Controverse : Jean Sola, ou le traducteur polémique du Trône de Fer

12/02/2013

 Il y a quelques temps, je vous proposais une critique Trône de Fer, Tome 1, dont je venais tout juste d’achever la lecture (ici), et que je concluais par : «Il s’agit d’un livre très difficilement abordable.». En effet, le niveau de langue est très élevé et demande d’avoir de bonnes bases en vocabulaire et en syntaxe pour s’y sentir à l’aise.

 

 

Et puis, certaines personnes, bilingues, ont réagi à mon article en m’assurant que ce style, cette lourdeur tenait entièrement à la version française, et que la version originale était beaucoup plus facile à lire. J’ai été un peu interloquée.  En parcourant un peu le web, je me suis rendue compte qu’il n’y a pas que moi qui se pose des questions et que les fans sont partagés sur le sujet. La traduction, et vous le savez peut-être déjà, est assez controversée.

 

 

La traduction est-elle si mauvaise ? Dénature-t-elle l’histoire d’origine ? Pourquoi tant de polémique ? J’ai voulu en savoir plus. J’ai donc fait des recherches.

 

Je me suis tout d’abord intéressée au traducteur. Le roman est sorti aux USA en 1996 et traduit en France en 1998 par Jean Sola, un angliciste. Il est le seul à avoir produit une traduction française à ce jour.

 

Parmi le nombre incalculable d’articles sur le sujet, j’ai pu comprendre que la traduction de certains mots clefs de l’histoire a été assez contestée (et contestable). Je ne prendre qu’un seul exemple : le loup-Garou.

 

C’est sous ce terme là que les animaux de compagnies des enfants Stark nous sont présentés dans la traduction française. Or, dans la version originale, il s’agit de Direwolf, et vous avez pu le constater, point de transformation à la pleine lune dans Le Trône de Fer. On se rend compte que la description des loups des Stark fait en réalité référence à un mélange de canis dirus, un loup préhistorique d’Amérique du Nord (plus gros que le loup gris), de Warg (aussi connu chez Tolkien) et à d’autres grands loups non métamorphes des légendes nordiques pour l’adapter au Nord de Westeros. Rien à voir, donc, avec un loup-garou tel qu’on le connait actuellement.

 

Lors d’une interview donnée par La Garde de Nuit à Jean Sola, une question sur ce choix lui a été posée. Voici sa réponse : « Faute de mieux. Et parce que le roman se déroule dans une société hors du temps et des références habituelles. ». (Vous pouvez retrouver le reste de l’interview ici.) Convaincu par le choix du traducteur ? Moi, pas tellement … Et ce n’est pas le seul mot qui fait polémique. Passons.

J’ai pu aussi comprendre que le style de George R.R. Martin est globalement qualifié de sobre, ce qui ne correspond pas du tout à la traduction de Jean Sola. Par acquis de conscience, et parce que j’aime me faire une opinion par moi-même, j’ai voulu jeter un coup d’œil au texte original. Pour m’aider dans ma démarche, j’ai confronté les deux premiers paragraphes du premier chapitre du tome 1 :

 

Texte original

The morning had dawned clear and cold, with a crispness that hinted at the end of summer. They set forth at daybreak to see a man beheaded, twenty in all, and Bran rode among them, nervous with excitement. This was the first time he had been deemed old enough to go with his lord father and his brothers to see the king’s justice done. It was the ninth year of summer, and the seventh of Bran’s life.

The man had been taken outside a small holdfast in the hills. Robb thought he was a wildling, his sword sworn to Mance Rayder, the Kingbeyond-the-Wall. It made Bran’s skin prickle to think of it. He remembered the hearth tales Old Nan told them. The wildlings were cruel men, she said, slavers and slayers and thieves. They consorted with giants and ghouls, stole girl children in the dead of night, and drank blood from polished horns. And their women lay with the Others in the Long Night to sire terrible half-human children.

Traduction de Jean Sola

Dès l’aube, alors qu’ils se mettaient en route pour assister à l’exécution, un petit froid limpide et sec leur avait dénoncé la fin prochaine de l’été. Ils étaient vingt, et Bran exultait de se trouver des leurs pour la première fois. Enfin, on l’avait jugé d’âge à accompagner le seigneur son père et ses frères et à contempler la justice du roi ! En cette neuvième année d’été, il avait sept ans révolus.

A en croire Robb, l’homme qu’on venait de tirer de la petite forteresse nichée au creux des collines était l’un des sauvageons inféodés à Mance Rayder, roi de l’au-delà du Mur. Et leur seule évocation rappelait à Bran tant de contes narrés au coin du feu par Vieille Nan qu’il en avait la chair de poule. Elle les disait si cruels… Des faiseurs d’esclaves, des pillards, des égorgeurs. Qui, acoquinés avec géants et goules, enlevaient les petites filles, au plus noir des nuits, trinquaient avec des cornes emplies de sang. Pendant que leurs femmes forniquaient avec les Autres, là-bas, dans les ténèbres sempiternelles, et en concevaient des monstres à demi humains.

 

Je n’ai eu aucun mal à comprendre ces deux premiers paragraphes en anglais, malgré mon niveau moyen et mon cruel manque de vocabulaire. Les phrases sont simples, structurées, plutôt courtes, exprimant une seule idée à la fois. Au vue de la traduction, je m’attendais à beaucoup plus dur que ça …

 

La différence de longueur n’est pas un élément probant, le français met toujours beaucoup plus de mots que l’anglais pour exprimer la même chose. Mais ce qui me frappe, c’est l’amalgame de phrases que fait le traducteur. Jean Sola prend plusieurs phrases, ou morceaux de phrases, pour en faire une seule beaucoup plus longue, dans laquelle les propositions s’entremêlent. Je trouve que cela rend la lecture beaucoup plus complexe.

 

 

Si la traduction devait totalement coller au texte d’origine pour les deux premières phrases, cela donnerai quelque chose comme ça, pour les deux premières phrases uniquement :

 

Traduction littérale, au plus proche du texte

Le jour s’était levé clair et froid, dans un éclat qui laissait voir la fin de l’été. Ils avançaient dans l’aube pour voir un homme se faire décapité, vingt en tout, et Bran chevauchait parmi eux, nerveux d’excitation.

Traduction de Jean Sola

Dès l’aube, alors qu’ils se mettaient en route pour assister à l’exécution, un petit froid limpide et sec leur avait dénoncé la fin prochaine de l’été. Ils étaient vingt, et Bran exultait de se trouver des leurs pour la première fois.

 

De même, je trouve que les termes manquent de précision pour certains et sont trop poussés pour d’autres dans la traduction: « to see a man beheaded », (pour voir un homme se faire décapiter), devient « pour assister à l’exécution » et « to see the king’s justice done » (pour voir se faire la justice du roi) devient « contempler la justice du roi ». Certes ce sont des détails, mais je pense que répétées tout au long du texte, ces modifications peuvent, non pas être gênantes dans la compréhension du texte, mais fatigantes à la lecture.

 

 

Après se pose la question de l’esthétisme qu’on veut donner au texte. La traduction littérale est plus simple, mais moins poétique, moins jolie, quoique … Jean Sola a clairement élevé volontairement le niveau de langue et voulu donner un autre visage au texte de George R.R. Martin, c’est un parti pris, comme pour toute traduction d’ailleurs je pense. Doit-on l’en blâmer ? Aurait-il dû être plus modéré dans  son interprétation du texte ? Chacun pèsera le pour et le contre, et se fera sa propre opinion sur le sujet.

 

Quoi qu’il en soit, le travail de Jean Sola est aujourd’hui terminé puisque Pygmalion a déclaré en mars 2011 que ce sera désormais Patrick Marcel qui reprendrait le flambeau de la traduction du Trône de Fer pour les tomes à venir.

Illustrations : Marc Simonetti, John Picacio, Gary Jamroz.

 

 
 
Dévoreuse de livres, TV Show addict, cinéphile, geekette, …
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89 Comments

  1. Oww tu m'apprends quelque chose !! Et je crois que je suis totalement contre ! Je crois qu'un traducteur se doit de garder le ton de l'auteur. Mince alors, c'est lui qui écrit un livre de dingue et y'a le traducteur qui veut y mettre son empreinte... Justement, après avoir vu la série, j'ai voulu lire les livres : J'ADORE lire ! Sauf que là j'ai totalement laché l'affaire, c'est long, c'est chiant, Il n'y a pas de pep's dans la narration... Je croyais vraiment que c'était l'auteur qui était aussi pète cul dans son style d'écriture ! Mais tu me rassures : un auteur aussi génial, qui met autant de coeur dans l'adaptation de ses livres en série, qui limite a les larmes aux yeux en disant qu'il aurait aimé avoir plus de moyens pour que son histoire soit comme elle était dans son esprit... Un passionné ! Je peux enfin dormir sur mes deux oreilles ! Par contre je vais quand même devoir me taper la lecture des livres si je veux voir à quoi ressemble ensuite la traduction du prochain Patrick Marcel :)

    • Je suis plutôt contre moi aussi. Ça gâche un peu l'univers qu'à voulu créer George Martin. Le coté médiéval est très accentué dans la traduction et avec la modification de certains termes importants du livre, comme le loup-garou, je trouve qu'on a à faire à un tout autre paysage littéraire. C'est tellement dommage d'avoir occulté la version originale comme ça ...

