Séries Mania Saison 7 : on y était !

26/04/2016

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SERIES MANIA

 

 

Séries Mania est un festival entièrement gratuit, qui a lieu à Paris tous les ans au mois d’Avril : entre séries en avant-première, conférences et débats, tout tourne autour des séries !

Pour sa septième année, le festival Séries Mania s’est agrandi en diffusant deux fois chaque série présentée pendant les 10 jours du Festival : au forum des Images et à l’UGC les Halles. Cette nouvelle formule renforce d’autant plus le dispositif et le nombre de places et permet aux spectateurs de choisir plus librement les horaires des séances. Plus de liberté pour plus de séries. Le festival se compose entre séances de séries inédites en France et débats et masterclass sur des thèmes divers et variés. Un festival complet qui plaira autant aux novices qu’aux plus grands fans de séries.

Je vais donc vous faire vivre mon festival avec les 6 séries que j’ai découvertes pendant ces 10 jours. Avec quelques 50 séries présentes au festival, il faut dire que c’est peu, mais à cause de mon boulot je n’ai pas pu en voir plus, ni assister aux masterclass. Néanmoins, j’ai vraiment essayé de voir des séries d’un peu partout ou que j’attendais, mais aussi de me tourner vers des genres que je regarde peu.

 

Si vous y êtes allés, n’hésitez pas à me dire quelles sont les séries qui vous ont le plus plu !

 

 

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1THIRTEEN : UK – 5×60 mn (BBC 3 / France Télévision)  4/5

Kidnappée adolescente, Ivy Moxam échappe à son ravisseur après 13 années d’enfermement. La jeune femme est prise en charge par une unité spéciale. Mais le retour à son ancienne vie s’annonce difficile. « Thirteen » ose s’attaquer à un sujet sensible et épineux. Une plongée en eaux troubles, servie par l’interprétation épurée de Jodie Comer (My Mad Fat Diary).

C’est une série comme les Anglais savent si bien le faire : froide, concise mais brillante. Ivy a été enlevée à l’âge de 13 ans. Elle en a maintenant 26 et elle réussit enfin à s’enfuir. A peine libre et aux prises de la police, elle va devoir dire, expliquer et indiquer tout ce qu’elle sait de son tortionnaire. C’est assez froidement que la série débute. Ivy est observée, interrogée et surveillée par la Police. Est-elle celle qu’elle dit être ? Qui est celui qui l’a gardée prisonnière et où se trouve-t-il ? Déboussolée et complètement ailleurs, Ivy ne pense qu’à retrouver sa famille. Sa famille qu’on découvre assez vite : une mère aimante qui vit avec sa deuxième fille et le fiancé de celle-ci. Le père, quant à lui, a fini par quitter le foyer avec sa maîtresse. C’est une famille décomposée qui apprend la nouvelle, avec choc. Ivy retrouve enfin sa famille et pour ne pas la déstabiliser, ceux-ci vont essayer de lui cacher les changements de ces treize dernières années… Mais tout n’est pas si simple et le bourreau d’Ivy va enlever une autre petite fille. La liberté n’est pas ce qu’avait imaginé Ivy et le calvaire est loin d’être terminé !

C’est une série qui m’a beaucoup fait réagir. J’ai été, à certains moments, très mal à l’aise avec le comportement de certains policiers qui jugent Ivy et ses actes. Cela m’a rappelé une scène du film Room. Il faut dire que les deux enquêteurs en charge d’Ivy ont des points de vue très différents sur l’affaire. Elliot a plus d’empathie pour Ivy, tandis que sa coéquipière Lisa est très dure avec elle. Certaines de ses paroles m’ont choquée, car elle la traite comme une criminelle. A aucun moment les policiers ne pensent au calvaire réel qu’elle a enduré pendant 13 ans. Ils savent mais c’est comme s’ils n’avaient aucune pitié. C’est assez difficile derrière son écran de regarder ça sans pouvoir rien dire !

Ivy, quant à elle, essaye tant bien que mal de se réhabituer à une vie « normale » mais tout est très difficile. Surtout quand elle revoit son ancien petit-ami, qu’elle a toujours aimé. Mais Tim est marié et se rend compte que le dire à Ivy n’est pas aussi facile qu’il n’y parait.

C’est toute une famille, un entourage et bien plus encore, qui est bouleversé par ce retour. Toutes ces vies entrecroisées qui imaginaient Ivy morte. La reconstruction ne sera pas que pour Ivy mais aussi pour toutes les personnes qui l’auront aimée, croisée ou aidée. La série est très belle, même si comme je l’ai dit j’ai eu quelques réticences à certains moments.

