Les mots d’Eden – Découverte du genre littéraire « slash »

20/04/2017

Titre : Les mots d’Eden

Auteur : Céline Etcheberry

Éditeur : Milady

Prix : 7,20 €

Parution : 27 janvier 2017

Nombre de pages : 480 pages

Genre : Romance, Homosexualité, Drame, Contemporain

Résumé : C’est la dernière année de lycée pour Eden – le point final à son adolescence orageuse dans une petite ville des États-Unis, coincé entre une mère fantasque et un père aussi richissime qu’absent. La suite de sa vie, il compte l’écrire ailleurs, loin de cet univers étriqué. Un univers soudain mis sens dessus dessous par la mort d’un autre élève, et par la détresse de son frère, qui bouleverse Eden. Mais comment pourrait-il s’y prendre pour approcher ce jeune homme, dans un milieu aussi réfractaire à toute forme de différence… ?

 

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Milady pour l’envoi de ce roman. Je n’avais encore jamais lu de romance « slash » (avec une relation amoureuse entre deux personnages du même sexe), et en tombant sur « Les mots d’Eden » je me suis dit pourquoi pas, ce sera justement l’occasion. Malheureusement, je ressors de cette lecture totalement déçue, voire même un peu écœurée… Explications !

 

« Les mots d’Eden » est en réalité une intégrale qui regroupe deux tomes, à savoir « Vers toi » et « Sans toi ». L’histoire nous est contée du point de vue d’Eden, un ado de 17 ans solitaire, perdu et mal dans sa peau. Ce dernier a certes grandi dans le luxe, mais aussi et surtout avec un manque d’affection, d’attention et d’amour flagrant entre un père absent et une mère atteinte de maladie mentale. Il ne rêve que d’une chose : être heureux enfin, et surtout quitter sa petite ville, Marble Falls, pour découvrir d’autres horizons. C’est justement cette année-là qu’il fait la rencontre de Damien, et que tout commence…

 

Comment vous dire à quel point j’ai ramé et ramé pour terminer ce livre… J’y suis tout de même parvenue, mais pas sans difficultés ! Le gros point noir de ce roman ? La plume de l’auteur. Pas facile de s’intéresser à l’histoire quand nous avons droit, certes à toutes les pensées du personnage principal, mais surtout à une absence quasi complète de dialogues pendant la plus grande partie de notre lecture. Il en ressort un récit déserté de toute fluidité, et qui devient vite très lourd à lire. De plus, le livre est bien trop long : presque 500 pages (format poche, ok, mais c’est réellement écrit tout petit…). Avec très peu de dialogues, c’est interminable… Même si ceux-ci se font plus nombreux en avançant dans l’histoire, ça reste largement insuffisant pour moi.

 

L’autre gros problème avec ce roman, c’est son personnage principal. À aucun moment je n’ai pu me prendre d’affection pour lui, ressentir de l’empathie ou encore compatir à ses malheurs (en dehors peut-être d’une ou deux scènes assez « violentes » dans le tome 1). Le problème étant que des malheurs, Eden en connaît beaucoup, et il ne semble jamais pouvoir trouver le bonheur. Malheureusement, l’auteur se repose bien trop sur cela et ça en devient fatiguant, elle ne compte que sur le fait que le lecteur s’apitoie sur le sort d’Eden et ça finit presque par devenir indigeste. Le seul moment où je me suis sentie proche de lui, c’est face à son envie de tomber amoureux et tout à la fois sa crainte de ne plus être libre si cela survenait.

En ce qui concerne les autres personnages, ils m’ont franchement laissée indifférente. Ils sont certes sympathiques, mais c’est tout. La seule qui sort quelque peu du lot est Pearl, que j’ai aimée pour son originalité et sa fraîcheur, mais qui malheureusement ne fait son apparition que tardivement dans l’histoire.

 

En commençant ce roman, je m’attendais à y trouver une histoire d’amour qui me transporterait. C’était la première fois que je lisais un roman avec un personnage principal homo, et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Quelle ne fut pas ma déception en découvrant les choix de l’auteur au fur et à mesure de ma lecture… Encore une fois, le problème vient du personnage principal. Eden croise un nombre important de personnages masculins, et il semble ne penser qu’à une chose : le sexe. On a d’ailleurs l’impression qu’au final il couche un peu avec tout le monde. Il est totalement paumé et naïf, et du coup il fait n’importe quoi avec n’importe qui… Et j’ai trouvé ça très dérangeant. À cause de cela, même l’histoire d’amour « principale » en devient peu crédible et dénaturée.  

 

À côté de tout ça, j’ai tout de même apprécié certaines choses. Tout d’abord, même si certains s’y attendront sûrement, il y a un retournement de situation qui survient dans les 100 dernières pages, et ça a permis de capter mon attention. En ce qui me concerne, je ne m’attendais pas vraiment à cela et j’ai donc réellement été surprise. Ensuite, j’ai beaucoup aimé que l’histoire prenne place au cours de l’année 1999. Ce n’est précisé à aucun moment, mais on ne peut se tromper : les références à la sortie au ciné de Star Wars – La Menace Fantôme ou encore de Coup de foudre à Notting Hill, le « Hours Tour » de David Bowie, … sont autant de clins d’œil à cette année-là (je déplore tout de même que l’auteur n’ait pas davantage exploité ce filon relié à l’année). Enfin, j’ai également apprécié que des scènes de sexe explicites mais pas vulgaires soient présentes dans le roman.

 

En résumé, si comme moi vous vous attendez à lire une superbe histoire d’amour rédigée par une plume fluide, je vous dirai juste une chose : passez votre chemin. En ce qui me concerne, je pense que « Les mots d’Eden » restera ma seule expérience de lecture de cet auteur.

Petite universitaire belge âgée de 24 ans, je passe plus de temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries qu’à bosser mes cours. Egalement fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’ado. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
3 I like it
0 I don't like it

One Comment

  1. merci pour ta chronique. il faisait parti de ma wish list. Je crois que je vais le retirer. Je suis quasi sûr de ne pas aimé au vu de ce que tu dis.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *