Loin de la violence des hommes - Un bon potentiel malheureusement mal exploité...

02/04/2017

 

Titre : Loin de la violence des hommes

Auteur : John Vigna 

Éditeur : Albin Michel

Prix : 22,00 €

Parution : 8 février 2017

Nombre de pages : 256 pages

Genre : Contemporain/Nouvelles

Résumé : Avec ce premier recueil de nouvelles, le jeune auteur canadien John Vigna dresse un portrait bouleversant de la condition humaine dans un monde où la brutalité prend le pas sur la raison et où les mauvaises décisions partent toujours d’une bonne intention. Saisis dans leur rôle de mari, d’amant, de père ou de frère, ses personnages poursuivent sans relâche leur quête d’un bonheur incertain.

Doué d’une empathie sans failles pour ces héros du quotidien, John Vigna instille de la beauté et du mystère dans des existences qui pourraient sembler banales ou ordinaires, et il s’impose comme une vraie découverte littéraire.

 

Je remercie les éditions Albin Michel pour leur envoi. 

Le format « nouvelles » m’a immédiatement attiré car j’aime en lire de temps en temps (surtout entre deux gros romans), mais il est également vrai que je deviens vite exigeant car selon moi c’est un exercice difficile. A mon avis c’est plus compliqué de convaincre avec 30 pages qu’avec 300 et il est donc évident que tous les auteurs n’en sont pas capables. John Vigna m’a agréablement surpris avec sa plume fluide et l’efficacité de ses mots, en revanche je pense qu’il s’en serait mieux sorti s’il avait écrit un roman. 

Au travers des huit nouvelles qui composent ce recueil, l’auteur nous plonge au coeur de la condition humaine et de ces hommes qui doivent jongler entre problèmes sociétaux et soucis familiaux. Nous n’avons aucune indication du temps ou de l’espace (bien que je suppose que les histoires se déroulent à notre époque, dans le nord des États-Unis et/ou au Canada) mais j’ai trouvé que le rôle de la femme était vraiment relégué au second plan. En gros, elle fait à manger, s’occupe de la maison et satisfait les besoins de son homme (qui en plus ne se gêne pas pour la tromper). Je pense qu’il ne faut pas être catégorique et donc se dire que c’est un message que John Vigna veut faire passer, une situation qu’il souhaite peut-être dénoncer mais j’avoue que sur le coup ça m’a un peu chiffonné. 

Je ne peux pas revenir en détails sur les huit nouvelles mais sachez que j’ai globalement apprécié l’intrigue de chacune. Elles m’ont toutes surpris à un moment ou un autre même si je les ai toutes trouvées un poil trop dramatiques. J’ai eu l’impression que les protagonistes croulaient littéralement sous toutes les misères du monde ! Il n’y avait pas une once d’espoir la plupart du temps et ça m’a un peu dérangé dans la mesure où rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. 

Le point fort de l’auteur est de donner l’impression d’assister à la scène tellement ses descriptions sont réalistes. Plus d’une fois j’ai eu l’impression d’être témoin de ce qui se passait, ce qui est une véritable prouesse de la part d’un écrivain. Le style de John Vigna est travaillé tout en restant agréable à lire. Les phrases sont percutantes et le « format nouvelles » a cet avantage d’aller toujours à l’essentiel sans s’attarder sur des détails inutiles. Néanmoins, j’aurais aimé avoir plus de réponses à certains moments. Parfois, c’était comme si je lisais un thriller mais qu’on ne me donnait pas le nom du meurtrier à la fin, vous comprenez donc ma frustration.

Globalement, j’ai apprécié ma/mes lecture(s), notamment parce que John Vigna m’a fait voyager dans des contrées que je ne connaissais pas. En revanche, je pense que l’auteur gagnerait à étoffer ses nouvelles afin d’en faire des romans plus aboutis et travaillés, avec des « vraies » fins. 

Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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