      Et c'est vrai que ça va être très long pour aller jusqu'à la traduction de Patrick Marcel. Il y a 12 tomes à se farcir ... ^^ Je ne sais pas du tout ce que ça va donner avec un nouveau traducteur, mais j'ai hâte de pouvoir les comparer. :D

    • Au niveau de la terminologie, je ne suis pas sure que le nouveau traducteur change des termes déjà utilisé au risque d’embrouiller le lecteur.
      en revanche pour ce qui est du style tout est possible.

    • Personnalement j'aime beaucoup le style de ce traducteur; je trouve qu'on est beaucoup mieux dans l'ambiance que pour le nouveau traducteur. Après, on peut blamer Sola pour quelques mots : Loup-Garou pour Direwold, Seiche pour Kraken... Mais n'oublions pas les traductions qu'il a réussit ! Vivesaigues pour Riverrun, Peyredragon pour Dragonstonne (qui sonne beaucoup mieux en français que Dragonpierre, non?) Lancehélion pour Sunspear... Cet auteur a réussit a francisé la plupart de ces noms et a réussit à les rendre armonieux à l'écoute. Après, oui, il y a eu quelques (gros) ratage comme Loup-Garou (Direwolf) ce en quoi Patrick Marcel préfère Loup Géant (qui est mieux) mais n'oublions pas non plus ses nombreuses réussites. J'aime bien le Trône de Fer entre autre pour son style recherché. Je ne regrette donc pas ce traducteur, loin de là.

    • bonjour; quand je me suis procuré le bucher d'un roi, traduit par Mr marcel, j'ai relu les 3 tomes précedents pour me remettre dans l'histoire. Le "festin" terminé, je me jette sur la suite, et là, franchement, le soufflé retombe....! Oui, avec Mr Sola, il fallait parfois relire une phrase de ci de la pour bien en capter le sens, mais quelle richesse de ton! quel vocabulaire! On est dedans! Comment peut-on dire que sa traduction nuit au trone de fer, ou ne respecte pas son auteur ? Je verrais plus son travail comme une belle collaboration, voire une sublimation de l'oeuvre de Mr Martin. Sauf le respect dû à Mr Marcel, j'ai l'impression d'être passé d'une superproduction à un feuilleton français; toute l'épaisseur a disparu.. Jeremie, dans son message du 19 Mai, a bien résumé le truc en mettant l'accent sur la volonté pour la majorité d' aller au plus simple, et pas pour le meilleur.... Enfin, en ce qui concerne la traduction controversée de certains mots, il n'y a pas de quoi crier au loup.

    • @Firefoux

      Même chose.

      J'ai voulu me mettre à la lecture des livres en français, j'ai lâché l'affaire dès les premiers chapitres, tant le style était pesant, trop ampoulé, et surtout parsemé d'incohérences et de monstruosités par rapport à ce que je savais de cet univers (ayant connu cette œuvre grâce à la série de HBO).

      Je la lis depuis en anglais, et il m'apparait évident maintenant que le travail de Jean Sola, en plus d'être lourd et mauvais, est proprement scandaleux d'un point de vue éthique.
      Plutôt que de faire un véritable travail de traducteur (avec un style qui lui est propre, ce qui est normal et compréhensible), il a manifestement eu la prétention de modifier le contenu de l’œuvre à travers sa traduction, allant jusqu'à prétendre "corriger" le texte lorsqu'il le jugeait nécessaire (cf. une interview que j'ai lue de lui).
      Sans surprise, le résultat, en plus de ne pas respecter la lettre et l'âme de l’œuvre originale, de la dénaturer, est à pleurer de médiocrité.

      Ne le connaissant pas et ne connaissant pas ses autres travaux, je ne veux pas lui faire de procès d'intention, mais très honnêtement, pour moi, ça pue l'écrivain raté, sûr de son fait et imbu de sa personne.

    • Pour compléter mon propos, lorsque je lis ce genre de chose :

      "Il m’arrive en revanche de déplacer un paragraphe pour lui donner sa place logique, éviter un doublet, rectifier une contradiction, etc."

      ... je suis consterné qu'un tel individu puisse se déclarer traducteur professionnel et qu'il en vive, alors qu'il mutile les textes qu'il traduit, tant sur la forme que sur le fond.
      Un travail de traduction littéraire, ce n'est pas cela.

      Le reste que j'ai pu lire à son sujet renforce mon impression d'avoir affaire à quelqu'un qui, certes, aime la langue française, mais qui a les caractéristiques du fat imbu de sa personne, avec un style indigeste, désagréable de lourdeur, et -disons-le comme je le pense- qui pète plus haut que son cul.
      Et tout ça est palpable dans sa traduction.

      Après, si cette traduction plaît à certains... tant mieux pour eux. Pour ma part, j'ai pu comparer les versions, et mon opinion est faite.

    • "Encore un traducteur qui se prends pour un artiste en parasitant la traduction de l’oeuvre qui lui a été confié."

      Encore un bouffon qui se croit plus compétent que les autres...


      J'adore tout ces donneurs de leçons en matière de traduction. Leur compétences littéraire : Zéro. Trois mots compliqués et ils décrochent. Qu'ils retournent donc lire "50 nuances" ça c'est de leur niveau...

      Un traducteur n'a pas obligation de traduire à la lettre. Les codes littéraires anglais ne sont pas ceux de la langue française.
      A commencer par les verbes ternes par exemple. En Anglais le verbe être et avoir (et faire tant qu'on y est) ne sont pas des verbes ternes. En français si, exception faite des participes passés.
      Traduire c'est aussi sublimer.

      "Loup-Garou ? ViveAigues ?"

      ViveSaigues ! avec un S. Tu te places en prétendu expert, t'es pas fichu d'écrire le mot convenablement. Ca pèse son homme...


      "mon dieu j’espère qu’il ne retrouvera pas de travail dans la traduction après ça."

      Ah oui, on les voit les limités du bulbe. Parce que le terme "Loup Garou" ne désigne pas ici un humain qui devient loup par nuit de pleine lune, tu crie au scandale.

      Sauf que quand on a un cerveau, on est capable de comprendre que cette définition n'a pas force de loi dans tout les univers de fantasy qui existent. Rien n’empêche d'appeler "loup-garou" une espèce particulière de Canis-lupus dans un autre monde. Et chez les gens à l'esprit un peu moins obtus, on voit ça comme plutôt original de la part du traducteur. Tout le monde n'est pas idiot au point de ne savoir lire qu'un compendium de cliché en matière de fantasy. Et puis je serais curieux de savoir quel terme tu proposerais toi même, l'autoproclamé expert...


      Certains voient de la lourdeur dans le style de Sola et qualifient de sobre le style original de Martin ? Correction de la part de quelqu'un qui lit une centaine d'ouvrages par ans :

      Le style de Martin est pauvre, celui de Sola relevé. Allez donc lire de la vraie bonne fantaisy (non pas que celle de Martin soit mauvaise) : Lisez Robin Hobb, le soldat Chamane, ou l'Assassin Royal. Si vous n’êtes pas incurable, vous devriez un peu vous décrasser les neurones.

      Et après revenez parler des traductions de Sola.

  2. Et bien moi je pense que un traducteur doit respecter le parti pris de l'auteur, car c'est cette personne là qui a écrit l'histoire, et donc, l'écriture doit au plus ressembler à l'original. :)

    • C'est ce que je pense aussi. J'ai l'impression d'avoir lu un livre totalement différent de l'original maintenant ... XD

  3. J'ignorais la polémique, mais elle est souvent là quand il s'agit de traduction française ! Pour ce qui est du Trône de Fer, c'est certain qu'il y a certains termes qui auraient mérités une meilleure traduction et "loup garou" est un bon exemple (et l'argument "faute de mieux" est quand même cavalier !) Après le côté soutenu du texte en français ne m'a pas dérangé à la lecture, au contraire j'ai apprécié, mais c'est certain que c'est se fermer à bon nombre de lecteurs et pire encore si ça ne respecte pas le style du texte original. Mais bon c'est quand même les éditeurs qui sont en faute d'avoir laissé faire. Tu commandes une traduction ok, mais tu fais quand même vérifier des extraits pour voir si ça colle !

    • Dans son interview, dont le lien est dans l'article, Jean Sola dit qu'il n'est pas systématiquement relu. Je trouve ça aberrant ! Le profit prime sur la qualité. Quel dommage ! C'est se fermer tellement de portes et de lecteurs ! Et le Trône de Fer est loin d'être le seul exemple ... En espérant de Patrick Marcel relève le niveau ! ^^

    • Qu'il relève le niveau d'accord, mais il y a tellement eu de tomes entre temps qu'il ne peut pas non plus changer du tout au tout le style ! Ce serait alors se mettre à dos les fans français de la première heure habitués aux termes employés ou au style d'écriture ! Comme par exemple pour la Communauté du Sud, il y a des prénoms, des noms de lieux qui avaient été traduits ou changés. Avec le succès de True Blood, les traductions des tomes suivants sont revenus au plus près de l'original, mais j'ai trouvé ça plus déroutant qu'autre chose ! Donc bon à voir ! (enfin comme je suis pas prête d'arriver aux traductions de Patrick Marcel... lol)

    • C'est dans ses cas là qu'on se rend vraiment compte que l'adaptation d'un livre en série (ou autres d'ailleurs) peut avoir beaucoup d'impact sur l’œuvre d'origine !

