La Déferlante : Une science-fiction pleine de promesses !

09/06/2016

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Titre : La déferlante

Auteur : Michael Buckley

Editeur : Pocket Jeunesse

Prix : 17,90 €

Parution : 17 avril 2016

Nombre de pages : 382 pages

Genre : Young Adult, Science-Fiction, Romance

Résumé: Trente mille créatures inquiétantes, 

surgies de la mer : les Alphas. 

Veulent-elles nous envahir 

ou fuient-elles un danger terrifiant ? 

Lyric, une humaine, et Fathom, le prince des Alphas, 

doivent absolument s’entendre pour sauver l’humanité.

 

 

 

La déferlante !!! Avec un tel titre, difficile de ne pas être attiré par ce bouquin de presque 400 pages. Le résumé tient en quelque lignes seulement, restant très avare en détails et ne nous livrant que le strict minimum pour susciter l’envie d’en découvrir plus. Et pourtant, si résumé et titre remplissent parfaitement leur travail, la couverture laisse, elle, à désirer et démontre un manque de créativité qui pourrait expliquer pourquoi ce livre est passé inaperçu dans le monde de la littérature de jeunesse.  

 

En seulement une nuit, la ville de Coney Island se retrouve avec de drôles de nouveaux locataires : les Alphas, des créatures amphibies mi-hommes, mi-poissons, ont élu domicile sur la plage de la ville. Et ils ne sont guère pressés de résilier leur bail. Mais face à ces créatures marines venues des profondeurs de l’océan s’organise une répression féroce de la part des humains, qui comptent bien se débarrasser au plus vite de ces envahissants voisins qui suscitent peur et  haine. C’est dans cet univers chaotique que survit depuis 3 ans Lyric Walker, une jeune lycéenne. Alors que l’adolescente cherche par tous les moyens à fuir la Zone en se faisant la plus discrète possible, elle se retrouve contrainte de participer à un programme d’insertion. Sa mission : tenir compagnie et faire découvrir le monde des humains à son altesse Fathom, le prince héritier des Alphas. Face aux menaces qui grondent de tous les côtés, l’Alpha et l’humaine vont devoir collaborer pour préserver la paix.

L’intrigue principale ressemble à s’y méprendre à la série Star-Crossed, avec son lot d’envahisseurs venus se réfugier sur Terre, confinés dans un espace clos, sous haute surveillance et haïs de la population. Et bien évidemment, on retrouve notre habituelle romance entre deux représentants de ces espèces, mais les ressemblances s’arrêtent là. Le récit est sympathique à suivre, il tient la route. Les sujets développés font plus que jamais écho à l’actualité qui anime nos JT, notamment sur la question des réfugiés qui viennent trouver asile sur une terre peu hospitalière où le choc des cultures est inévitable.

La romance de l’histoire manque de travail, elle se limite au strict minimum sans transcendance. En réalité, elle n’est pas centrale à l’intrigue mais garde une place de choix (évidemment, c’est du Young Adult), là où le livre est réellement prenant c’est dans la notion de tolérance et de double appartenance qu’il développe tout au long de l’intrigue. Comment gérer les parts d’ombre et les découvertes sur un héritage longtemps ignoré ? Comment faire face à l’inconnu ? Lyric devient émissaire contre son gré et doit pouvoir concilier les deux facettes de son existence, celle d’avant l’invasion et celle d’après.

Autre sujet dominant dans le livre, c’est la question de l’intégration et l’acceptation de la différence. Les premières pages qui mettent en scène l’arrivée des Alphas dans leur nouvel établissement scolaire m’a énormément fait penser au « Neuf de Little Rock », lorsqu’un groupe d’étudiants noirs furent empêchés par le gouverneur lui-même et des ségrégationnistes d’accéder à un établissement blanc en 1957 dans l’Arkansas. On sent que l’auteur s’est inspiré de ces faits historiques dont on retrouve des éléments développés à l’identique. Plus généralement, c’est un message de tolérance qui est mis en avant. Micheal Buckley a voulu représenter tous les visages de l’humanité, aussi bien l’ignorance, la haine et la peur sous la bannière du gouverneur Bachman (une vraie calamité) et la curiosité, la compassion et la tolérance avec le professeur M.Ervin. Cette atmosphère pesante et sous tension est très bien retranscrite dans certaines réactions, tant chez les Alphas que chez les humains.

