Les Puissants Tome 1 : Esclaves - Une bonne intrigue mais peut mieux faire

10/05/2017

Titre : Les puissants – Tome 1 : Esclaves

Auteur : Vic James

Éditeur : Nathan

Prix : 17,95 €

Parution : 4 mai 2017

Nombre de pages : 440 pages

Genre : Young Adult, Romance, Fantasy, dystopie

Résumé : Dans le jeu du pouvoir, chacun risque sa vie. Dans une Angleterre alternative, chacun doit donner 10 ans de sa vie en esclavage. Seuls quelques privilégiés, les Égaux, riches aristocrates aux pouvoirs surnaturels, restent libres et gouvernent le pays. Abi, 18 ans, et son frère Luke, 16 ans, voient leur destin bouleversé quand leurs parents décident de partir tous ensemble accomplir leurs jours d’esclavage. Abi devient domestique au service de la puissante famille Jardine. Le somptueux décor dans lequel elle évolue dissimule en réalité de terribles dangers, car chez les Égaux, les luttes de pouvoir sont sans pitié. Et lorsqu’elle tombe amoureuse d’un de ses maîtres, c’est sa vie même qui est en péril… Luke, quant à lui, a été exilé dans la ville industrielle de Millmoor. Dans un environnement brutal et pollué, il s’épuise à la tâche. Cependant, d’autres, comme lui, partagent ses idéaux de liberté. Il découvre alors qu’il existe un pouvoir bien plus grand que la magie : la rébellion.

 

Aujourd’hui, la France célèbre la « Journée commémorative de l’abolition de l’esclavage ». Une journée importante pour ne pas oublier qu’une vie humaine quelle qu’elle soit n’a pas de prix et qu’elle a le droit de jouir de la liberté. L’occasion pour moi de vous parler d’un bouquin, comme toujours. Alors fermez les yeux et imaginez. Imaginez que l’esclavage existe toujours (d’ailleurs il existe toujours mais ça, c’est une autre histoire) parce que des individus aux capacités incroyables ont trouvé le moyen d’asservir l’intégralité de la population dépourvue de ce pouvoir. Effrayant, non ? Et bien c’est le postulat de départ du  roman de Vic James, Les Puissants – Tome 1 : Esclaves. Et croyez-moi, vous serez bien heureux de ne pas connaitre les joies de l’asservissement.

 

Avant tout chose, replaçons le contexte de l’intrigue. Nous sommes au 21ème siècle dans une Angleterre alternative, mais semblable en plusieurs points à la nôtre. Les « Egaux », sortes de mutants au pouvoir extraordinaire appelé « Don », dirigent en maîtres la Grande-Bretagne. Pour affirmer leur supériorité sur le reste du peuple, ces derniers ont instauré une forme de service « civique » obligatoire réservé uniquement aux gens dépourvus de Don : les jours d’esclavage. Dans la crainte de devoir passer 10 ans en esclavage dans des villes industrielles où l’on se tue à la tâche, les citoyens repoussent le plus longtemps possible cette échéance. Mais pour la famille Hadley, le souci est ailleurs. Ils désirent plus que tout éviter d’atterrir à Millmoor, l’une des villes industrielles les plus horribles de l’île, mais surtout rester ensemble. Mais rien ne se passe comme ils l’avaient prévu. Luke, leur jeune fils, est transféré dans la terrible ville aux esclaves alors qu’Abi, leur aînée, est assignée au service de Keystone, le domaine des Jardines, la plus puissante famille des Egaux. Chacun de leur côté, ils vont être confrontés à un univers où luttes de pouvoir, complots et rébellion sont la clé de leur liberté.

 

En entamant la lecture de ce livre, je m’attendais à une intrigue dystopique banale dans laquelle de jeune gens se battraient pour se libérer du joug de leurs oppresseurs. Je m’attendais à beaucoup d’injustice, de moments difficiles voire insoutenables, mais avec Les puissants, je suis restée sur ma faim. Alors je vous rassure, c’est une bonne fiction, l’auteur gère très bien l’évolution de son histoire et introduit des personnages très intéressants à suivre, mais cela manquait de vraisemblance surtout quand on aborde un sujet comme la hiérarchisation et l’asservissement des individus. D’autres l’ont déjà fait (Entre chiens et loups, Hunger Games, Divergente, …) mais ici et surtout pour un tome introductif, je n’ai pas trouvé cela percutant. Déjà, dès le début le lecteur aura du mal à se situer dans le temps. Sommes-nous dans une histoire qui se déroule au 18ème, 19ème siècle ou contemporaine à la nôtre ? Parce que pendant les 100 premières pages, je n’arrivais pas à me projeter dans cette Angleterre alternative. Je jonglais entre univers steampunk, victorien ou de nos jours. Malgré les quelques éléments présents (motos, musique pop chinoise, voitures), je pense qu’un peu plus d’indices ou de précision auraient été les bienvenus. En revanche, j’ai apprécié la construction historique de cet univers et la manière dont l’auteur donne des détails sur les Egaux et leur rôle au sein de cette société injuste. Et surtout, cette société est à l’image de la Grande-Bretagne ; l’auteur est restée cohérente en diversifiant les origines ethniques des personnages, que ce soit chez les Egaux ou les autres.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Abi et Luke ne sont pas les personnages les plus importants. C’est plus un récit choral où plusieurs personnages racontent l’histoire selon leur point de vue, mais là encore j’ai eu un petit souci. La narration de l’intrigue est partagée par 7 personnages, dont deux n’interviennent qu’une seule fois, pour des raisons pratiques à l’avancée de l’intrigue et pour faire en sorte que le lecteur saisisse tous les enjeux importants du tome. Mais l’effet pervers de cette manière de raconter fait qu’on ne s’attache pas suffisamment à certains personnages pour éprouver de l’empathie ou même se reconnaître en eux ou dans la cause qu’ils défendent. C’est en particulier le cas d’Abi, dont je ne garde aucun souvenir marquant, contrairement à Luke qui lui est beaucoup plus exploré.

En parlant des personnages, Vic James n’est pas tombée dans le piège des gentils héros et des méchants ennemis. Si Abi et Luke restent des héros classiques, les frères Jardine ont des personnalités et des objectifs difficiles à cerner. Le lecteur ira de surprise en surprise, notamment concernant le comportement de Gavar, l’héritier de la famille, à l’égard de certaines personnes, ou la relation qu’il entretient avec son père. Quant à Silyen, le benjamin de la fratrie, il reste un mystère jusqu’à la fin ; ses manigances et ses objectifs restent flous. Mais c’est un des personnages que j’ai le plus aimé suivre. Il y a de nombreux autres personnages plus secondaires mais qui ont un profil intéressant que j’espère voir plus exploités dans les tomes suivants. La romance développée dans le livre ne m’a pas vraiment convaincue, d’ailleurs elle n’est pas très subtilement introduite, ce qui est dommage car elle a du potentiel elle aussi.

 

Côté écriture, c’est un style plutôt classique et donc abordable pour tous. L’auteur attache beaucoup d’importance à la description de certains lieux, notamment le domaine des Jardine. Keystone est un lieu de pouvoir avec une grande histoire, elle est teintée de mystère presque vivant, c’est un personnage à part entière du récit. Le côté aristocrate ou noblesse nous fait rentrer dans une atmosphère particulière, où passé et présent se mêlent. Par contre, j’ai le sentiment que l’auteur s’est bien lâchée pour le choix des prénoms, c’est tellement original qu’il vous sera difficile de les oublier et même de les prononcer. L’action se focalise essentiellement sur le domaine Keystone, Londres et Millmoor. La progression et l’évolution des enjeux met un certain temps à se mettre en place (pas trop non plus) mais le dénouement est un véritable raz-de-marée rempli de retournements de situation inattendus.

 

En conclusion, si vous êtes adeptes des ragots, complots et luttes de pouvoir sans prise de tête, Les puissants – Tome 1 : Esclaves est fait pour vous. Vous y découvrirez des personnages intriguants avec des personnalités fantasques qui cachent bien leur jeu ou des héros, plus ou moins attachants, prêts à l’impossible pour vivre libres. Le côté fantastique et surnaturel, contrairement aux actions politiques, n’est pas central au récit et mériterait un peu plus de précision (surtout pour le Don) pour la suite. C’est un bouquin qui pose beaucoup de questions sur l’humanité, la relation maître/esclave et surtout la liberté. J’ai passé un bon moment avec ce livre et j’espère que le tome suivant sera tout aussi intéressant, si ce n’est meilleur. Je terminerai par une réflexion que le livre m’a inspirée et que j’ai très souvent constatée quand ce genre de sujet est abordé : les germes de la liberté et de la révolte ne surgissent pas toujours là où on s’attend à les voir ; souvenez-vous que très souvent les apparences sont trompeuses.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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