    • Ton exemple me rappelle à quel point j'avais été dérangé par la traduction du roman "Fight Club", que j'avais lu après avoir vu l'adaptation cinématographique. Le "fight club" y était traduit "Club La cogne"... :-/

  4. Pour avoir lu les quatre premiers tomes en français et anglais, je j'ai pas rencontrer de grands aberrations et pourtant, les traductions sont généralement bâclées (c'est d'ailleurs une des raisons qui me fait lire en anglais désormais). Mais le style français ne m'a pas semblé trop lourd, c'est un parti prix d'utiliser un lexique moyenâgeux et cela ne m'a pas choqué plus que ça... Je pense que je lirai "A Dance with Dragons" en français plus tard, mais là je crains être déçue par la nouvelle traduction... on verra!

    • Je pense que le fait que le style choque ou non est avant tout très subjectif. Ça dépend vraiment des gens et de leur culture littéraire. J'aimerai bien pouvoir aussi les lire entièrement en anglais. Mais bon, je n'ai pas encore tout à fait le niveau pour ça ... ^^

  5. Un article intéressant qui soulève beaucoup de questions. Jusqu'où peut aller le traducteur ? Pour compliquer la discussion, je ne peux que t'inviter à jeter un oeil au travail de Terry Pratchett et à celui de son traducteur en français. Là il ne s'agit pas d'un simple direwolf/loup-garou mais d'une quantité phénoménale de clin d'oeil à une culture à une langue, que le traducteur doit au mieux transmettre. On est à la limite de la réécriture. Si tu comparais un paragraphe dans chaque langue ce serait scandaleux. Et pourtant le résultat est merveilleux (le traducteur a même été primé), car le lecteur n'a pas l'impression de lire une traduction.

    Autre référence (que je n'ai pas lu/vérifié moi-même) : la traduction de 50 shades of Grey ne s'adapte pas aux tics de langage américain. Un Américain dit beaucoup plus souvent "OMG" qu'un français. Que faire au moment de la traduction ? Dans le titre en question, le traducteur a choisit de rester le plus fidèle possible au texte, donnant un résultat qui n'est pas naturel et qui fait comprendre au lecteur qu'il lit une traduction.
    Bon maintenant, je n'ai plus qu'à me décider entre la version française de Games of Throne (qu'une amie m'a prêté) ou me lancer dans la recherche d'une version anglaise....

    • C'est vraie que la traduction est une question réellement épineuse. Doit-on s'adapter à la culture de la langue du lecteur ou coller le plus possible à la culture d'origine du texte pour ne pas le dénaturer ...? Je pense que chacun répondra très subjectivement à la question, en fonction de ce qu'il recherche et en fonction ses gouts.
      Personnellement, je pense que le mieux, quand on en a la capacité, est de lire la version originale pour ne pas perdre une miette de l'univers créer par l'auteur. Lire une traduction est comme lire une version originale à travers le prisme de l’œil du traducteur. On lit le livre, mais seulement à travers une vision qui est propre au traducteur. A chaque fois c'est une interprétation, qui nous plait plus ou moins ...

  6. Je pense que le but premier d'une traduction est de respecter l'ambiance et l'état d'esprit de l'oeuvre originelle, et la difficulté est de la faire tout en conservant le style de l'auteur. Vu les différences culturelles et structurelles des deux langues, il est impossible de s'attendre à deux livres miroirs : je pense qu'il est tout à fait concevable de remanier le découpage des phrases si la langue l'impose... mais de là à supprimer ou rajouter du contenu, il y a un monde.
    A la décharge du traducteur, GRR Martin est à mon avis un auteur assez compliqué à émuler. Son style est sobre, certes, mais extrêmement puissant dans sa simplicité et par l'usage de vocabulaire précis. Beaucoup de mots sont du vocabulaire technique ou ancien, des expressions peu usitées depuis Shakespeare, des manières de s'exprimer qui flirtent avec le vieil anglais... La grande force de l'auteur est de faire passer ca tout naturellement: on oublierait presque que le style diffère de ce qu'on lit habituellement.

    Je n'excuse pas la traduction pour autant. Les quelques passages que j'ai lu en vf m'ont semblé massacrer l'oeuvre originale, mais ce qui m'a choqué d'entrée, c'est la manière dont a été menée la traduction des noms. Entre autres:
    "Casterly Rock", nom qui respire la noblesse des anciens Casterly, est devenu "Castral Roc" (pas très plaisant comme image... =X ).
    "Winter is coming" devient un mollasson "l'hiver vient".
    Etait-il vraiment nécessaire de changer "Ygritte" en "Ygrid" (sérieux?)



    Je pourrais continuer des heures sur le peu que j'ai lu, mais je pense que malgré la difficulté qu'il y a de traduire du GRR Martin en francais (j'ai encore une mauvaise vf de Armageddon Rag qui me sert de cale meuble), notre cher jean est passé completement au travers dans sa tentative de traduction.

  7. Malheureusement pour ma part je n'ai pas du tout accroché aux livres.
    Les mots utilisés sont pour moi assez complexes et le nombre de
    personnage est tellement important que j'ai eu du mal à suivre. Je me
    suis pourtant forcé à le lire mais rien n'y fait ! Une déception moi
    qui suis fan de l'excellente série. Quand la série arrivera au tome 5 je
    lirais les livres, vu que le traducteur en français n'est plus le même.

  8. Bonjour Lucie,

    Je me suis beaucoup intéressé à cette question des traductions, notamment pour l'oeuvre très littéraire qu'est Le Seigneur des Anneaux.

    Il me semble que la définition d'une traduction est de transmettre le fond en changeant la forme (la langue). Or, la forme française est souvent éloignée de la langue anglaise dans les tournures, les mots employés : on ne peut pas traduire mot à mot si on veut un bon résultat. A cet égard, ton comparatif est édifiant : la traduction de Sola est bien plus « belle » et plus naturelle que la traduction littérale qui est maladroite. On dit par exemple « assister à une exécution » en français, c'est une sorte d'expression consacrée, personne ne dira (à moins d'avoir très peu de vocabulaire comme Tarzan) « moi aller voir quelqu'un se faire décapiter » et encore moins «moi aller voir une lame tomber sur le cou de quelqu'un ». Même si ces manières de dire sont techniquement exactes et véridiques, elles sont des périphrases basiques, mieux vaut utiliser simplement le bon mot : « exécution ».

    Tous les livres anglo-saxons qui ont rencontré en France de grands succès sont passés par une traduction ambitieuse. Quand on colle au style anglais, comme ce fut le cas pour le très mauvais Da Vinci Code par exemple, le résultat est piètre à lire et ne résiste pas à l'épreuve du temps. Est-ce le travail du traducteur de sauver un style original pauvre ? La question ne semble pas se poser ici, puisque M. Martin écrit aussi dans un anglais recherché (quoique simple). On aurait pu demander au traducteur un peu plus de simplicité, mais on ne peut pas tout avoir !

    Tout cela m'a donné envie de lire ce livre (en français) ;-)

    A bientôt !

    Jérémie.

    • J'ajoute que je suis un peu catastrophé de voir certains lecteurs sur les forums demander une traduction toujours plus basique et ras-des-pâquerettes. Entre ceux qui ont 400 mots de vocabulaire et remettent en cause la traduction qui les change trop brutalement de « Closer », plutôt que de se remettre en cause eux-mêmes, et ceux qui veulent du mot à mot par sacralisation de la VO quitte à avoir une version française artificielle, c'est un peu décourageant.
      J'espère que le changement de traducteur pour cette saga n'est pas dû à leur cabale contre M. Sola.

    • Il y a 3 types de traduction :
      La bonne, agréable à lire
      La "ras les paquerette"
      La mauvaise
      Celle ci est mauvaise car difficile à lire. Allez donc lire du Victor Hugo ou du Balai et vous verrez que le TDF en Français n'est pas une traduction recherchée mais une mauvaise traduction lourdingue. Quand on traduit un livre on essaye de faire en sorte que le décryptage ne prenne pas trop de temps pour transporter le lecteur, sauf peut être pour les manuel de philo ou de mathématiques ou la l'objectif est de faire travailler les méninges... Ne soyons pas Simplistes!

    • Je suis tout à fait d'accord avec Jérémie.




      Un bon traducteur est capable de se détacher des mots pour éviter de calquer grossièrement l'œuvre originale tout en respectant autant que possible le sens du texte. Et c'est loin d'être facile : le traducteur fait souvent face à des dilemmes et doit faire des compromis.

      À mon avis, la tâche devient particulièrement difficile lorsque la traduction va de l'anglais vers le français. Les traditions littéraires dans ces deux langues sont très différentes. La langue française est beaucoup plus complexe en terme de vocabulaire (avec une quantité incroyable de synonymes et une étymologie des mots beaucoup plus complexe) et de syntaxe. Comme l'a si bien dit un des mes anciens prof., on se démerde très bien en anglais avec aussi peu que 500 mots, alors qu’un si modeste vocabulaire en français ferait de nous des incultes !




      De plus, on est beaucoup plus permissif dans la langue anglaise en terme de style : on y tolère davantage les phrases sobres, la répétition des mots et le style passif, pour ne donner que quelques exemples.




      Pour en revenir à Sola, je suppose que son objectif était de transposer le style de Martin, qui nous transporte vers une autre époque, à la langue française.

      Il ne faut pas non plus oublier que la France possède sa propre tradition en ce qui concerne la traduction, une tradition qui privilégie davantage la beauté de la langue française que la fidélité à l’œuvre originale. Que cela soit éthique ou non, ça, c’est une autre histoire.

