Harry Styles, l'album éponyme - Un Style•s qui ne laisse pas de marbre

29/05/2017

Titre : Harry Styles

Groupe : Harry Styles

Label : Columbia Records

Parution : 12 mai 2017

Durée : 40 min

Nombre de titres : 10

Genre : Pop-Rock


On ne va pas se mentir. Tout le monde a déjà entendu parler de Harry Styles au moins une fois dans sa vie. Certains assumeront cette vérité ou nieront l’évidence et d’autres affirmeront l’avoir découvert il y a un mois à peine… et il y en a des milliers qui, comme nous, l’attendaient depuis une éternité ! Son personnage à la fois doux et excentrique nous a fort manqué ! Ça y est. Nous sommes prêtes à convaincre les plus sceptiques d’entre vous en démontrant que Harry a du talent. Oui oui.

Depuis 2010, Harry Styles partage sa passion de la musique auprès de ses quatre (oups, trois désormais) acolytes -Louis Tomlinson, Niall Horan et Liam Payne- dans le groupe One Direction. Mais en décembre 2015, patatras, tout s’effondre. Le groupe décide de faire une pause. C’est le silence radio pendant plusieurs mois. Ce fameux « hiatus » n’en aura pas fini de nous faire douter sur leur avenir.

Dorénavant, Harry est le troisième à s’être lancé dans la voie pas toujours simple d’une carrière solo après des années au service d’un boys band adulé par une sacrée communauté (inutile de huer les gars, vous risquez d’être agréablement surpris par ce qui va suivre).

Maintenant que nous sommes redescendues de notre petit nuage, nous sommes en mesure de prendre suffisamment de recul pour examiner au peigne fin son tout premier album solo éponyme, « Harry Styles », sorti le 12 mai dernier. C’est un pari audacieux pour le jeune britannique de 23 ans que d’avoir emprunté une voie que d’autres auraient fui à toute vitesse. Car oui, ces dix titres sont un bel hommage au bon vieux rock des années soixante-dix !

Grosse surprise. Il s’est classé numéro un dans plus de quatre-vingts pays dès sa sortie. Très étonnant pour un album de ce genre, le rock étant plus habitué à rester dans l’ombre des titres marketing qui n’ont parfois ni queue ni tête.

 

Et si nous commencions par l’aspect esthétique de l’objet ? Ce visuel est beau, doux, autant par ses couleurs dans les tons roses que par ce qu’il reflète. Zéro typographie. Zéro artifice. Nous sommes d’accord que ce simple dos nu interpelle, n’est-ce pas ? Harry explique ce choix colorimétrique en citant Paul Simonon, le bassiste de The Clash : « Le rose est la seule vraie couleur du rock’n’roll ». Et étrangement, on y adhère.

Sous la tutelle du producteur renommé Jeff Bhasker (Bruno Mars, Lana Del Rey, Mark Ronson, …), Harry Styles est parti enregistrer ce premier album sous le soleil de Jamaïque en automne dernier. Cet exil aura sans doute permis à l’artiste de faire ressortir sa vraie personnalité.

L’album est parfaitement construit et nous amène tranquillement vers une ascension fulgurante, pour terminer sur des notes aussi mélodieuses que mélancoliques. Nous passons par tout un panel d’émotions, tantôt bercés par des accords divinement combinés, tantôt prêts à se laisser porter dans une foule en délire au son d’un bon rock déjanté. Laissez-nous vous guider…

C’est avec les premières notes de Meet Me in the Hallway que débute cet opus. Une belle entrée en matière avec une mélodie lancinante et introspective aux sonorités de Pink Floyd que l’on a-dore ! S’enchaîne ensuite le piano de son tout premier single intitulé Sign of the Times. Cette ballade mélancolique aux sons discordants est une des plus étonnantes de l’album. C’est un véritable ascenseur émotionnel. Les paroles sont aussi touchantes que le timbre de voix de l’artiste -tantôt faible et fragile, tantôt rock et affirmé. Le titre a d’ailleurs été mis en images par le talentueux Woodkid, rendant la chanson encore plus poétique et décalée. Après avoir entendu Carolina, on est forcé d’admettre cette évidence : « Ok, il en a sous le capot le petit ». Nous n’avons plus l’habitude d’entendre ces consonances plutôt loufoques et répétitives.

