Une fiction à durée déterminée

29/04/2017

Titre : A durée déterminée

Auteur : Samantha Bailly

Éditeur : JC Lattès

Prix : 18,00 €

Parution : 8 mars 2017

Nombre de pages : 486

Genre : Littérature contemporaine

Résumé : Pyxis ! Une entreprise novatrice, audacieuse, dynamique, pilier du marché du divertissement. Le rêve de tout jeune diplômé… du moins en apparence. D’un côté, il y a Ophélie, ancienne stagiaire en communication, rompue aux lois de l’entreprise et bien décidée à mériter enfin le graal de sa génération : le CDI. De l’autre, il y a Samuel, brillant chercheur en informatique, abattu par la dépression avant d’avoir pu terminer sa thèse. L’une est familière de Pyxis ; l’autre ne connaît rien à cet univers. Tous deux mettent tous leurs espoirs dans ce CDD, sans savoir s’il tiendra ses promesses…

 

On retrouve avec plaisir la suite des aventures d’Ophélie, jeune diplômée à la découverte du monde du travail dans Les Stagiaires. Quelques illusions perdues plus tard, la jeune femme rentre dans la vie active dans la maison où elle a fait ses premiers pas en tant que stagiaire : Pyxis. Le démarrage est rude : Ophélie apprend à composer avec un univers qu’elle voit sous un angle nouveau, celui d’une salariée, avec une nouvelle équipe, une nouvelle ambiance et surtout une toute autre considération, avec des responsabilités. Toutefois, elle retrouve le même objectif : conserver sa place dans l’entreprise, voyant le CDI comme seul salut possible.

Comme Les Stagiaires, A durée déterminée multiplie les points de vue, apportant ainsi des visions différentes de la jeunesse face au monde du travail. Le récit alterne donc entre le regard d’Ophélie et celui de Samuel, aperçu dans le livre précédent. Contrairement à sa collègue, le jeune homme se retrouve chez Pyxis par hasard : après un temps de reconsidération personnelle et professionnelle, il décide de prendre les rênes de sa vie en main et est embauché au service informatique.

On découvre en même temps que les personnages l’organisation et les considérations mutuelles des différents secteurs d’une entreprise. Alors que les hommes sont relayés aux ordinateurs dans les bas-fonds du bâtiment, les femmes de la communication possèdent un étage plus ouvert à l’extérieur, plus chaleureux. Les enjeux pour Samuel avec ce contrat ne sont donc pas tout à fait les mêmes que pour Ophélie et pourtant, son implication est similaire. Chacun à leur façon, ils représentent ce que la jeunesse actuelle attend du monde du travail, porteur d’un épanouissement personnel.

De prime abord, le public de ce livre semble très ciblé : comme pour Les Stagiaires, il accompagne les pas des jeunes adultes, fait écho à leur propre expérience. En ce point, la lecture devient agréable, intime : on s’attache d’autant plus aux personnages qu’ils nous ressemblent. Toutefois, ces récits ne sauraient se réduire à un seul lectorat : même s’il y est directement plus sensible, ces histoires croisées sont à la fois divertissantes et révélatrices d’une société, et s’adressent donc à tous. L’écriture multiple de Samantha Bailly est elle aussi traversée par différentes formes de langages, ancrés dans notre époque : l’écrit se mêle à l’oral, les technologies au contact humain, etc. Le monde actuel, ainsi décrit dans le récit, subit de nombreux changements, mais les pratiques professionnelles et les rapports humains restent toujours aussi en proie à des codes, acquis progressivement et plus ou moins difficilement par ces adultes en devenir.

 

De retour après Les Stagiaires, Samantha Bailly poursuit la mise en récit de l’entrée des jeunes adultes dans la vie professionnelle à travers une fiction agréable et juste. On retrouve les mêmes personnages, le même cadre, la même multiplication des points de vue et pourtant, l’histoire est nouvelle. Grâce à un ton juste – et non édifiant ou moralisateur – A durée déterminée nous offre une histoire intimiste sur la jeunesse actuelle.

Un grand merci aux éditions JC Lattès et à Samantha Bailly qui continue à nous ravir à travers les aventures d’Ophélie !

Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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