      Pour ma part, j’ai trouvé la traduction de Sola magnifique. La lecture est parfois difficile, certes, mais elle me transporte dans un autre monde. En comparaison, celle de Marcel, qui est sûrement très bonne, m’ennuie au plus haut point…

    • La traduction n'est pas bonne, il ne faut pas faire l'amalgame entre lecture facile et manque de richesse d'un texte. Les textes des grands écrivains français sont faciles à lire en général, car ils ont du talent. Pour Solange, on déchiffre, et là, c'est pas bon... pas bon du tout...
      Le talent c'est de faire croire que la chose complexe est simple... Sur le TDF, c'est raté... Et je peux vous dire que j'en ai lu des traductions, et que celle ci n'est pas merveilleuse du Tout!

    • Dans le travail d'adaptation d'une œuvre littéraire d'une langue à une autre, il existe une différence fondamentale entre changer la forme et se permettre des adaptations pour rendre le récit intelligible, d'une part, et en modifier le fond, et donc sa nature, d'autre part.

      Ce qu'a fait Jean Sola n'est pas un travail de traduction mais d'appropriation de l’œuvre d'autrui.
      Que le style de Sola plaise à certains, soit. Mais à ce moment là, qu'il écrive des livres. Ce n'est pas son rôle, en tant que traducteur, de changer le style propre à l'auteur d'origine, cela revient à dénaturer le texte, et on ne lit plus une traduction fidèle à l'esprit et au style de l'auteur.
      On lit, en définitive, une œuvre profondément différente de celle d'origine, dont la trame est certes la même, mais dont tout le reste ne l'est plus.

      Encore une fois, la traduction en littérature, ce n'est pas cela. Si Sola veut être écrivain, qu'il écrive, au lieu de s'approprier ainsi un texte qui ne lui appartient pas et le remanier à sa sauce.

  9. Ton article est super intéressant ! Dommage que je ne sois pas assez forte en anglais pour profiter la version originale. Car malgré cela le trône de fer est un univers que j'adhère complètement.

  10. Salut. Je suis totalement d'accord avec cet article, mais arrive aux conclusions opposées : la version française est beaucoup plus agréables à lire que l'anglaise, car, justement, d'un niveau de langue supérieur. J'ai lu pas mal de critiques aux Etats-Unis et le style plat et ennuyeux de Martin est généralement cité parmi les défauts du bouquin (par rapport à la série par exemple). Alors que dans la version française j'ai eu affaire à un texte de haut niveau. Ce que je trouve important vu la longueur de son oeuvre.

  11. En tout cas,je suis content de voir que je ne suis pas le seul à trouver la traduction de Patrick Marcel catastrophique.Changer de traducteur au bout de 15 tomes alors que les livres connaissaient un tel succès,c'etait se tirer une balle dans le pied de toute façon.Il faut esperer que P.M. remette fondamentalement en cause sa traduction ,ou le retour de Sola,sans ça c'est le gachis total.

  12. Pour avoir lu les livres en anglais puis en français, je dois dire que je préfère amplement la traduction, du moins celle de Jean Sola. Evidemment, le vocabulaire (en particulier le vocabulaire médiéval et différents termes argotiques) pose problème et j'ai béni la fonction dictionnaire de ma liseuse (que j'ai utilisé plus d'une centaine de fois dans le premier livre), mais le style est tout simplement meilleur, la lecture est plus agréable, le texte est plus beau - à mon goût du moins. Même dans les paragraphes cités dans l'article, je trouve plus agréable la lecture de la traduction (qui effectivement regroupe et remanie plusieurs phrases et ne colle pas tout à fait au texte original) que celle de G.R.R. Martin.

    La traduction n'est cependant pas parfaite (on pourra mentionner la seiche et le kraken) ; il est vrai que traduire direwolf par loup-garou peut paraître choquant, mais on s'y habitue assez vite et je ne vois vraiment pas d'autre solution (loup géant, vraiment ?).

  13. Après avoir lu les douze tomes traduit par Jean Sola, j'ai attaqué le treizième traduit par Patrick Marcel et j'avoue que la traduction de ce dernier ma déçu. D'accord du coté accessibilité du texte il y a un progrès mais on perd en même temps une grande partie de l'ambiance extraordinaire crée par Sola. En effet les douze premiers tomes, grâce à des tournure et un vocabulaire qui rappelle un français "médiéval" étaient plus immersifs. Je trouve surtout dommage de changer de traducteur au milieu de la série alors que le précédent avait réaliser un travail incroyable. Pour ce qui est de la traduction de certain mot cela ne m'as pas déranger. On attribue le loup garou à un humain métamorphe dans certain romans, ici c'est un autre univers pourquoi les loup garou ne serait ils pas simplement de gros loups ?

  14. En lisant le livre, j'ai aussi trouvé la traduction de très mauvaise qualité. On a parfois l'impression que le traducteur a fait une traduction trop litéral. dans l'exemple "...un petit froid limpide et sec leur avait dénoncé la fin prochaine de l’été...". Le mot "dénoncé" choque, j'aurais sans doute préféré "annoncé"...

    • @Fred :
      « …un petit froid limpide et sec leur avait dénoncé la fin prochaine de l’été… ».
      Le terme "dénoncer" est au contraire bien plus adapté "qu'annoncer".
      Dans cet univers, l'arrivée de l'hiver est un évènement tragique.
      La définition du terme dénoncer est entre-autre celle-ci :
      Révéler quelque chose, le faire connaître publiquement comme néfaste.
      Quand Sola utilise donc ce mot, il le fait sciemment, il insuffle un aspect tragique à ce qui serait anodin dans notre monde, à ce qui pourrait n'être qu'une banale annonce dans notre univers.
      Si j'osais, je dirais que Sola à fait preuve de subtilité...

  15. Bonjour ! :)

    Je prépare une pétition pour une nouvelle et meilleure traduction des premiers livres du Trône de fer (tu peux y accéder en cliquant sur mon nom) et j'aimerais utiliser certains arguments de ton article, mais je tiens d'abord à te demander ton autorisation.
    J'espère que tu accepteras. ^^

    • Je signerai cette pétition avec joie : cette traduction est une horreur ! Je suis d'accord avec Fred sur le choix du vocabulaire, mais il y a aussi énormément de fautes de syntaxe et de grammaire. C'est un vrai scandale que "J'ai lu" ait publié ce texte ! C'est ça qui rend le style pénible et non "un niveau de langue trop élevé" ou encore "un style moyenâgeux". Quand,par exemple, tu commences ton paragraphe par "Ni personne à qui parler." , je suis désolée mais on n'est plus dans un problème de style, c'est une faute de syntaxe. C'est mal écrit et truffé de fautes, si en plus tu dis qu'il ne respecte pas le style original, qu'on en fasse une autre par pitié !

    • Et pourkoi pa 1 traduxion en sms tan kon niais ? Certes, l'approche est complexe, mais les pages passant, on s'y fait très vite et l'on arrive à apprécier le style archaïque de la langue. De temps à autres, un petit détour vers le Littré, pour comprendre la justesse d'un mot n'est pas une épreuve insurmontable. La beauté d'une oeuvre est tant dans le transport que dans le sujet. Des histoires ? Y'en a plein les commissariats de police, dit un jour Céline. Ce qui compte, c'est le style ! J'en suis à la lecture du tome 3 (version intégrale) et j'ai comme une angoisse à changer de traducteur en chemin. J'ai peur de revivre le désastre de La Ballade de Pern, et de ses multiples traducteurs.

  16. Pour moi la traduction de Jean Sola est largement supérieur, un vrai travail d'appropriation a été fait et l'on obtient alors une bien meilleur cohésion de l’œuvre qu'avec une traduction "mot à mot". L'argument respecter l'original me parait déplacé : respecter l'original c'est le lire en anglais... Pour une fois qu'on avait un roman de fantasy avec un bon vocabulaire...

  17. Bonjour,

    Je suis d'accord avec certains points de ton article, notamment sur le loup-garou, et je te remercie pour tes recherches, qui m'ont amenée à réfléchir. A propos du role du traducteur, beaucoup de choses intéressantes ont déjà été dites plus haut, je vais donc passer tout de suite au sujet qui m'a le plus interpellée.

    En tant que grande lectrice (tous genres, j'ai des études de littérature derrière moi), je peux te dire que le niveau de langue est vraiment artificiellement élevé par Jean Sola, c'est à dire que non seulement il change le style de Martin, mais en plus il le fait mal. Je m'explique : j'ai été très dérangée dans ma lecture par des fautes de syntaxe, des phrases trop longues avec des subordonnées en veux tu en voilà si bien qu'on ne retrouve même pas le verbe même après plusieurs lectures attentives, ainsi que d'autres maladresses dans la grammaire qui nuisent à la compréhension du texte. Au niveau du vocabulaire, même problème : à vouloir utiliser un vocabulaire trop compliqué, notre traducteur se casse la gueule. un "froid limpide" ? "L'inénarrable carosse" ? Vraiment ? Ceux-là, et d'autres encore, sont des mots ou des associations de mots que je n'ai jamais vus dans AUCUN des livres que j'ai lus.

    Je pense donc que le traducteur a pris beaucoup de libertés qu'il n'avait pas la compétence d'assumer. J'ai pour ma part été tellement rebutée par le style de la version française que je n'ai pas pu finir le premier volume, et pourtant j'adore l'histoire, les personnages, le monde ! C'est une des rares sagas où la série télévisée m'a plus touchée et intéressée que les livres, et c'est bien dommage, car Martin n'est pas en faute, loin de là...

    Je sais que mon avis n'est pas très fiable, car je n'ai pas poussé très loin la lecture. Cependant, j'espère avoir fait comprendre que, selon moi, si vous avez de la peine à lire et comprendre le livre, ce ne sont pas vos connaissances qui sont en cause, mais bien celles du traducteur...

