Cœur piment - Une conclusion (trop) légère ?

14/05/2017

Titre : Cœur piment

Auteur : Cathy Cassidy

Éditeur : Nathan

Prix : 5,90€

Parution : 2 mars 2017

Nombre de pages : 106 pages

Genre : Jeunesse

Résumé : Le dernier tome de la série, dans un mini format ! Après avoir passé deux merveilleuses semaines à Tanglewood, avec Honey, Ash a repris son tour du monde. Le voilà maintenant en Europe, direction Paris ! Mais le cœur n’y est plus. Il ne retrouve pas l’excitation de ses premiers mois de voyage : Honey lui manque trop, et sans elle rien n’a plus d’intérêt. Il n’y a que lorsqu’il lui raconte ses visites et ses impressions par mail qu’il se sent heureux. C’est pourquoi la perspective de rentrer bientôt en Australie alors que Honey reste en Angleterre, inquiète Ash… Et si elle finissait par l’oublier ?

 

Dans ce nouveau et dernier hors-série de la saga à succès Les filles au chocolat, Cathy Cassidy nous délivre un autre point de vue sur la famille Tanberry : celui de Ash, le petit ami de Honey, elle-même révélée dans Cœur vanille, le cinquième tome de la série. Avec ce dixième livre, la parité est respectée : autant de filles que de garçons nous offrent leur histoire personnelle dans le contexte souvent rude de l’adolescence.

Même s’il s’inscrit naturellement dans la série des Filles au chocolat, ce dernier volume possède une certaine particularité à travers son format, quelque peu décrié depuis sa parution en mars dernier. Il a l’allure et le prix d’un livre de poche (5,90€) mais la taille de la police, et par extension le nombre de mots par page, rapprochent plus ce petit objet littéraire des premiers romans à destination des jeunes lecteurs.

Digne héritier donc de la bibliothèque rose, Cœur piment s’en éloigne pourtant par son contenu. Car ce ne sont pas les déboires amoureux d’enfants qui sont peints ici, mais bien ceux de jeunes adultes qui s’apprêtent à faire leurs premiers pas dans le monde, sans filet. Un choix de format donc étonnant pour le public auquel le récit est destiné, mais qui cherche peut-être à masquer un manque évident de contenu.

Présentée sous la forme d’une nouvelle et non d’un roman, cette histoire comporte les mêmes caractéristiques romanesques que les tomes précédents : on plonge au cœur d’une intériorité que l’on découvre en même temps que l’on (re)croise les autres protagonistes de la série. Le pari est donc risqué dans la mesure où ce procédé peut déboucher sur une certaine redondance, ce qui n’est pas le cas ici. On retrouve avec plaisir, bien que de loin, le personnage d’Honey, jeune femme fragile sous une carapace et un comportement souvent acerbe.

 

De nouvelles préoccupations sont abordées dans ce dernier récit, à savoir celles de jeunes adultes qui cherchent leur voie, et sont ainsi tiraillés entre leur avenir et celui de leur vie sentimentale. Comme à l’adolescence, chaque choix semble définitif, vécu avec un potentiel émotif multiplié par dix, car il engendre des conséquences vues comme irréversibles.

Placé en spectateur de cette histoire, le lecteur peut donc vivre les expériences, les questionnements du narrateur, mais également s’en détacher. C’est d’ailleurs pour cette raison que, malgré son format et une certaine innocence inhérente au récit, ce livre ne peut s’adresser à de très jeunes lecteurs qui n’auront pas cette capacité d’analyse.

En proie à une soif d’aventures, Ash profite de la fin de sa scolarité pour parcourir le monde, espérant ainsi trouver la réponse à une question existentielle : que veut-il faire de sa vie ? Tiraillé entre les conseils de ses proches qui le dirigent vers l’écriture et ses propres doutes, il quitte donc son quotidien paisible et se lance dans un voyage qu’il espère temporaire. Cependant, ses plans initiatiques se verront chamboulés par un élément qu’il n’avait pas pris en compte : l’amour. Si bien que son objectif dévie rapidement au cours de son voyage : comment imaginer et organiser un avenir – incertain à cause de la distance – entre Honey et lui ?

Comme dans les précédents récits de la série, les préoccupations sentimentales prennent le pas sur les autres liées à la construction de l’identité dans un contexte familial ou social mouvant. Ce choix de l’auteure possède une qualité, celle de ne pas tomber dans une dimension trop sombre ou édifiante d’un livre sur l’adolescence. Toutefois, cette qualité se transforme en défaut lorsqu’elle est réalisée à l’extrême inverse, à savoir donner un ton léger, superflu et saupoudré de niaiserie.

Dernière gourmandise de la célèbre série Les Filles au chocolat, Cœur piment dévoile de façon très concise un nouveau point de vue masculin sur l’entrée parfois mouvementée dans le monde, et les choix difficiles que celle-ci implique. Si le format uniquement petit de ce dernier tome peut surprendre et déranger les lecteurs, le contenu reste fidèle à l’ensemble de la saga : mignon mais parfois trop superflu.

Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
0 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *