L'histoire de la Bête - Où est passée la magie du conte?

13/05/2017

 

Titre : L’histoire de la Bête 

Auteur : Serena Valentino 

Éditeur : Hachette 

Prix : 13,90€ 

Parution : 1er mars 2017

Nombre de pages : 192

Genre : Jeunesse

Résumé: C’est une histoire vieille comme le monde : celle d’un prince cruel transformé en Bête. Et celle d’une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l’amour qu’il ressent pour elle. Puis ils se marient et eurent beaucoup d’enfants. Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu’importe ce que l’on a pu dire ou écrire, une seule question demeure : qu’est-ce qui a changé le prince en la Bête que l’on connaît ?

 

Je remercie les éditions Hachette pour l’envoi de ce roman. 

Grande fan du conte de la Belle et la Bête et de l’univers Disney, j’ai immédiatement sauté sur ce roman entièrement consacré à l’histoire de la Bête dont les deux adaptations réalisées par Disney (la dernière est sortie sur grand écran au mois de mars dernier) laissaient déjà entrevoir plusieurs éléments nous permettant d’imaginer ce qui avait amené ce prince à subir cette terrible punition. Ainsi, j’espérais en apprendre davantage sur son passé et sur les premières années vécues dans la peau de cette version sauvage et animale de l’homme qu’il était. Cette lecture s’est malheureusement révélée décevante et je vais tâcher d’expliquer pourquoi de manière objective.

Tout d’abord, le roman reste très attaché à la version de Disney. On retrouve les personnages emblématiques que sont Mrs Samovar, Lumière, Big Ben mais également Gaston. Rien de mal à cela. Sauf que l’auteur s’est également permis de nombreuses prises de liberté en introduisant de nouveaux personnages qui viennent changer la trame narrative originale, point qui m’a pas mal dérangée. Exit l’enchanteresse, cette dernière s’efface au profit de trois sœurs mystérieuses qui ont jeté un sort sur le prince et ses serviteurs. J’ai noté que l’auteur avait repris certains éléments de la mythologie grecque et ces personnages me font penser aux parques. Cette référence culturelle m’avait agréablement surprise mais j’ai rapidement déchanté en poursuivant ma lecture. 

Il s’agit certes d’une oeuvre jeunesse mais j’ai trouvé certains personnages particulièrement niais et sans grand intérêt. La trame narrative est maladroite, la Bête manque de profondeur et on a du mal à éprouver de l’empathie pour lui car il reste très plat. Moi qui étais ravie de pouvoir aborder l’histoire de son point de vue, je me suis au final plutôt ennuyée. 

Jusqu’à présent, je n’avais lu aucune version moderne de la Belle et la Bête et j’ai été pas mal refroidie par celle-ci qui confirme mon sentiment qu’on devrait manier des contes aussi emblématiques et aimés que celui-ci avec beaucoup de précaution. Au final, ce que je vois dans ce roman, c’est une opération marketing visant à développer l’univers autour du film, sans grand soucis de produire une histoire cohérente et de qualité. C’est dommage. 

Cependant, je tiens à préciser que je ne suis pas exactement le public visé. Il s’agit d’une oeuvre jeunesse qui pourra très certainement plaire aux 10-13 ans et ça peut rester une lecture agréable dès lors qu’on arrive à se détacher de la première version de l’histoire développée par Disney. 

Je suis un renard perdu dans le vaste univers qu’est internet. Grâce aux films et à la lecture je vis plusieurs vies en unes mais dans celle de tous les jours je suis une jeune étudiante en lettres modernes qui se destine à être professeur. J’aime les aventures qui se vivent du fond de son fauteuil ou devant un écran mais ça ne m’empêche pas d’être avide de découvertes.
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