La voie de la colère - De la fantasy made in France

19/01/2014

Titre : La voie de la colère (Le Livre et l’Épée #1)

Auteur : Antoine Rouaud

Editeur : Bragelonne

Parution : 31 Octobre 2013

Prix : 25€

Nombre de pages : 480

Genre : Fantasy

Résumé : Le général Dun-Cadal fut le plus grand héros de l’Empire, mais il n’est plus aujourd’hui que l’ombre de lui-même, une lamentable épave au fin fond d’une taverne. C’est là qu’une jeune historienne vient le trouver. Elle est à la recherche de l’Épée de l’Empereur, disparue dans le chaos des derniers jours de son règne, et que Dun-Cadal aurait cachée en un lieu secret. Pour elle, le vieux guerrier va ressasser ses souvenirs de gloire et ses regrets amers, à commencer par sa rencontre avec ce garçon qui lui sauva la vie et fit sa fierté avant qu’ils ne basculent tous deux dans le drame et le tourbillon de l’Histoire. C’est alors qu’un assassin sans visage se met à frapper au cœur de la République. Les fantômes du passé refont soudain surface, ravivant les anciennes rancœurs et la soif de vengeance d’un homme perdu sur la voie de la colère.

 

 

 Le 31 Octobre dernier sortait La voie de la colère, premier tome de la trilogie Le livre et l’épée d’Antoine Rouaud. Extrêmement mis en avant par les éditions Bragelonne, ce roman de fantasy a profité d’une sortie mondiale. Etant de nature curieuse et particulièrement sensible à ce genre de littérature, je me suis donc ruée sur ce petit nouveau dès sa sortie !  Ce premier volet est une pure merveille et Antoine Rouaud mérite amplement son succès.

 

La première partie introduit le personnage de Dun-Cadal, nous assistons à sa rencontre avec Viola. Puisqu’il lui fait le récit d’une guerre passée, qui fut à la base de la révolte, la narration est faite en deux temps. Nous avons le présent (époque avec Viola) et l’époque de la bataille des Salines. La transition entre ces deux époques est faite par des phrases en italiques, introduites à chaque début de chapitre. Il suffit de lire les deux premiers chapitres pour réaliser à quel point Antoine Rouaud a un réel talent d’écriture. J’ai trouvé ces citations en début de chapitres très poétiques, elles jouent un rôle important dans l’immersion de ce monde. Je félicite donc l’auteur qui a su me transporter dans son monde très rapidement.

 

Toutes les plaies se referment.

Ce sont les cicatrices qui nous le rappellent.

Et si la douleur est moins vive,

Elle n’en demeure pas moins profonde.

 

La transition entre le présent et le passé est également très imagée. En tant que lectrice j’avais vraiment cette impression de voyager parmi les souvenirs de Dun-Cadal. Le choix de cette structure en deux parties est également un choix très judicieux, puisque ce qui marque la fin de la première partie représente, à mes yeux, la première trahison (dans l’ordre de lecture et pas chronologique bien sur). La seconde partie démarre donc sur un réel choc puisque les personnages découvrent cette trahison en même temps que nous.

 

Un autre aspect de ce premier roman qui m’a énormément plu, c’est le don qu’Antoine Rouaud a pour me faire apprécier l’histoire. Je n’ai jamais, ô grand jamais aimé les cours d’histoire – bien que je sois très intéressée par notre culture. J’ai retrouvé de nombreuses références à l’histoire française dans ce tome, la plus évidente étant l’énorme clin d’œil à la Révolution française (je vous autorise à me rouer de coups si je suis à côté de la plaque). La difficulté qu’a la République à s’installer, au point de devoir recourir à un symbole de l’ancien temps pour se légitimer, rappelle à quelle point la république française a pris du temps à s’installer.

 

Le personnage de Viola, qui se doit de respecter une certaine neutralité, représente vraiment l’histoire telle qu’elle se veut enseignée, sans parti-pris. Les différentes perspectives développées sur un même événement apportent beaucoup. Une certaine incertitude est maintenue, le lecteur est vraiment tenu en haleine.

 

En plus d’avoir une histoire très bien construite, Antoine Rouaud a également donné vie à des personnages plus ou moins attachants. Le premier étant Dun-Cadal, qui a su me charmer malgré son attitude bourrue. Cet homme est vraiment hors du temps, il appartient à une autre époque. Il m’a un peu fait penser à Rambo (au début du premier film), il a participé à une guerre que plus personne ne soutient et a du mal à s’adapter à cette nouvelle époque. Accessoirement, pour renforcer ce décalage le vieux monsieur a également un gros soucis avec la bouteille et il est raciste. Quel homme plaisant !

 

Viola, à l’inverse, a vraiment le don d’apaiser, elle ne semble pour le moment pas avoir un rôle majeur. C’est certainement le personnage qui m’intrigue le plus et que j’ai hâte de retrouver ! Elle semble avancer dans l’ombre et se nourrir de tous ce dont elle est témoin. Grenouille, en revanche m’a un peu énervée, je le trouve naïf et tellement obnubilé par son désir de vengeance que ça le rend imprudent. Ceci dit ses réactions sont tout à fait compréhensibles – je ne me suis toujours pas remise de la révélation faite à la p347. Sur ce coup-là, Esyld m’a tout simplement achevée ! Pauvre Laerte…

 

Cette combinaison d’intrigues et de trahisons dans un monde instable est une pure merveille ! Chaque retournement de situation m’a surprise, j’ai commencé le livre en début de matinée pour ne le reposer que vers 3h du matin. Il m’était tout simplement impossible de le lâcher. Il est assez rare que je lise un livre de cette envergure d’une traite, il me faut généralement 3 ou 4 jours. Alors si ça ce n’est pas une preuve du talent fou qu’a ce jeune auteur qu’est-ce donc ?

 

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur lors de sa venue au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en décembre dernier. Un homme fort sympathique qui réalise à peine ce qui lui arrive. Il travaille actuellement sur la suite de ce premier opus, qu’il me tarde de lire, mais tout vient à point à qui sait attendre (oh oh oh). Je conseille ce livre à tous les amoureux de Fantasy, aux novices en quête d’aventure mais également aux passionnés d’histoire 😉  Si vous êtes curieux vous pouvez également aller voir cette vidéo, dans laquelle Stéphane Marsan nous parle du parcours de ce roman.

Parisienne d’adoption, geek dans l’âme, grande lectrice de fantasy et danseuse à mes heures perdues je speak english like a native. J’ai fait mes armes sur le tas, aux côtés d’April O’Neil, à défaut d’avoir reçu ma lettre d’admission à Poudlard. Je navigue entre les pages et les univers virtuels, à la recherche de réponses, convaincue que la vérité est ailleurs. Plus sérieusement, j’attends toujours de voir une certaine cabine téléphonique bleue atterrir en bas de mon immeuble.
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