 

2NORSKOV : DANEMARK – 10×42 mn (TV2 / Arte)   4/5

Alors que le maire de Norskov tente d’attirer de nouveaux investisseurs pour relancer l’économie de la ville, son plan est entravé par des problèmes de drogue récurrents. Il décide de faire appel à l’inspecteur Tom Noack, son beau-frère, de retour dans la ville. Un polar réaliste et émouvant, mêlant habilement intrigues familiales et sociétales.

On a eu la chance de pouvoir voir les trois premiers épisodes de la série pendant le festival. Le reste sera diffusé dans quelques temps sur Arte. La série est très bonne. Les nordiques savent faire des polars, mais ont aussi une réalisation très belle et nette, qui, je trouve, correspond bien aux standards internationaux. Là où la France peine à séduire l’international (surtout les séries des grandes chaînes), Norskov y arrive tout en gardant sa singularité du nord.

Sur fond de drogue, sport, morts et magouilles politiques, la série nous entraîne au plus profond d’une petite ville en plein changement. En retrouvant cette ville qui l’a vu grandir, Tom Noack ne s’attendait peut-être pas à replonger dans un tel monde. Même si le polar fonctionne bien, je trouve que les rebondissements sont assez faciles à deviner, même si certaines personnes dans la salle de projection ont paru surprises. C’est donc un polar dramatique assez simple, mais vraiment bien réalisé et joué. En trois épisodes, la série a quand même réussi à m’intriguer et à me donner envie de continuer, ce qui est pour moi un très bon point !

 

 

 

3WAR & PEACE : UK – 6x60mn (BBC / France 2)  3.5/5

Au début du XIXe siècle, le quotidien de cinq familles aristocratiques russes, entre amitiés et rivalités sur fond de guerre napoléonienne. Adaptation fidèle et soignée du mythique roman de Tolstoï, « War and Peace » séduit par la modernité de sa mise en scène, le réalisme des scènes de guerre et ses acteurs hors pair, dont Paul Dano, étonnant dans le rôle de Pierre.

Je suis une très grande fan de drama d’époque anglais. J’ai donc sauté sur l’occasion d’aller à la projection des deux premiers épisodes de la mini-série produite par la BBC. Tirés du roman culte de Tolstoï Guerre et Paix, ces épisodes, diffusés fin 2015 au Royaume-Uni, ont eu un beau succès.

Pour moi, BBC a fait ce qu’il y a de mieux en adaptation de roman : de Pride & Prejudice à North and South en passant par les livres des sœurs Brönte, ils ont tout essayé ou presque, et cela avec brio ! J’étais donc assez excitée quand j’ai vu l’annonce de l’adaptation du fameux roman de Tolstoï. J’avoue, il y a quelques années, j’ai essayé de lire ce gros pavé, mais malheureusement je n’ai même pas été au bout du premier tiers du roman ! Néanmoins, j’avais vu l’adaptation avec Clémence Poésy datant de 2006 et produite en partie par France 2. Je ne suis pas la plus grande fan de cette histoire, mais comme j’aime beaucoup les dramas d’époque, ça me fait plaisir d’en regarder. Il faut dire qu’ici, le casting est vraiment intéressant ! Même si je regrette le choix de Lily James, que je trouve vraiment peu intéressante et pas vraiment bonne actrice. Néanmoins, le tout est rattrapé par l’excellent Paul Dano, qui survole tout du long les autres acteurs. On retrouvera aussi Gillian Anderson (X-Files), Mathieu Kassovitz en Napoléon ou encore James Norton (Happy Valley) en Prince Andrei Bolkonsky. Comme toute production BBC, on ne pourra rien dire quant à la qualité de la réalisation et des décors (avec un budget de 10 millions de livres par épisodes). Néanmoins, je trouve les deux premiers épisodes un peu lents. Le spectateur a beaucoup de visages et d’intrigues à digérer et la lenteur des épisodes rend le tout un peu indigeste à mon goût. J’attends donc de voir le reste pour me faire une idée plus précise, mais pour l’instant c’est la déception qui l’emporte, malgré la performance incroyable de Paul Dano !

 

 

 

4MARCHE A L’OMBRE : QUEBEC – 10×52 mn (Super Ecran)  5/5

Rachel, criminologue, travaille dans un centre de semi-liberté. Avec ses collègues, elle accompagne quotidiennement des détenus en cours de réinsertion. Sa confrontation avec l’un des résidents va remettre en question sa routine de travail. Une chronique sociale tout en justesse, portée par l’interprétation de l’excellente Laurence Leboeuf.

Mon coup de cœur de ce festival ! J’ai eu la chance d’assister à la séance avec des questions réponses à la fin avec l’équipe artistique de la série (je suis donc officiellement amoureuse de Laurence Leboeuf, sachez-le).

