchent tous à faire disparaître. Chacun cherche la paix ou du moins un semblant de bonheur, quitte à devoir sacrifier certaines choses pour y arriver. La psychologie de tous ces personnages est vraiment bien approfondie et explorée, et cela explique en grande partie la longueur du livre. En ce qui me concerne, aucun des personnages de cette histoire n’est attachant, mais bizarrement, on apprécie de ne pas les aimer. C’est difficile à expliquer, mais à une ou deux exceptions près, nous sommes vraiment face à des personnages qu’on aime détester.

 

Au final, je conseille ce roman aux personnes qui aiment les lectures qui soulèvent des problématiques qui sont dans l’air du temps (bien que pas forcément positives, comme c’est le cas ici) et qui aiment qu’une lecture les fasse se questionner sur eux-mêmes. Quant à celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore Laurent Bettoni, il ne vous reste qu’une chose à faire : vous procurer l’un de ses romans et le lire au plus vite !

Petite universitaire belge âgée de 23 ans, je passe plus de temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries qu’à bosser mes cours. Egalement fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’ado. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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