    Cordialement

    • J'aimerais quand même rajouter : beaucoup de fautes incombent à l'éditeur et j'ai l'impression qu'il se fiche de nous. La traduction de Jean Sola a beaucoup de qualités, et la plupart des défauts auraient pu être évités par une simple relecture (si je suis éditrice, je laisse pas passer une syntaxe foireuse, des mots inconnus au bataillon et des mots collés). Exemple au début du livre, Arya Stark : 19 ans, ce qui complique les choses. Il y a du laisser aller.

      C'est une honte que des gens soient payés pour faire ça...

    • Il a tellement voulu élever le niveau que, parfois, certaines phrases n'ont ni queue, ni tête. Certaines constructions sont d'une lourdeur incroyable mais très loin d'un texte littéraire digne de ce nom. En ce point, je plussoie l'avis de Mathilde qui, apparemment, a les compétences pour faire une analyse pertinente du style de l'auteur. Personnellement, je ne suis pas un littéraire mais je peux quand même constater la différence entre un texte soutenu et un texte qui ne l'est pas. Celui-ci ne l'est pas mais essaye de s'en donner le genre.

    • Je pense exactement comme Mathilde. J'ai beaucoup lu dans ma jeunesse, beaucoup de classiques, et littérature en tout genre, d'auteurs français ou traduit depuis des langues venant du monde entier. C'est la première fois de ma vie que je lis un livre aussi mal traduit (ré-écrit ?). Après avoir autant apprécié la série je bloque depuis 3 mois sur les 30 premières pages du premier volume, juste à cause de l'écriture.

    • Etudes littéraires derrière moi aussi. Je déplore que, même en étant passée par un cursus probablement similaire au mien, vous ne soyez pas capable d'identifier un sujet et un verbe dans une phrase, ou à accepter l'existence de phrases non-verbales qui donnent un rythme au texte. Et à comprendre des associations nom-épithète qui relèvent d'un niveau de langue soutenu (ceci est une phrase où vous pourrez toujours vous échiner à trouver un verbe conjugué dans la proposition principale; vous vous rendrez compte qu'il n'y en a pas et que le tout est malgré tout parfaitement clair et compréhensible).
      Bref, l'avis d'habitués en la matière est mitigé, semblerait-il, donc que les autres ne se hâtent pas trop d'apporter leur assentiment aveugle à ceux qui se prétendent experts: une soi-disant référence dans le domaine ne sait pas apprécier la richesse de la langue française. C'est absolument regrettable !

    • La question est : mais qu'avez-vous lu au juste ? parce qu'un froid limpide et un véhicule inénarrable (littéralement "qu'on ne peut pas décrire", donc invraisemblable, grotesque, de guinguois, brinquebalant…), même avec inversion du nom et de l'adjectif – figure de style courante en littérature –, ce n'est quand même pas la mer à boire, c'est un langage fleuri et imagé, bref esthétique, comme en trouve dans les bons livres. Non, je pense que tout simplement vous n'êtes pas une lectrice expérimentée, et que tout ce qui vous sort de vos habitudes vous déconcerte. Dommage !

  18. Très interesant sans dute. Je suis une lectrice espagnole qui a decidée se plonger dans cette ouvrage en franÇais seulement pour practiquer. J'ai trouvée cette version beaucoup plus belle que la traduction spagnole, que je crains plus proche a l'original, mais assez difficile, aussi. Je suis pur jean sola et son stile. Salut

  19. Je viens de finir le tome 14: le choc entre l'ancien traducteur et le nouveau ! Tolkien aurait-il été Tolkien sans son style -classique- (lourd, difficile) ? Sola avait des tournures qui collait à l'univers, de ce côté on s'est bien appauvri avec Marcel. C'est plus facile à lire (et encore) mais que l'oeuvre perd en couleur ! Je ne lis plis que pour le scénario dorénavant. Je ne crois pas que phrase simple veuille dire vocabulaire compliqué. Peut-être que -comme pour Tolkien-, l'éditeur aurait dû créer une BD ...

  20. Merci de lire -vocabulaire pauvre- à la place de -vocabulaire compliqué-. Moi aussi je devrais me relire. :)

  21. Il y a une différence entre appropriation et transformation. Où est la cohésion? Des mots et des phrases ont été complétement dénaturés ce qui fausse le sens du texte dans son intégralité. Effectivement, Jean Sola utilise du vocabulaire complexe mais, justement, il en abuse. Il en fait trop.
    En traduction, il ne s'agit pas de faire de la traduction mot à mot (sinon on utilise google) mais, généralement, on fait de l'adaptation. Les adaptations foireuses sont nombreuses dans cette traduction. C'est regrettable car l'oeuvre est dénaturée et sa lecture alourdie.

  22. Ce n'est sans doute pas la meilleur des traductions possibles, mais je trouve un style archaïsant assez bien adapté à ce genre de littérature. J'apprécie que l'on m'immerge dans la langue de Montaigne ou avant encore dans celle de Rabelais ou de Chrétiens de Troyes quand on me parle de chevalerie. Franchement lire de la fantaisie avec le style d'harry potter je trouve ça dommage.
    Ensuite la construction syntaxique anglo-saxone est plus simpliste, en France on est accoutumé à suivre des idées complexes agencées par des virgules et des constructions savamment ordonnées.
    Un récit du genre: Il marchait dans la forêt quand un homme apparut. L'homme était grand et armé d'une épée." ça heurte mon sens esthétique.

    Enfin une traduction est une interprétation forcément car les langues ne sont jamais parfaitement superposables, dans la mesure ou les logiques de pensée et les références divergent d'une culture à une autre. Ce qui compte avant tout c'est la faculté d'une traduction à ne pas trahir l’œuvre original tout en ouvrant un autre marché à cet ouevre. Regardé les traduction de E.A Pau par Baudelaire.

  23. Je ne suis pas de votre avis, du tout. Pour moi, la traduction est très bien réalisé, et le livre est agréable à lire. La complexité des mots employés et leur ton un peu désuet colle parfaitement à l'univers de Westeros, et rend le livre plus "mature", si je puis dire, plus sérieux et moins "gamin".
    D'autre part, le passage que tu traduit, he bien, je préfère de loin la traduction de Sola. Plus poétique, plus recherché. Comme l'a dit John, traduire, c'est pas garder tout comme c'est et faire du mot à mot, mais adapter à une autre langue, ce que Sola fait plutôt bien.
    Le seul bémol, ce sont les noms des lieux et personnages. J'aurais aimé que tout soit traduit en français, plutôt qu'un nom sur deux, et ça c'est dommage, vraiment.
    Enfin, l'histoire des loup-garous ne me choque pas, et en effet comme l'a dit Sola, "faute de mieux", il n'y avait pas trop d'autre terme à employer. C'est peut-être toi qui a une image trop stéréotypé du loup-garou "à la twilight", moi ça ne me choque pas du tout. Autre monde, autre définition des mythes.

  24. Je suis de l'avis d'un lecteur qui compare la nouvelle traduction à un soufflé qui est retombé. Celle de Sola était magique on avait l'impression que cette histoire était traduite d'une langue disparue à jamais et tout me plaisait dans le ton des livres y compris les Loups garous. La nouvellle traduction m'a jeté littéralement de l'histoire, j'ai eu l'impression de lire un livre de Michael Connelly, n'importe quel livre en quelque sorte. Soit on lit le livre en anglais et on l'apprécie comme ça mais pourquoi critiquer la traduction, pourquoi comparer ? Je ne comprend pas cette démarche plus intellectuelle que ressentie.

    • Réponse à De Blasiis : on critique la traduction lorsqu'elle est vraiment mauvaise, ce qui est le cas. Un traducteur se doit de respecter l'esprit et le style de l'auteur et non pas apposer sa "patte personnelle " en réécrivant des passages entiers pour en faire une sorte de bouillie pseudo littéraire . Perso , je ne trouve rien de magique lorsque Sola écrit en parlant de l'Autre (prologue du livre 1 ) " l'Autre, cependant, glissa de l'avant dur des PIEDS SILENCIEUX " : la phrase est bancale et à ma connaissance, l'expression " pieds silencieux" relève d'un mauvais français....même dans un univers médiéval fantastique! Et ce n'est pas la pire phrase du lot.

    • La littérature est un art tout comme la musique, on conçoit bien qu'un musicien interprète une partition et on ne s'offusque pas si cette interprétation n'est pas fidèle à l'esprit de l'auteur au contraire ( il ne traduit pas simplement les notes en sons, il y a une valeur ajoutée ) et bien moi j'aime bien l'interprétation du Trône de fer par Jean Sola.

    • Une traduction ne se doit pas d’être du mot a mot ou même du "phrase a phrase" ! Oui un traducteur s'approprie plus ou moins l'oeuvre au passage.. et alors c'est inévitable. Qu'on aime ou qu'on aime pas le résultat c'est une chose mais je ne pense pas qu'on puisse critiquer la démarche en soit. Personnellement je préfère une traduction avec un style enlevé et qui s’écarte de l’original plutôt qu'un traduction basique et plate qui colle exactement au texte. Au passage 'pieds silencieux' est correct, comme on dit des 'mains agiles', des 'doigts habiles' ..etc

  25. Bonjour Lucie, bonjour à tous. J'ai adoré ton article , Lucie : tu as complètement raison!! Je confirme, la traduction française de Sola est une pure honte et un vrai massacre du cycle de R.R.MARTIN . L'esprit de l'auteur n'est pas respecté, des passages ont été carrément réinterprétés, quant au langage , on est entre du vague semi-littéraire et du très mauvais roman de gare. Il y a certes des mots inventés comme " castle-forged steel" qui décrit une technique de forgeage particulière se rapprochant de la technique de l'acier feuilleté ou damassé pour la souplesse et la dureté de la lame. On peut le traduire par un néologisme comme, par exemple " castel-acier feuilleté " qui rend la notion d'un acier forgé selon la technique du feuilletage par les maîtres forgerons du château d'un seigneur et qui seuls en connaissent les secrets. Bref, perso, je me coltine la traduction du cycle pour des amis qui ne parlent que très peu voir pas du tout l'anglais. Je viens de finir le prologue et je m'attaque au reste, tâche dantesque vu le nombre de livres! Mais les premiers suffrages étant positifs, ça motive. Je confirme , cependant, lisez plutôt la version originale pour retrouver l'esprit de l'auteur et pas la version de Sola .

