Miniaturiste - Une envoûtante aventure...

21/04/2017

TitreMiniaturiste

Auteur : Jessie Burton  

Éditeur : Folio

Prix : 8,20 €

Parution : 2 mars 2017

Nombre de pages : 528 pages

Genre : Contemporain

Résumé : Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, riche marchand, il vit dans une opulente demeure entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. Johannes offre à son épouse une maison de poupée représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de mettre peu à peu au jour de dangereux secrets… S’inspirant d’une maison de poupée exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman haletant, et dessine le portrait d’une femme résolument moderne, déterminée à affirmer son existence dans un monde hostile, où la rigueur morale le dispute à l’intransigeance religieuse.

 

Miniaturiste m’intriguait depuis que Cassandra de la chaîne et du blog Croque les Mots en avait parlé il y a quelques mois, et je remercie donc les éditions Folio de m’avoir permis de découvrir ce roman qui m’a laissé une impression sans précédent…

Dès les premières lignes, j’ai été happé par l’ambiance si particulière qu’a su créer Jessie Burton et transporté, au fil des pages, dans un Amsterdam du 17ème siècle aussi fascinant que dérangeant. La force principale de ce roman réside en l’atmosphère qui s’en dégage, à la fois mystérieuse et oppressante. Une chose est sûre, Miniaturiste ne va pas vous laisser indifférent ! 

Mais commençons par le commencement. Tout au long du récit, nous allons suivre Nella (diminutif de Petronella), une jeune femme d’à peine dix-huit ans qui, tout droit venue de la campagne hollandaise, débarque à la capitale. Il y a peu, elle a été mariée à un riche marchand dont pourtant, elle ignore tout ou presque. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est l’immersion totale qu’on vit à travers Nella qui découvre pour la première fois la vie et les coutumes d’Amsterdam dans un cadre, d’apparence seulement, idyllique.
Nella m’a tout de suite charmé par son caractère rebelle et fragile à la fois car même si elle se plie à certaines règles, elle n’a pas peur d’élever la voix lorsqu’elle en ressent le besoin (au plus grand désespoir de certains). 
Je ne vais pas revenir en détails sur chaque personnage (de peur de trop en dévoiler) mais sachez que tous ont une importance et que l’auteur a su s’éloigner des stéréotypes en construisant des psychologies complexes et étudiées. 

Je dois avouer que je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de romans et je ne savais donc pas vraiment à quoi m’attendre en l’entamant. J’ai par conséquent été agréablement surpris de découvrir au fil des pages une intrigue solide avec de nombreuses péripéties, des révélations surprenantes et des rebondissements inattendus. Jessie Burton maîtrise le suspense à la perfection puisqu’elle sait exactement quand introduire des réponses qui feront naître encore plus de questions chez son lecteur.  
Si je n’ai pas eu le coup de cœur, c’est peut-être justement parce qu’on n’a pas toutes les réponses à nos interrogations à la fin du roman. Je sais que certains apprécient de rester parfois dans le flou mais pour ma part, c’est quelque chose qui a tendance à me déranger (surtout lorsque cela concerne des points importants comme c’est le cas ici). 

Pour en revenir à l’intrigue, Miniaturiste porte bien son nom car c’est autour de ce fameux protagoniste que va s’épaissir le mystère durant tout le récit. Je ne vais pas trop en dire afin de vous laisser la possibilité de le découvrir par vous-mêmes mais sachez que j’ai été très surpris par la tournure qu’ont pris les événements à partir d’un certain moment. Je ressors d’ailleurs particulièrement frustré de ma lecture car ma curiosité n’a pas été totalement assouvie… 

Enfin, j’aimerais aborder le style de l’auteur qui, d’une part, rend l’immersion quasi immédiate grâce à des descriptions très visuelles et, de l’autre, fait passer le lecteur par plein d’émotions tout au long de la narration. Le ton général reste assez mélancolique mais l’auteur ne tombe jamais dans le pathos, retranscrivant simplement des émotions parfaitement humaines. Je pense qu’il s’agit là d’un roman qui fait véritablement réfléchir car il aborde des thèmes très actuels (tels que l’acceptation de soi, l’ouverture d’esprit, etc.) de façon choquante et provocante. Plus d’une fois je me suis dit « c’est pas normal » et puis, dans la foulée, « en fait, trois cent ans plus tard, ça n’a pas vraiment changé »…

Je vous conseille donc chaudement de découvrir la plume de Jessie Burton qui vous fera non seulement voyager dans un pays et une époque différents, mais surtout remettra en question votre vision du monde tout en vous plongeant au cœur d’une intrigue palpitante. 

Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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