Two Ghosts vient confirmer que non seulement Harry Styles est un bon interprète, mais également un excellent compositeur. Cette chanson est particulièrement chargée en émotion. Même si nous ne pouvons nier l’inspiration très marquée de Wish You Were Here, titre emblématique de Pink Floyd une fois encore. Ces airs très blues et country viennent marquer la différence de cette succession de mélodies. Et comme si nous n’étions pas encore assez touchés, Sweet Creature vient prolonger cette expérience savoureuse. Cette nouvelle ballade guitare-voix aux faux airs des Beatles évoque la construction identitaire et les liens familiaux. Elle se veut nettement plus légère. Et pour information, c’est la chanson préférée de sa maman.

Puis, l’interlude d’Only Angel vient briser tous les codes. La première minute planante et presque religieuse est soudainement brisée par une voix criarde. Le Britannique use de ses cordes vocales et nous offre des mots percutants, dont certains évoquent le titre Headlong de Queen, au rythme de cette tuerie digne des Rolling Stones (non, vraiment, on ne plaisante pas). Pas le temps de reprendre notre souffle lorsque notre chanson coup de cœur commence. C’est parti pour Kiwi ! Eh non, cette chanson ne parle pas du fruit de saison. Les sonorités bien grasses des guitares -parfois évocatrices d’artistes tel que Elvis Presley dans ses titres les plus fous- planent lors de ces trois minutes de frénésie. Malheureusement, c’est la chanson la plus courte de l’album.

Fort d’une palette vocale admirable, Harry Styles ralentit le tempo de l’album avec Ever Since New York, où son chant est presque à fleur de peau. Son approche candide de la musique rend cette chanson très touchante. Mais ça, c’est avant d’entendre Woman, véritable ovni de l’album, dont le rythme presque indécent en devient entêtant, voire même perturbant.

Enfin, From the Dining Table referme l’album de la même manière qu’il a commencé, sur un son de guitare acoustique mélancolique, calme et reposant. Une vraie déclaration intime d’un amour perdu où Harry se montre vulnérable, désespéré et blessé. Ce doux mélange de voix marmonnée et aiguë conclut à la perfection cet opus contrasté de tous genres.

À travers ces quarante minutes, Harry Styles a su prouver qu’il est non seulement capable de créer un univers musical inattendu bien à lui, mais aussi de se démarquer et emprunter sa propre voie. Sa véritable identité se lit au travers de ces titres, miroirs de la musique qui l’a bercé. Il mêle parfaitement l’élégance anglaise à un rock très vintage.

Car oui, cet album est différent. C’est juste lui. Ses paroles. Ses titres. Sa guitare. Sa voix. Certes, nous n’allons pas crier qu’il a su réinventer le rock’n roll et révolutionner le genre, car il puise de manière évidente et assumée dans ces influences. Mais comme nous, assumez sans réserve que vous avez été conquis par ces quelques minutes passées avec lui.

Bon. On se retrouve très bientôt à ses pieds ?
Nous ferons partie de son fidèle public le 25 octobre prochain à l’Olympia !
 

Deux plumes curieuses et passionnées qui fusionnent déjà dans l’écriture d’un roman. Nos goûts éclectiques nous mettent constamment en quête de nouveauté. Nous adorons activer nos méninges dans une harmonie créative et la musique est souvent le fil conducteur qui nous lie. Alors, pourquoi ne pas bousculer nos habitudes pour partager notre ressenti dans ce domaine ?
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