Diffusée sur une chaine du câble au Québec, la série dispose d’un format particulier, puisque ses épisodes n’ont pas tous la même durée : entre 48 et 55 mn. Cela permet à la série de ne pas s’imposer de couper des scènes pour respecter un format précis.

La série nous plonge dans un système assez peu connu, mais finalement très intéressant, d’un centre de semi-liberté, où des criminels qui sortent de prison vivent en attendant de retrouver leur totale liberté. Même si la série se concentre plus particulièrement sur les criminologues qui les encadrent, on découvre quand même des personnes intéressantes et vraiment touchantes. La série prend le parti de ne jamais juger les crimes de ces personnes. On apprend toujours après un certain temps leur crime : entre grand banditisme, meurtre, violence conjugale, piratage ou pédophilie. Même si certains criminologues pensent qu’ils ne s’en sortiront jamais, ils font tous leur boulot avec une ouverture et une force incroyable.

La série se focalise en grande partie sur Rachel, l’une des criminologues du centre de transition. Lors du premier épisode, on la voit confrontée à un détenu qui a violé les règles du centre (les détenus, même s’ils peuvent sortir en journée, ont des devoirs et des couvre-feux…). Elle décide de le renvoyer en prison, mais celui-ci le prend très mal et se suicide. Cela va marquer la jeune femme et celle-ci va faire une dépression. L’interprétation de Laurence Leboeuf, connu principalement en France pour la série pour ado 15/A, est vraiment exceptionnelle ! Pour preuve, elle a remporté le prix d’interprétation pour ce rôle au Festival !

La série évoque de très nombreux thèmes, autres que ceux du milieu carcéral. C’est une des choses que j’ai beaucoup aimées. On y parle d’amitié, d’amour, de famille mais aussi de thèmes peu traités à la télé comme le sadomasochisme. Mais ici, nous sommes très loin de ce que peuvent nous montrer des films comme Fifty Shades Of Grey. Tout parait plus réaliste et douloureux. J’ai beaucoup aimé aussi les interactions entre les personnages : autant les criminologues entre eux que les détenus. C’est mon monde particulier, une sorte d’écrin de « paix » avant de replonger dans la vie bien réelle. Je pense sincèrement que le système carcéral français devrait prendre exemple sur ce qui est fait là-bas. La série étant produite par une femme, ancienne criminologue qui a fait ce boulot, on se rapproche vraiment de la réalité des choses. 

La place des femmes est aussi très importante, car elles sont généralement représentatives des 90% des étudiants en criminologie. On ne se doute pas une seconde de la force dont elles font preuve pour suivre, aider et redonner une nouvelle vie à ces détenus !

Cette série a donc été un gros coup de cœur. On connaît très peu les séries québécoises et c’est bien dommage car leur sensibilité et leur franchise leur font faire de terriblement bonnes séries !

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5AMERICAN CRIME: USA – 10×42 mn (ABC / Canal +)   5/5

/SAISON 2/ La mère de Taylor, un jeune étudiant, accuse des membres de l’équipe de basket-ball de son lycée d’avoir sexuellement agressé son fils. Tandis que des photos et des vidéos circulent dans l’établissement, la proviseure tente d’étouffer l’affaire. Avec ce deuxième chapitre de son anthologie, John Ridley poursuit sa radiographie critique de l’Amérique contemporaine.

C’est une saison 2, mais c’est aussi une anthologie (mêmes acteurs, mais histoire différente). American Crime nous plonge dans les maux de l’Amérique d’aujourd’hui. La saison 1 se concentrait en grande partie sur le racisme, tandis que le thème de cette saison 2 est sur le viol. L’originalité, si on peut dire cela ainsi, est que la série évoque un tabou assez encré dans la société : le viol masculin. La série vous prend aux tripes dès les premiers instants et on comprend alors tout le défi qu’est de faire reconnaître un tel crime. Les préjugés sont tellement grands qu’on en est horrifié. La série est passée plutôt inaperçue dans les médias. Moi-même j’en ai entendu plus parler sur Twitter, où les avis étaient dithyrambiques, que dans les médias traditionnels US. C’est bien dommage, car la série est portée par un excellent casting, tout en diversité. Cela change et fait du bien !

Je ne pourrais pas en parler plus car je n’ai vu que les deux premiers épisodes, mais j’ai hâte de continuer et finir cette série, qui est de loin ce que j’ai vu de meilleur sur un grand network depuis des années ! Il est vrai que si la série était passée sur HBO ou le câble US, elle aurait été encensée de toutes parts…

 

 

 

6THE NIGHT MANAGER : UK – 8×43 mn (BBC ONE / France Télévision) 3/5

Jonathan Pine, ancien soldat de l’armée britannique, est directeur de nuit dans un hôtel du Caire. En plein printemps arabe, il croise la route de Sophie, qui lui révèle l’existence d’un considérable trafic d’armes orchestré par Richard Onslow Roper, célèbre homme d’affaires britannique. Cette adaptation élégante de John Le Carré oppose au sommet Tom Hiddleston et Hugh Laurie.