    • "castel-acier forgé" ! Vous êtes sérieux ? Votre pseudo-traduction ne rend ni la structure de l'expression anglaise (qui signifie "acier forgé au château"), ni son sens. L'esprit de l'auteur, qui n'est pas écrivain mais scénariste, c'est un style basique. Il est amusant, non, triste de voir que le niveau a tant baissé que certains lecteurs prennent de la belle langue pour des fautes ou de la maladresse, et à l'inverse, estampillent un langage basique "qualité littéraire". Merci à Jean Sola d'avoir accompli une traduction digne de la tradition littéraire française, et honte aux lecteurs qui faute d'une culture adéquate, ont réclamé (et obtenu, profit oblige) une traduction pour les Nuls.

  26. @l'auteur :
    Je suis désolé d'avoir remarqué que vous aviez vous même fait une faute de français sur le mot "décapiter" en utilisant le participe passé au lieu de l'infinitif.
    J'espère de tout cœur que l’œuvre de traduction de Sola vous aura fait faire quelque progrès malgré vos réticences à la savourer pour ce qu'elle est, comme vous le dites si bien, la seule traduction française intégrale à ce jour.
    Bien à vous,
    protozoax

  27. J'ai lu les deux versions et j'ai été complétement conquis par le style de Jean Sola et tres peu par celui de George R.R. Martin. C'est devenu mon exemple prefere de traduction superieure a l'originale. Le style de Martin simpliste, moderne et souvent maladroit, revelant son manque de maitrise de l'ecriture. Lors de la lecture, son ecriture naive me fait regulierement sortir de l'environnement chevaleresque de la seriie.
    Je regrette vraiment que suite aux critiques essuyees, Jean Sola est baisse le niveau de language atteint lors des 2 premier livres.

  28. Encore un traducteur qui se prends pour un artiste en parasitant la traduction de l'oeuvre qui lui a été confié.

    Au même titre que les traducteurs d'AB productions pour les anime japonais des années 90 , par exemple Maurice Sarfati qui avait fait un travail RIDICULE et stupide pour la télévision française.

    Loup-Garou ? ViveAigues ? mon dieu j'espère qu'il ne retrouvera pas de travail dans la traduction après ça

    • Que répondre quand on lit des jugements aussi tranchants et aussi peu avisés ? Que lorsque des lecteurs s'érigent en juges de la littérature, ils ne sont évidemment pas en mesure de rendre des avis pertinents. Comme l'ont dit certains intervenants, vous devriez en rester à la version en langue anglaise.

  29. Je vois que certains ont été plus courageux que moi. Je me suis arrêté à la page 15 du premier tome en me disant que je en savais pas lire. Je ne comprend rien à cette traduction. Certaines phrases pour moi n'ont aucun sens et sont beaucoup trop longues. Pourquoi vouloir élever le langage comme ça?
    Je suis vraiment déçu. Je m'attendais à avoir une bonne lecture et je n'ai déjà plus le courage de continuer. Dommage.
    Peut-être à-t-on affaire à un traducteur qui rêvait d'être auteur....

    • … ou peut-être a-t-on affaire à un lecteur qui effectivement, manque d'heures de vol sur de vraies bonnes lectures.

  30. Décapiter, et pas décapité... Ça fait tache dans votre traduction...

  31. Je ne pense pas que Jean Sola ait élevé le niveau de langue ; il a tout simplement explosé le texte par je ne sais quel moyen. Ce n'est pas parce que l'on ne comprend pas la phrase que le niveau est élevé, c'est peut être tout simplement que ce n'est pas Français! Lisez un Victor Hugo, un Balzac ou un Flaubert et vous verrez que c'est jubilatoire et simple à lire (c'est ce qui fait les grands auteurs), pas comme cet amas de subordonnées entremêlées qui constituent cette soit disant traduction... Quelle Horreur!

    • Ne confondez pas, s'il vous plaît, la retranscription d'un univers médiéval avec un vocabulaire adapté, et le style d'auteurs populaires du XIXe siècle. Ce qui fait les grands auteurs, c'est la restitution de l'ambiance et la beauté du style. Peut-être faudrait-il élargir votre registre avant de porter des jugements ? Si vous étiez si familier de la bonne littérature, vous n'emploieriez pas "explosé" alors qu'il s'agit d'un verbe intransitif.Ça, ce n'est pas du français ! On fait exploser, on n'explose pas.

  32. Le travail de Jean Sola a été extraordinaire. Il faut lui rendre hommage. Il a sublimé l'oeuvre de Martin en apportant la richesse et la complexité de notre langue. La plongée dans l'univers médiéval y est grandiose. La nouvelle traduction si prés du texte de Martin ne laisse aucune saveur. Martin ne manque ni de style ni de vocabulaire mais la touche de Jean Sola est un rare enrichissement dont malheureusement certains n'ont pu profité.Se confronter a un texte demande du courage et de la patience. Je m'étonne que beaucoup se prétendant de grands lecteurs ou en étude de littérature (passons) rêve, espère, voir céde à la facilité. Ce qui m'exaspère au delà de constater l'appauvrissement demandé par des soi-disant fans c'est qu'on céde à leur insensé demande. Encore merci Jean Sola pour vos travaux d'embellissements. Vous autres je ne vous donne même pas mon mépris, vous risquerez d'avoir à le chercher dans le dictionnaire...

    • Merci pour votre bon sens et votre clairvoyance sur le sujet, Francesco !

    • Entièrement d'accord avec vous. La nouvelle traduction m'a détournée de la saga.

  33. Personnellement, j'adore la traduction de Sola ! Extrêmement riche en vocabulaire, belles syntaxes... J'avoue être assez déçu par les réactions des uns et des autres sur le sujet... Faire de belles phrases en écrivant son propre roman est une tâche ardue, avoir un style aussi foisonnant dans une traduction tient du grand talent !
    Certes, le texte anglais de base n'est pas respecté minutieusement dans sa forme, mais: 1° ce n'est pas du blasphème envers l'auteur étant donné, je crois, que le français est ici meilleur et plus recherché que l'anglais; 2° si on choisit de lire l'ouvrage en français, je ne vois pas en quoi on peut être dérangé du décalage qui existe entre les deux textes !
    Bref, revoyez un peu vos avis à la lumière de ce que je viens de vous proposer. Je crains fort la traduction de Patrick Marcel; il n'a qu'à être à la hauteur de son prédécesseur !
    En tout cas, merci pour cet article sur un sujet aussi intéressant que celui du style des auteurs !

  34. Je suis traductrice agrée et polyglotte. La première leçon impartie à l'université, et répétée tout au long de mes études a été: rester fidèle au texte, au style de l'auteur, ne pas "teinter" le texte de son style personnel.
    J'ai lu intégralement la version originale de Martin. Je ne trouve le style ni simple ni lourd. Il est nuancé (chaque chapitre a le ton de la personne qui le vit, vocabulaire et sensations inclus), clair, concis, visuel, tout est utile à la narration.
    J'ai tenté de lire la version de Sola, et je suis outrée. Le style fait "fouilli", est inutilement alambiqué, certains mots et noms traduits très maladroitement, d'autres pas du tout (Littlefinger et Winterfell par exemple), d'autres juste changés graphiquement (Pyk au lieu de Pyke, Ygrid au lieu de Ygritt), des phrases sont omises, d'autres modifiées en en changeant le ton, bref on dirait un autre livre.
    Je condamne fermement la traduction et l'absence d'éthique pro de Sola. Un honte pour notre métier.

    • Tout à fait d'accord avec vous, je me penche justement sur cette traduction dans le cadre de mon Mémoire en traduction pour questionner les problèmes d'ethique en traduction. Cette traduction est effectivement une honte et je cherhe encore à comprendre comment elle a pu être publiée! Si vous avez des conseils de lectures à ce sujet je serais très intéressée.
      Je me penche sur tout ce qui est Venuti, House, Nord, Hermans, etc. et je cherche des lectures sur l'éthique en traduction!
      Merci pour votre commentaire bien écrit, et bien senti !

    • Vous êtes manifestement une jeune traductrice, et je ne sais ce que vous traduisez, mais manifestement pas de la vraie littérature. L'éthique a peut-être changé, ou bien vous évoquez celle concernant des traductions techniques, mais en tout cas il fut un temps soucieux du rayonnement de la culture française, où une traduction se devait d'être, tout simplement, aussi belle que possible. C'est le cas de celle de Jean Sola, et en comparaison, la nouvelle fait pitié.