Autre atout très intéressant du livre, c’est la mythologie et l’univers des Alphas, qui bien qu’elle soit tardivement introduite, apporte un vrai plus à l’histoire. Buckley fait preuve d’imagination et de créativité, avec la mise en place d’une civilisation ancestrale régie par le système des castes et des lois ancestrales. Mises à part les traditionnelles sirènes  qui sont connues de tous, l’auteur nous introduit d’autres créatures mythiques (Nixe, Selkie, Roussalka, Cétos, Tritons, …). Je regrette tout de même que l’univers et les mœurs des Alphas soit si rude et archaïque, cette représentation de l’étranger et de l’inconnu reste plutôt stéréotypée et présente le monde des Hommes comme étant la civilisation supérieure, une observation qui heureusement vacille au fil de la lecture. La description des Alphas est très proche de l’imagerie traditionnelle de la mer mais reste difficile à cerner ou à visualiser.

En ce qui concerne les personnages, on retrouve les habitués des Young Adult. Ils ne sont pas vraiment emblématiques et ne marquent pas les esprits. Lyric (drôle de prénom) est une fille des plus banales, jusqu’à l’apparition des Alphas qui la pousse à faire profil bas le temps de s’échapper de cet enfer qu’est devenu sa ville. Drôle au caractère bien trempé, c’est un personnage que l’on prend plaisir à suivre à cause des enjeux qu’il porte. Fathom, le prince Alpha, est moins bien développé sur certains points de sa personnalité, beaucoup trop de zones d’ombre demeurent sur lui mais il reste attachant, voire fragile à certains moments car derrière ses grands airs se cache un garçon curieux et avide de savoir mais qui ne veut pas perdre son identité. Le développement de la romance entre nos deux héros me semble précipité et laborieusement exploité. L’entourage proche de Lyric reste classique, deux amis proches, Bex et Shadow, qui jouent le rôle de confident  comme on s’y attend. Les parents sont aussi de bons éléments, on est particulièrement attendris par la relation père/fille que l’auteur arrive tant bien que mal à illustrer sous sa plume mais je regrette qu’il n’ait pas porté autant d’attention sur la mère de notre héroïne qui reste cantonnée à de la figuration. Certes, elle est là mais reste limitée à ce qu’elle représente. Heureusement, la fin lui rend plus justice. Du côté des Alphas, quelques personnalités se démarquent du lot comme Luna, Ghost ou encore Arcade, qui sont attachants à leur manière.

Le style de Michael Buckley est plutôt simple et efficace mais manque de poésie ou de profondeur pour vraiment marquer les esprits. L’utilisation du point de vue interne, celui de Lyric, est un point de vue que j’affectionne tout particulièrement.

Il y a de jolies références à notre enfance qui, je pense, sont le fruit de la traduction en version Française. Si le début prend le temps de jouer avec notre patience en introduisant au compte-goutte chaque élément de l’intrigue, la fin me semble très précipitée mais point bâclée, elle instaure des pistes pour la suite des événements, de quoi nous tenir en haleine jusqu’au prochain tome.

 

En conclusion, La Déferlante n’est pas un tsunami dans le genre du Young Adult et de la science-fiction mais elle mène bien sa barque, avec un univers suffisamment développé pour susciter notre intérêt. La suite nous réservera plus de surprises si l’auteur travaille plus ses personnages. C’est une lecture que je conseillerai sans problème car elle mérite le détour.

 

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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