La série est une petite déception pour moi. Tirée d’un roman du très grand John Le Carré, The Night Manager met en scène le très bon (et beau) Tom Hiddleston face au très intense Hugh Laurie (Dr House). Comme pour War & Peace, la BBC a fait ici un très bon travail : les décors, la réalisation et le casting sont parfaits. Toute la crème de la crème des acteurs y est : Olivia Colman (Broadchurch), Tom Hollander (Pirates des Caraïbes) ou encore Elisabeth Debicki (Gasby le Magnifique). Le gros problème pour moi est l’intrigue peu innovante. On est ici face à une série à l’intrigue d’espion vue 100 fois. Le rythme manque un peu de souffle et on voit arriver les plots twists bien avant qu’ils n’aient lieu !

Je pense finir cette mini-série, en grande partie pour ses acteurs, mais définitivement, les œuvres de John Le Carré ne sont pas pour moi !

 

 

 

7THE GIRLFRIEND EXPERIENCE: USA – 13x30mn ( STARZ / OCS )  4.5/5

Christine Reade, étudiante en droit à la faculté de Burnham (Chicago) et stagiaire dans la prestigieuse firme Kirkland & Allen, découvre par l’intermédiaire d’une amie l’univers des « escort girls ». Il s’agit de jeunes femmes proposant « the girlfriend experience », des relations intimes et sexuelles à un prix très élevé. La première série de Lodge Kerrigan (Keane), adaptée du long métrage éponyme de Steven Soderbergh.

J’avais vu le film de Soberbergh du même nom, dont est tirée plus ou moins cette série. Un film long, sans vraiment de dialogue, mais finalement très beau. Ici, la série reprend l’intrigue d’une jeune fille qui décide de devenir une « call girl » ou une « suggar daddy » pour des hommes fortunés en recherche d’un peu plus que du sexe. Ce qu’ils veulent, c’est de la conversation et une jeune fille qui soit leur petite amie pendant quelques heures.

C’est une série intrigante, de par son format de 30 mn assez inhabituel pour ce genre de série dramatique, mais aussi quant aux thèmes abordés. Lors du festival, nous avons eu la chance de voir 4 épisodes de la série, et malgré quelques doutes au début, j’ai été complètement happée par l’univers et la réalisation.

Encore une fois, cette série est un beau portrait de femme : ici, le personnage principal n’est à aucun moment obligé de choisir cette voie. Elle le fait car elle en a envie. La série rejoint, sur ce thème, sa lointaine cousine britannique : The Secret Diary of a Call Girl, que je vous conseille fortement. 

J’ai maintenant hâte de voir la suite, car l’intrigue avance très vite et en quatre épisodes, nous avons déjà appris beaucoup de choses et vu évoluer plutôt pas mal les personnages !

 

 

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Pauline, j’ai toujours voulu étudier à Poudlard, mais n’ayant jamais reçu ma lettre, je me suis contentée de vivre par procuration d’incroyables aventures à travers les livres, les films et séries tv. J’aime tout, de la sci-fi, aux comédies romantiques, en passant par les drames ou thrillers. Qu’importe le format ou la manière, le plus important est que l’histoire me touche.
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One Comment

  1. Hello !

    Je vais seulement parler des séries que j'ai en partie vu, sinon j'y passerais des heures ;)

    • J'ai adoré War & Peace. J'ai trouvé les décors sublimes, les acteurs justes (surtout Paul Dano, mais comment pouvais-je ne pas le connaitre ??) et le dernier épisode absolument magnifique. Les deux premiers épisodes sont vraiment lents, c'est vrai, mais ça me parait normal au fond, puisqu'on nous présente tout un univers. Dans ce sens ça m'a beaucoup rappelé les tous premiers épisodes de Game of Thrones : au début on n'y comprend vraiment rien, puis petit à petit on se familiarise aux personnages et on se plonge dans l'univers. C'est exactement pareil ici. Tu devrais vraiment continuer la série si jamais tu en as l'occasion, le dernier épisode est vraiment poignant :)

    • Je suis plus mitigée pour The GF Experience. L'actrice qui incarne Christine Reade joue vraiment très bien, mais la série m'a paru très froide. A chaque épisode, j'étais plus ou moins mal à l'aise. A cause du personnage je crois. Je ne suis pas habituée à voir des "héros" aussi froids et manipulateurs.

    Si jamais tu as fini ces séries, n'hésite pas à me faire signe ! :)

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