  35. Après avoir remarqué quelques heures de traduction du livre (Castrai Roc pour le plus voyant à mon goût) je me suis demandé si ce n'était pas volontaire. Par exemple, Castrai Roc pouvait très bien être le sobriquet pour insulter les Lannisters d'impuissant (en phase avec leur soif de pouvoir, pour compenser). Mais quand j'ai lu que Tyrion lui même parlait de Castrai Roc, là j'ai douté. Je suis tombé sur ton article que j'ai lu en diagonal. Je suis d'accord qu'il est regrettable qu'il existe de nombreuses fautes soit dues à J.Sola ou à un logiciel d
    de jesaispasquoi. Cependant je suis moins d'accord vis à vis delà traduction. Je suis une nouvelle fois d'accord que J.Sola complexifie la lecture avec des tournures de phrases pompeuses et un vocabulaire très "à l'ancienne". Mais est-ce vraiment un problème ? Ça rentre totalement dans l'univers médiéval. Le soin apporté au détail est un réel délice ! Je rêverai de pouvoir coucher ce genre de texte sur le papier mais je n'ai pas le niveau de J.Sola. je trouve que le livre gagne en intérêt, en puissance, en richesse. Je bute souvent sur des mots mais le contexte m'aide à y voir plus clair et au pire du pire, Google (je n'en ai pas eu besoin jusque là).
    Autre détail, tu parlais des loups que J.Sola a décidé de traduire par loup-garou et dont il se justifie par le fait que l'univers est étranger à notre réalité. Même si l'excuse peut paraître "facile" je suis assez d'accord. Même si la volonté de G.R.R Martin était de les voir comme des wargs (entre autre) pourquoi se bloquer à une seule réalité ? C'est comme les gens qui font la différence entre wyverns et dragons. La différence n'existe que si l'auteur le souhaite. Si l'auteur dit que la "wyvern" est un dragon, c'est que le peuple qui vit dans sa littérature la nommé ainsi et au lecteur de l'accepter.en ce qui concerne les loups, même si j'étais perturbé de la traduction au début, ne les voyant effectivement pas se transformer à la pleine lune, je me suis résolu à les voir comme des loups beaucoup plus féroces que de simples loups.

    On conviendra que tout ceci est de l'ordre du détail. Pour résumer, je trouve que J.Sola a apporté une vraie plus-value à l'oeuvre avec ce niveau de langue qui s'accorde parfaitement à "l'époque". Le reste, c'est une question d'interprétation et d'imagination, c'est aussi ça le but de lire non ? De se laisser porter par des mondes différents en s'affranchissant de notre "réalité". Sinon, à quoi bon lire ?

  36. En express, l'avis d'une traductrice professionnelle :

    1) « Il m’arrive en revanche de déplacer un paragraphe pour lui donner sa place logique, éviter un doublet, rectifier une contradiction, etc. » => parfaitement normal. Je peux vous dire que j'ai presque à chaque page des erreurs de l'auteur (quelle que soit l'œuvre), persos qui changent de noms (genre une fois "Steven", la fois d'après "Stephen" parce que l'auteur n'a pas réussi à se décider ou parce que ça a été modifié par quelqu’un d'autre au dernier moment qui s'est loupé avec son Rechercher/Remplacer...), qui sont dans la cuisine puis magiquement dans leur chambre alors qu'ils ne se sont pas déplacés, qui pensent qu'il s'est écoulé trois mois entre janvier et juillet, qui "haussent de nouveau les épaules" alors qu'ils n'ont pas encore haussé les épaules dans la scène... Bien sûr qu'on doit rectifier tout ça, le but étant que rien ne tire le lecteur de sa lecture !

    2) Pour tout ce qui est noms de personnages et termes propres à l'univers, ça fait normalement l'objet d'une concertation avec l'éditeur, qui a généralement le dernier mot ; j'ai par exemple un éditeur qui considère qu'en français, on n'utilise pas de diminutifs, et qui me demande de les remplacer systématiquement par le prénom (comme ça avait été fait dans Friends par exemple : pas de Mon, Rach, Phoebs, etc). Et même si ça ne me plaît pas, c’est l'éditeur qui est le chef, et j'obéis !

    3) Pour les résumés en 4e de couv et les titres, c’est le service commercial qui a la main, et là c’est open bar ! Leur but étant que ce soit vendeur, et tant pis si ça contredit complètement ce qui se passe dans le roman.. Plutôt rageant !

    4) Enfin, toute traduction est relue, évidemment. Si Sola dit qu'il n'est pas relu, il veut sans doute dire "pas en interne par un éditeur ou assistant d'édition" car il n'est pas débutant. Mais même s'il n'est pas relu en interne, le texte livré par Sola subit d'abord quelques modifs d'harmonisation par le service éditorial de l'éditeur - par exemple chez certains, tous les romans utilisent la graphie "clef", alors que chez d'autres, ce sera "clé" partout, et les préférences du traducteur n'ont aucune importance -, puis un passage à leur correcteur ortho/gram maison, avant d'être formaté tel qu'il va être imprimé. On obtient alors "les épreuves", qui partent à un correcteur externe qui relit tout et pointe toutes sortes de problèmes, pas juste d'orthographe ou de mise en page, mais aussi factuels, du type "Istanbul n'est pas la capitale de la Turquie, changer pour Ankara" ou plus obscur, "le thème des Microsoft Days en 2004 n'était pas x mais y, changer" (sauf si c’est une erreur faite par un personnage un peu stupide dans les dialogues, où on peut supposer que c’est fait exprès ; normalement, c’est le traducteur qui corrige ce genre d'erreur, mais le correcteur fait une deuxième passe qui en théorie, permet de ne rien rater ; et quand on a un doute, on est censés contacter l'auteur directement pour lui poser la question). Après, il faut que le correcteur soit compétent, pro, qu'on le paie assez, qu'on lui laisse assez de temps... et que quelqu’un au service éditorial de l'éditeur ne salope pas tout son beau boulot au dernier moment avec un Rechercher/Remplacer intempestif (oui, encore), ou tout simplement une faute de frappe au moment de reporter les modifications demandées : car le correcteur travaille sur papier, et personne ne vérifie le fichier informatique une dernière fois après l'intégration de ces modifs ! Donc voilà d'où viennent les fautes de frappe que vous trouvez dans les romans imprimés, qui ont pourtant été relus d'innombrables fois : en général, elles ont été ajoutées tout à la fin. (again : rageant !)

    Après, je ne vais pas me prononcer sur le style, c’est une question de goût. Mais d'une manière générale, on considère que tous les textes sont au moins un peu améliorés après traduction, ne serait-ce que grâce à un vocabulaire légèrement plus riche avec l'élimination des répétitions, ce à quoi le français nous *oblige*. C’est une règle, c’est comme ça, dès le collège c’était comme ça et avec un peu de bonne foi, je suis sûre que vous vous en souvenez tous ! :p

    Il y aurait bien plus à dire, mais j'ai fini par écrire un roman, donc je vais m'arrêter là en espérant avoir levé quelques incompréhensions entre lecteurs et traducteurs. :)

    • Merci Indigo pour toutes ces précisions. Votre message est vraiment intéressant, et j'y repenserai aux dents du-de la traducteur-trice qui grincent de concert avec les miennes face à une faute de frappe :)

      J'aimerais juste savoir si vous gardez pour vous votre opinion quant à la traduction du Trône de Fer parce que Sola est un collègue dont vous ne souhaitez pas évaluer publiquement le travail (en bien comme en mal), ou si vous pensez réellement que c'est au lecteur de produire sa propre appréciation sur ce travail plutôt qu'à votre corps de métier (par opposition à des messages précédents faisant valoir l' "éthique" qui doit prévaloir dans le domaine de la traduction) ?

    • "je repenserai", pas "j'y repenserai" (faute de frappe de mon fait, je ne suis pas relu en interne ;) )

  37. Personnellement, j'éprouve un grand plaisir à l'endroit de la traduction française, et je me réjouis à chaque page de l'enrichissement qu'a pu apporter Sola à l'oeuvre originale. Les reproches qui sont faits au traducteur ne datent pas d'hier : Lovecraft et Gongora pour ne citer qu'eux ont eu autant de détracteurs que d'admirateurs pour leur style respectif.

    Malgré tout, je suis plutôt d'accord avec les avocats de l'éthique qui doit prévaloir en matière de traduction : adapter un récit via ce qu'une langue a de plus riche à offrir est une chose louable, mais adhérer au style de l'auteur doit rester une priorité.
    Cependant, la raison de mon accord avec cette vue n'est pas une quelconque loi universitaire telle que présentée plus haut en argument d'autorité, bien plutôt le regret que la traduction serve de cache-misère au style véritable de Martin. Je caresse l'espoir qu'une oeuvre de fantasy ou de science-fiction récente ayant un souci véritable de la forme - par-delà celui de l'efficacité narrative et de l'unanimité du lectorat - puisse voir le jour en France. Ce ne devrait pas être à un traducteur de répondre à l'appel du vide, mais à un-e lecteur-trice passionné-e par le récit de Martin de désirer mieux faire.

  38. J'approuve complétement l'initiative de Jean Sola. Ma plus grande faiblesse en tant qu'auteur est le style.

    Au départ, Game of Throne devait être une fanfiction publiée sur le net. Je suis un grand amateur de fan-fictions. Celles-ci sont ma principale source d'inspiration. C'est un défaut autant qu'une qualité. Mon écriture est devenue plus sensationelle et vendeuse à force d'imiter le style des amateurs. Ça rend aussi mes livres plus accessibles. N'importe qui de la ménagère au jeune de 12 ans peuvent lire mes livres sans en perdre une mietre.

    Mais bon... si vous lisez mes livres dans leur version originale en anglais et que vous possédez un minimum de culture littéraire vous remarquerez que mon histoire à beau être bonne mon style et mon vocabulaire sont terriblement pauvres.

