Big Eyes – Du Tim Burton qui y ressemble très peu

10/03/2015

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Titre : Big Eyes

Réalisateur :  Tim Burton

Avec : Amy Adams, Christoph Waltz, Krysten Ritter, …

Genre : Biopic, Drame

Durée : 1h46

Nationalité : Américain

Sortie : 18 mars 2015

Synopsis : L’histoire du peintre Walter Keane et de sa femme Margaret, qui sont devenus célèbres dans les années 50 et 60, grâce à une série de portraits d’enfants affublés de gros yeux.

 

 

 

 

 

Dans quelques jours, vous aurez certainement l’occasion de voir apparaître une nouvelle réalisation de Tim Burton à l’affiche de votre cinéma. Comme chacun de ses films, en ce qui me concerne, c’est un événement que je ne peux tout simplement pas manquer. J’avais tellement hâte de voir Big Eyes que je n’ai pas pu attendre sa sortie officielle et je vous avoue que je l’ai donc, disons, regardé de manière plus officieuse, si vous voyez ce que je veux dire (mais enfin, qui est encore innocent de nos jours ? ^^). J’en ressors avec l’impression bizarre de n’avoir regardé que très peu de Tim Burton, voire pas du tout.

 

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Big Eyes retrace l’histoire vraie de la peintre Margaret Keane dont la signature se retrouve dans les grands yeux dont elle affuble tous ses portraits, mais aussi et surtout de l’immense imposture à laquelle elle a participé « contre son gré » ; en effet, durant de nombreuses années, c’est son mari Walter qui a reçu tout le mérite, faisant croire aux gens que ces toiles d’enfants aux très grands yeux avaient été peintes de sa main.

 

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Je suis assez confuse en ce qui concerne Big Eyes. Au vu de la bande annonce, je m’attendais à autre chose, mais en réalité cette dernière regroupe pratiquement tous les éléments les plus importants du film. Pour vous dire la vérité, sachant que Tim Burton était aux commandes, j’étais impatiente de me retrouver à nouveau face à cet univers fantastique, excentrique et unique qu’il maîtrise si bien. Mais au final, pratiquement rien de tout cela. Mais en même temps, je crois que je me dois de lui pardonner : après tout, il s’agit de l’adaptation d’une histoire vraie.

 

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Même si de manière générale on n’a pas vraiment l’impression de regarder une réalisation signée Tim Burton, et qu’on est loin de son style le plus « saillant », il y a tout de même certains éléments présents dans le film qui nous rappellent sa petite touche personnelle. Premièrement, si j’ai bien compté, monsieur Burton signe sa 16ème collaboration avec le compositeur Danny Elfman (mais bien que j’adore le travail de cet homme, je trouve que Big Eyes est loin d’être son meilleur). Ensuite, le générique de Big Eyes est très semblable à ceux de Charlie et la Chocolaterie et Sweeney Todd, bien que beaucoup plus court. Les premiers plans du film m’ont quant à eux énormément rappelé Edward aux Mains d’Argent (principalement les petites maisons de banlieue colorées et la vue du château d’Edward lorsque Peg s’y dirige en voiture). Nous sommes également, tout au long du film, face à des scènes à la luminosité et aux couleurs très fortes, où on peut également faire un parallèle avec certaines des œuvres de Tim Burton comme Edward, Mars Attacks ! ou Charlie. Et enfin, il y a bien sûr les yeux. Ces beaux et grands yeux présents sur la majorité des peintures de Margaret collent tellement bien à l’univers de Tim Burton qu’il est difficile de se dire qu’ils n’ont pas été créés par lui. J’ai adoré les passages où il a transposé ces grands yeux sur de vraies personnes, je trouve que ça rappelle beaucoup son style si particulier et unique.

 

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En dehors de toutes ces touches burtoniennes, il faut reconnaître que le film est très lent, et ce du début à la fin. Bien que l’histoire soit intéressante et qu’elle mérite d’être connue ne serait-ce que pour les magnifiques tableaux de Margaret Keane, je me demande si le format « film » était le meilleur qui soit pour la conter. Je pense qu’un format « documentaire » aurait tout aussi bien fonctionné, voire peut-être même mieux. Cependant, je trouve que le film transmet bien la sensation d’horreur et de dépouillement qu’a dû ressentir cette peintre ; parce que même si je ne suis pas du tout artiste, je pense que s’approprier l’art de quelqu’un d’autre, ça équivaut à lui voler sa personnalité, son identité, son Soi. A partir de là, on pourrait même dire que l’un des thèmes principaux du film, si pas LE thème principal (en dehors de l’histoire de Margaret Kean en elle-même), est cette emprise psychologique que peuvent exercer certaines personnes sur d’autres, et dont ces dernières ne peuvent s’échapper.

 

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Au niveau du casting, le film ne réunit que des personnalités connues et reconnues. C’est Amy Adams (Il était une fois, Man of Steel, American Bluff, …) qui tient le rôle de Margaret Keane, je ne suis pas trop fan de cette actrice mais elle s’en sort assez bien dans Big Eyes. Christoph Waltz (Inglorious Basterds) campe un Walter Keane totalement manipulateur et aliéné, et je trouve que son interprétation est vraiment très bonne, surtout que sa tête colle parfaitement à son rôle (mais j’espère qu’il n’est pas comme son personnage dans la vraie vie…). On retrouve également Krysten Ritter (Killing Bono, Veronica Mars, Don’t Trust the B—- in Apartment 23), Jason Schwartzman (Marie-Antoinette, Scott Pilgrim, Dans l’ombre de Mary) ou encore Danny Huston (que j’apprécie tout particulièrement pour ses différents rôles dans la série American Horror Story).

 

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Dans l’ensemble, j’ai donc apprécié l’histoire et les touches bien spécifiques à Tim Burton, mais j’ai définitivement moins aimé les longueurs présentes tout au long du film. C’est loin d’être la meilleure des réalisations de Tim Burton, mais elle est également loin d’être à jeter, je trouve qu’elle vaut le détour et mérite d’être vue au moins une fois, ne serait-ce que pour la (à la fois) très belle et très triste histoire des Keane.

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