Interstellar : l'Espace à travers les yeux de Nolan.

12/11/2014

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Titre : Interstellar

Réalisateur : Christopher Nolan

Avec : Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Casey Affleck, Matt Damon…

Genre : Science-fiction

Durée : 2h49

Nationalité : Américain

Sortie : 5 Novembre 2014

Synopsis : Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

 

 

 

 

Chaque film de Christopher Nolan est un « petit » événement cinématographique. Le réalisateur de la dernière saga Batman et Inception nous revient cette année avec un projet ambitieux sur l’Espace. Après Gravity d’Alfonso Cuaron, primé aux Oscars l’an dernier, on peut dire que les films sur l’Espace sont à la mode. Nolan ne cache pas son inspiration de Kubrick, 2001 l’Odyssée de l’Espace étant LA référence en la matière. Il utilise les codes du genre pour un faire un film grand public axé autour des sciences et de la famille.

 

 

 

Malgré les quelques 2h49 du film, j’ai trouvé que l’action allait à bon rythme et n’ai pas vu le temps passer (quoiqu’un entracte n’aurait pas été de trop après mon thé du matin ;-)). Il est difficile de dire qu’Interstellar est un mauvais film, mais les thèmes abordés sont bien trop différents, ce qui vient quelque peu gâcher l’histoire.

 

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L’histoire commence par une vision de la Terre vouée à la mort, entre tempêtes de poussière et la mort des plantes et minéraux. Dans ce monde qui dépérit, un père (Matthew McConaughey) essaye tant bien que mal de tenir son rôle de chef de famille après la mort subite de sa femme. Ayant repris la ferme de son beau-père, cet ancien pilote de la NASA, ne peut s’empêcher d’inculquer ses savoirs à ses enfants, alors même que le monde réfute les anciennes théories scientifiques au nom de l’espoir. Un jour, pourtant, des phénomènes bizarres commencent à se déclarer dans la chambre de sa fille (Mackenzie Foy, Renesmée de la saga Twilight). Des phénomènes inexplicables, qui vont amener cet homme à reprendre son rôle de pilote et partir à la conquête de l’Espace pour y trouver une solution aux maux de la Terre. Forcé de quitter sa famille et particulièrement sa fille, Cooper n’aura de cesse de tout faire pour sauver le monde et revoir les siens.

 

 

L’histoire familiale est finalement le fil conducteur du récit, car au-delà de la conquête spatiale, Interstellar est une fabuleuse histoire d’amour. Un amour qui lie les êtres et donne espoir. Ce thème est vraiment bien amené, même s’il est très cliché : un père voulant sauver sa famille, c’est un peu LE thème de prédilection d’Hollywood.

 

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La partie dans l’espace est filmée avec une beauté rare. Le passage du vaisseau dans le trou de ver est magnifique. Nolan étant allé chercher les calculs réels d’un grand scientifique pour créer un trou de ver le plus réaliste possible ! Malheureusement, les discours scientifiques très (trop) nombreux dans le récit ne seront pas compris de tous. C’est bien là que le bât blesse. Nolan, dans son envie d’être réaliste, se montre orgueilleux et en oublie le spectateur lambda qui ne s’y connait pas. A trop vouloir expliquer la galaxie et ses trésors, il en oublie d’être crédible sur des points bien plus essentiels tels que les problèmes liés au vaisseau et à la survie dans l’Espace. Mis à part un petit plot sur le manque probable de carburant à un moment ou deux, Nolan ne se soucie pas une minute de rendre crédible cette expédition qui durera quelques décennies (l’espace-temps changeant d’une Galaxie à l’autre). L’approvisionnement en oxygène ou nourriture ont été des questions que je me suis posée tout au long du film, sans au final aucune réponse. Le film, qui touche au genre catastrophe, va même jusqu’à tenter un côté thriller en deuxième partie de film, se rapprochant ainsi du Sunshine de Dany Boyle. Comme je le disais plus haut, c’est vraiment ce trop-plein d’intrigues et genres qui gâche le récit. D’autant que le twist de la fin m’a fait rire par son absurdité globale (oui c’est logique, mais au final, on a l’impression que le réalisateur s’est moqué de nous pendant deux heures !).

 

Il manque à ce film, à mon humble avis, un recul important sur notre société et ses ravages. Car si la Terre de Interstellar meurt, c’est bien par la faute de l’humain. Or, Nolan ne fait à aucun moment s’interroger ses personnages sur leur impact. Seul pour lui est de sauver les humains. La survie de l’espèce humaine (aucun animal n’est représenté dans ce film, il faut quand même le faire !) est le seul et unique objectif de la mission qui conduit Cooper à partir dans l’espace. Il n’y a ni de questionnement sur Dieu (bizarre quand on sait que les gens en viennent toujours aux croyances en cas de désastre ou fin du monde), ni culpabilité. Le centre du monde tourne encore une fois autour de l’Américain prêt à sauver le monde (en tout cas le sien, peut-être pas celui des autres …), ce qui nous met en porte-à-faux, nous spectateurs non américains.

 

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Le casting est néanmoins le grand point fort de ce film, qui au final reste assez bancal. Emmené par Matthew McConaughey, Oscar du meilleur rôle masculin dans Dallas Buyer Club l’an dernier, le film y trouve un lead masculin puissant et touchant à la fois. Anne Hathaway, qui avait pris un peu ses distances avec le cinéma ces derniers temps, se révèle troublante et fascinante, dans un rôle qui la change de ce qu’elle avait pu faire auparavant. Mackenzie Foy est la révélation de ce film. La jeune actrice déploie une palette impressionnante et prouve qu’elle a une longue carrière en devenir. On croisera aussi la route de Jessica Chastain, toujours aussi sublime, Michael Caine, Casey Affleck ou encore Matt Damon. Un casting plus que prestigieux donc, pour une superproduction qui au final devrait plaire au plus grand nombre de par ses effets spéciaux et son extraordinaire bande-son (Hans Zimmer encore et toujours !). Mon avis personnel est mitigé, comme à chaque fois avec les films de Nolan, mais cela ne m’a pas empêchée d’être émue par certaines scènes.

 

Pauline, j’ai toujours voulu étudier à Poudlard, mais n’ayant jamais reçu ma lettre, je me suis contentée de vivre par procuration d’incroyables aventures à travers les livres, les films et séries tv. J’aime tout, de la sci-fi, aux comédies romantiques, en passant par les drames ou thrillers. Qu’importe le format ou la manière, le plus important est que l’histoire me touche.
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2 Comments

  1. Personnellement, j'ai adoré! J'avoue que pendant le film, je n'ai pas poussé mes questions jusqu'au point de me demander comment ils se réapprovisionnaient et avaient assez de nourriture pour tout ce temps, mais je me suis beaucoup laissé porter par le film et les questions sont venues après!

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