    Celle-ci n'arrive pas à la cheville de Jean Sola. Il n'y a que lui et sa maîtrise absolue du vieux français et du vocabulaire médieval qui est capable de mettre en place un univers aussi immersif.

    C'est pourquoi j'ai demandé à mon éditeur de faire traduire la version française du texte de Jean Sola en anglais pour la prochaine édition de Game of Throne en livre. Ceux-ci deviendront moins accessibles mais je me rapprocherais davantage du rêve que j'avais d'avoir un livre publié à mon nom de la trempe de Tolkien.

    • Heu... cette dernière réponse est une blague ?
      En tout cas j'aimerais beaucoup que ce ne soit pas le cas. Chaque fois que j'ai conseillé à des amis la lecture de cette oeuvre j'ai chaque fois insisté sur son style.
      Je déplore sincèrement le choix d'un nouveau traducteur. J'en étais arrivé à m'assurer qu'à chaque tome Jean Sola était bien le traducteur de l'ouvrage. Quelle déception au tome 5.
      Mais ce qui me fait rager sont les arguments avancés. M. FINKIELKRAUT, au secours ! Organisez un "Répliques" en invitant Jean Sola et non pas le nouveau traducteur Patrick MARCEL mais plutôt les éditions "Pygmalion".
      Viser la médiocrité pour toucher le plus grand nombre, et avec l'aval de ce dernier. C'est pitoyable.

  39. Malgré mon français très moyen, je n'ai eu strictement aucun mal à comprendre la traduction française du trône de fer ...
    Par contre pour la version anglaise, arrêtes donc de faire ton modeste en expliquant sois disant que tu n'as pas de vocabulaire, que t'es nul, mais que t'as parfaitement compris, ça n'a aucun sens, si tu n'a pas eu besoin de regarder plus de 3 fois dans le dictionnaire lors de ces premiers paragraphes, c'est donc que tu as un excellent niveau en anglais, c'est tout, et je parle même pas des tournures et des structures de phrases de nature germanique difficile à saisir pour un latin.
    Ou alors tu es plus nul en français qu'en anglais.

  40. Bonjour, je m'étonne à moitié des critiques que je lis ici. Personnellement ce qui m'a choqué ce n'est pas le niveau élevé et les mots ampoulés utilisés dans la traduction, mais cette impression redondante que le traducteur a un dictionnaire des synonymes sous la main et et des mots hors de sa portée dans le texte. Ou pire place des mots en argot dans un texte décidément de champ lexical élevé. Les differents niveaux de champ lexicaux ne me gênent pas quand ils sont utilisés à bon escient ou si tout le livre (en dehors des dialogues évidemment) fait parti de l'un ou l'autre. Mais lire que catelyne ou une mule est "vannée" ou que "shagga ne badait pas moins" me choque a un point que je ne saurais dire. Et surtout cette utilisation abusive de "vanné". Choisir un champ lexical oui... mais y rester est mieux

    • Les mots ne sont pas hors de la portée de Jean Sola, peut-être hors de portée de la vôtre, et ce n'est pas sa faute. "Bader" est un terme bien français, non de l'argot, et "'vanné" pour "fatigué" est aujourd'hui considéré comme familier, mais au départ c'est une métaphore qui se réfère au vannage (secouer le grain) pour traduire la sensation d'être moulu, courbattu. Et justement, le vannage colle bien à l'époque du roman. De toute façon, ce n'est pas de l'argot non plus. Renseignez-vous.

  41. "Ils avançaient dans l’aube pour voir un homme se faire décapité"

    C'est mignon de dénigrer le travail d'un traducteur et de proposer une alternative. Mais peut être votre difficulté de compréhension vient du fait que vous n'arrivez déjà pas à distinguer le participe passé de l'infinitif

  42. Je ne pige pas bien les critiques concernant cette traduction: si vous vouliez quelque chose de fidèle à l'original et bien lisez l'original ! Le niveau d'Anglais dedans c'est du niveau lycée / collège.

    Une traduction Anglais > Français donne forcément un résultat très différent car la langue Anglaise est vraiment très pauvre par rapport à la langue Française (d'où cette facilité de lecture en Anglais) et que les cultures sont très différentes, les références ne sont pas les mêmes, etc...

    Perso je n'aime pas du tout la version Anglaise: j'ai l'impression de retrouver le même niveau d'Anglais que dans certains jeux vidéo...

    De toute façon, peu importe la traduction, les pseudo fan-boy ne seront jamais contents, c'est toujours la même chose avec eux: ils aiment tellement une œuvre qu'ils en deviennent aveugles et que si vous changez une virgule, une expression, ils crient au scandale. Ce n'est pas votre œuvre, arrêtez de penser que vous détenez la vérité absolue.

    Oui loup garou est hyper éloigné de la réalité, vous vouliez qu'il fasse quoi ? Qu'il laisse l'original "Direwolf" en plein milieu d'un Français médiéval ? Il faut faire des choix, c'est comme ça. Encore une fois si vous voulez quelque chose qui colle exactement a l'original: lisez l'original, c'est la même chose pour les films: regardez les en VO si vous n'aimez pas les doublages.

    Quand on veut vraiment critiquer on trouve de toute façon toujours quelque chose a redire alors quand il s'agit de GoT ou de LotR...

    Bref, comme d'habitude on retrouve nos 10% habituels de pas contents.

  43. Une pétition pour une nouvelle traduction? sérieusement?
    Moi je propose une pétition pour que Sola puisse nous traduire les derniers tomes! Le style devient ennuyeux...
    Ok Sola s'approprie quelque part l'oeuvre, mais pour moi j'y vois plus une volonté de sublimé, de rendre hommage en donnant une autre dimension.
    MARTIN devrait remercier SOLA d'en avoir fait ce qu'il en a fait. Mais n'étant pas français, il ne saurait l'apprécier.... hélas.
    Pour moi Sola c'est un peu un Baudelaire traduisant Poe, mais ce serait reconnaître peut être trop de style à Martin.
    Les avis semblent très tranchés ici, le respect de l'opinion des autres prévaut ...

  44. La traduction de Jean Sola est d'excellente qualité. On ne peut pas en dire autant de la traduction suivante… Évidemment, pour ceux qui n'ont pas l'habitude de lire, cela doit être ardu de s'atteler à de la bonne littérature. Je tombe à la renverse en lisant le message qui prend "des pieds silencieux" pour une tournure incorrecte !!! Est-il vraiment possible d'être à ce point dépourvu de culture littéraire ?
    Transcrire une œuvre dans la forme la plus harmonieuse possible, c'est précisément le travail d'un traducteur, quoi que prétendent certains. Du moins, cela l'était dans la génération de Sola ; à présent, la recherche de profit a pris le dessus, il faut élargir le lectorat au maximum, donc abaisser le niveau. Quelle tristesse que Sola ait été viré à cause des plaintes de lecteurs qui répugnent au moindre effort et ignorent tout des richesses de notre langue… Cette traduction non seulement était très agréable à lire, mais elle restituait parfaitement l'ambiance du roman. Mais râler sottement est tellement plus facile que de s'instruire !

  45. "castel-acier forgé" ! Vous êtes sérieux ? Votre pseudo-traduction ne rend ni la structure de l'expression anglaise (qui signifie "acier forgé au château"), ni son sens. L'esprit de l'auteur, qui n'est pas écrivain mais scénariste, c'est un style basique. Il est amusant, non, triste de voir que le niveau a tant baissé que certains lecteurs prennent de la belle langue pour des fautes ou de la maladresse, et à l'inverse, estampillent un langage basique "qualité littéraire". Merci à Jean Sola d'avoir accompli une traduction digne de la tradition littéraire française, et honte aux lecteurs qui faute d'une culture adéquate, ont réclamé (et obtenu, profit oblige) une traduction pour les Nuls.

  46. Merci à Jean Solas d'avoir donné à ce texte une beauté que l'anglais, plus sobre, ne peut rendre en français sans un bon traducteur !
    Désolée, mais on ne peut pas et on ne doit pas faire du mot-à mot en traduction. C'est impossible ! D'abord l'anglais ne rechigne pas aux répétitions dans une même phrase. Ce n'est pas correct en français.
    Ce n'est pas que Martin a un mauvais style, mais il écrit dans une langue plus simple, moins riche grammaticalement parlant. L'anglais, sa langue. Dans la nôtre, le rendu DOIT être différent.
    Notre langue, c'est le français, pas le mot-à-mot traduit de l'anglais. Jean Sola écrit en très bon français, ni "précieux", ni ampoulé.
    Désolée, c'est ça le français.
    Ensuite Jean Sola a fait un boulot énorme sur la traduction des noms propres. Et ce n'est pas si courant, ni si facile ! Il n'a pas TRAHI Martin ! (même si le dicton veut que "Traduttore, traditore"), il a rendu son texte en français. C'est tout. C'est son boulot.


    Pourquoi s'aligner sur le médiocre ? Faire du basique ?

    Je suis consternée de constater cet appauvrissement de notre langue. Nivellement par le bas.
    Si vous ne comprenez pas, prenez un dico ! Il y en a de très bons sur le net en plus.
    Ou lisez de la bonne littérature.
    Et oui, il y a encore des auteurs qui écrivent en bon français à notre époque ! La littérature française n'est pas morte au XIXe.

    Si on pouvais faire revenir Jean Sola ! ! Je ne lirais les derniers tomes qu'en anglais tant qu'il ne sera pas revenu, parce que là, j'ai l'impression de lire le journal ou les sous-titres lamentables de la série.

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