Le Crocodile du Botswanga : de la dictature à la sauce Eboué

31/01/2014

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Titre : Le Crocodile du Botswanga

Réalisateur : Fabrice Eboué et Lionel Steketee

Acteurs : Thomas Ngijol, Fabrice Eboué …

Nationalité : Français

Genre :  Comédie

Date de sortie : 19 Février 2014

Durée: 1h30
Synopsis :
 Leslie Konda, jeune footballeur français talentueux, repéré à son adolescence par Didier, un agent de faible envergure qui a su le prendre sous sa coupe, vient de signer son premier contrat d’attaquant dans un grand club espagnol. Dans le même temps, sa notoriété grandissante et ses origines du Botswanga, petit état pauvre d’Afrique centrale, lui valent une invitation par le Président de la République en personne : Bobo Babimbi, un passionné de football, fraîchement installé au pouvoir après un coup d’état militaire. Leslie se rend donc pour la première fois dans le pays de ses ancêtres accompagné par Didier pour être décoré par le Président Bobo qui s’avère rapidement, malgré ses grands discours humanistes, être un dictateur mégalomane et paranoïaque sous l’influence néfaste de son épouse. À peine ont-ils débarqué que Bobo conclut un deal crapuleux avec Didier : faire pression sur son joueur afin que celui-ci joue pour l’équipe nationale : les Crocodiles du Botswanga…

 

Sans avoir vu la bande-annonce, sans vraiment connaître Fabrice Eboué, sans même réellement savoir de quoi parle le film, je me suis rendue vendredi soir dernier à l’avant-première du Crocodile du Botswanga. Je savais que l’équipe du film devait être là. J’étais partie pour passer un bon moment. Malheureusement, le film ne m’a pas convaincue …

 

J’étais hyper enthousiaste à l’idée de rencontrer Fabrice Eboué. On le voit partout à la télé en ce moment, notamment pour la promotion de son dernier film, Le Crocodile du Botswanga, co-réalisé avec Lionel Steketee. C’est un personnage intéressant, connu pour son humour tranché. Je me suis dit qu’avec son film, j’allais bien rigoler.

 

La soirée a débuté en présence des réalisateurs, ainsi que celle de Claudia Tagbo, remplaçant au pied levé Thomas Ngijol. Le public réuni a pu leur poser tout un tas de questions sur les lieux de tournage, le scénario et avoir des précisions sur le film et son thème. Évidemment, l’humour était de mise, Fabrice Eboué ne manquant pas de beaucoup nous faire rire avec ses réponses cinglantes. Après 20 minutes passées en leur compagnie, les lumières se sont éteintes et la projection a commencé. C’était parti pour 1h30 de comédie.

 

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Le film débute fort niveau humour. Tout le monde en prend pour son grade, toutes religions, couleurs de peau et professions confondues. Ce ton ironique et moqueur est présent du début à la fin. Certains passages sont vraiment très drôles et bien trouvés. Il faut dire que la prestation de Thomas Ngijol est vraiment à souligner. Il est parfait dans son rôle de dictateur africain fantasque.  Le casting est globalement très bien choisi, malheureusement, je regrette quelques passages surjoués qui desservent l’humour mis en place. J’ai trouvé notamment que Claudia Tagbo avait tendance à en faire trop, ce qui alourdit son personnage, déjà bien potache.  

 

Le thème du film va dans le sens de la comédie, et lui sert de support. On se rend vite compte que le foot n’est qu’un prétexte pour en réalité se moquer et caricaturer à grands traits la dictature, en particulier africaine. Tous les personnages sont stéréotypés pour mieux grossir le trait. C’est peut-être justement ce côté brut de décoffrage qui fait qu’on a l’impression parfois de basculer dans la comédie à outrance.

 

Toutefois, il y a un vrai regard critique derrière tout ça. Des références à des dictateurs réels sont faites. Malheureusement, je n’ai pas la culture nécessaire pour les appréhender, et je ne suis pas sûre que beaucoup de monde dans la salle soit parvenu à lire entre les lignes. Il faut quand même souligner l’effort de Fabrice Eboué d’avoir voulu offrir à son public une critique politique et sociale qui se moque des préjugés et des clichés.

 

Crocodile

 

Le film aurait réellement pu être bon je pense s’il n’y avait pas eu cette impression de lenteur tout au long du scénario. Les scènes s’enchaînent, les blagues aussi, mais l’histoire n’avance pas. 1h30 c’est court pour un long-métrage et pourtant, ça m’a paru très long … Peut-être surtout parce que la fin est au-delà du prévisible. La comédie s’étire sur une mécanique classique et sans surprises. Le film mise tout sur l’humour, mais il n’arrive pas à lui seul à combler le manque de rythme. C’est ce qui a certainement amené les acteurs à surjouer. C’est vraiment dommage que Fabrice Eboué n’ait pas eu le recul approprié pour savoir dire stop quand c’était nécessaire.

 

Pour finir, je dirai que Le Crocodile du Botswanga est avant tout un film culotté, à l’image des spectacles de Fabrice Eboué, qui s’attaque ici au thème plus que délicat qu’est la dictature. C’est avant tout ce que je retiendrai du film. Ce film est avant tout destiné à ses fans, qui sauront certainement bien plus que moi l’apprécier à sa juste valeur.

 

Dévoreuse de livres, TV Show addict, cinéphile, geekette, …
Magie, créatures bizarres et compagnie : mon truc, c’est le fantastique ! Si je pouvais, j’irai vivre au pays des elfes et je vous emmènerai tous avec moi ! 😛
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