L'insoutenable légèreté de l'être - Un roman hybride

10/10/2013

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Titre : L’insoutenable légèreté de l’être

Auteur : Milan Kundera

Editeur : Folio

Prix : 10,40€

Parution : 12 janvier 1990

Nombre de pages : 476 pages

Genre : Philosophie

Résumé : «Qu’est-il resté des agonisants du Cambodge ? Une grande photo de la star américaine tenant dans ses bras un enfant jaune. Qu’est-il resté de Tomas ? Une inscription : Il voulait le Royaume de Dieu sur la terre. Qu’est-il resté de Beethoven ? Un homme morose à l’invraisemblable crinière, qui prononce d’une voix sombre : « Es muss sein ! » Qu’est-il resté de Franz ? Une inscription : Après un long égarement, le retour. Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Avant d’être oubliés, nous serons changés en kitsch. Le kitsch, c’est la station de correspondance entre l’être et l’oubli.»

 

 

 

Je me suis plongée dans L’insoutenable légèreté de l’être après avoir entendu beaucoup de critiques positives à son égard et parce qu’à mon sens le titre est inoubliable et sublime. Cette œuvre est, en effet, à la croisée des chemins, une sorte d’hybride : mi-roman, mi-essai philosophique.

 

Il est très important de le savoir avant de commencer sa lecture sous peine d’être trop déstabilisé et éviter ainsi d’abandonner en cours de route.

 

Sachez qu’il est assez compliqué de résumer ce livre. Il ne se résume pas car il parle de la vie, de l’amour, de la mort, de la sexualité, de la politique, des valeurs de notre société… Tous ces grands sujets peuvent-ils vraiment être condensés en quelques phrases ?

 

Milan Kundera a choisi de nous livrer matières à réflexion à travers l’histoire de quatre personnages : Tomas – le libertin en couple avec Tereza – femme jalouse et possessive, Sabina – l’artiste éprise de liberté et Franz – le médecin idéaliste. Sans oublier Karénine, le chien recueilli par Tereza (quel nom génial pour un chien, vous ne trouvez pas ?) qui jouera un rôle important à la fin du récit.

 

Je ne suis personnellement pas parvenue à m’attacher aux personnages, ils m’ont semblé froids, distants et très éloignés de mon monde. Il y a une certaine dissection au vitriol des sentiments humains dans cette oeuvre et il est vrai que la part la plus sombre et la moins onirique de l’être humain et du couple est révélée, analysée. D’un autre côté, je ne suis pas persuadée que l’auteur voulait qu’on s’attache à ces personnages ; il souhaitait avant tout dépeindre une réalité et nous amener à réfléchir. En cela c’est réussi.

 

J’ai adoré être « bousculée » sur plusieurs sujets. Kundera s’amuse à analyser, délier les fils bien tissés de nos raisonnements pour nous pousser à penser différemment et aller plus en profondeur.

 

J’ai apprécié que la petite histoire soit intimement liée à la grande avec en toile de fond l’Histoire de la République Tchèque (1968/1969) et son invasion par la Russie. L’auteur ne rentre pas dans les détails mais je trouve toujours cela intéressant de découvrir un pan de l’Histoire que j’ignore ou connais peu. Cet aspect historique permet d’expliquer certains comportements des personnages (perte de repère, volonté de vivre à 100% et de rechercher tous les plaisirs existants : amour, art…). Kundera dresse ici un portrait critique du communisme et dénonce, sans être moralisateur, ce qu’il s’est passé en République Tchèque.

 

Les chapitres sont très courts (entre 1 et 5 pages), cela peut en rebuter certains mais j’ai trouvé que c’était ici un très bon procédé. On avance dans la lecture pas à pas, sans se presser, comme on savourerait une citation ou une phrase éloquente. Pour ne rien vous cacher, j’ai mis près d’1 mois à finir ce livre ! Il est vrai qu’il demande du temps, du calme, de la réflexion pour être apprécié. J’aurais, par exemple, été incapable de le lire dans les transports.

 

Pour conclure, c’est un roman indescriptible, qui marque l’esprit sans qu’on en retienne une image en particulier, qui se grignote et se savoure lentement comme un chocolat de marque afin de ne pas être indigeste. Cela signifie peut-être qu’entre légèreté et pesanteur (parmi les grands thèmes du livre), j’ai choisi la légèreté ?

Girly-geek parisienne, j’emplis ma vie de joies éphémères, de magies, de rêves et de métaphores. Accro au thé et aux lectures oubliées, j’aime diversifier mes lectures et alterner tous les genres de romans. Mes autres passions sont l’écriture, les voyages, découvrir de nouvelles activités et lieux, regarder des films et séries en serrant mon petit carlin dans les bras, jouer à des jeux-vidéos et prendre des photos lifestyle et de mes lectures que je poste régulièrement sur mon instagram lilymarolls.
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