La nuit des cannibales - Un thriller à déguster !

15/05/2017

Titre : La nuit des cannibales

Auteur : Gabriel Katz

Éditeur : Pygmalion

Genre : Thriller

Nombre de pages : 375

Parution : 16 mars 2017

Prix : 19,90 €

Résumé : « Le réveil, déjà… Il est sept heures. Bizarre, j’aurais juré l’avoir réglé sur huit. Sous ma main, la table de nuit est plus basse que d’habitude. La radio gueule un truc qui ressemble à Madonna, ou Lady Gaga bref, ce n’est pas France Info. Je me lève dans le noir et me demande d’où vient cette infâme odeur de pieds. Je n’ai jamais senti des pieds de ma vie, et même si j’ai assez bu pour me réveiller dans un lit qui n’est pas le mien, ça n’a jamais fait puer personne. L’interrupteur, enfin, me tombe sous les doigts. J’allume.

Je regarde mon bras… qui n’est pas mon bras. Mon nez me paraît pointu, mes pommettes aussi. Putain, je ne suis pas moi. »

Lorsque Maxime de Retz, homme d’affaires de 43 ans, se réveille dans le corps d’un ado, la situation est pour le moins embarrassante. Mais, quand on essaie de l’assassiner, là, tout part carrément en vrille.

 

L’idée de base est audacieuse, bien que déjà vue : plonger le personnage principal dans une situation de crise extrême dès les premières pages. Ainsi, le livre s’ouvre sur une transformation improbable : le narrateur se réveille dans un corps qui n’est pas le sien. Selon les références culturelles, on pense par exemple à l’adolescente de Freaky Friday qui se retrouve enfermée dans le corps de sa mère. Telle une quête initiatique, l’héroïne devra dès lors chercher la clé métaphorique pour se réapproprier son corps.

Le livre de Gabriel Katz débute donc sur le même principe, mais s’en affranchit rapidement, à commencer par le ton adopté par le récit. Il est d’ailleurs donné dès la couverture : à cheval entre le thriller et le fantastique, La nuit des cannibales renvoie une atmosphère sombre, inquiétante mais également intrigante. Loin de la recherche de rédemption ou de la remise en question du comportement du héros, le récit place au contraire le bouleversement de l’identité au cœur d’une intrigue à démêler. On comprend très vite que le nouveau corps du narrateur est définitif et qu’il n’est pas le seul dans ce cas. Reste à découvrir tous les enjeux et les personnes impliquées dans cette histoire rocambolesque.

Le seul regret qu’on peut avoir se situe justement dans ce choix narratif : le lecteur se retrouve immédiatement au cœur de ce récit rempli de suspense et ne découvre finalement que très peu d’éléments sur la vie passée du personnage. Nous sommes dans sa tête, notamment grâce à l’usage de la première personne du singulier, sans toutefois connaître son histoire. Comme si son ancienne identité ne pouvait être totalement dévoilée au risque de parasiter l’intrigue principale. Ce voile laissé sur cet élément relève bien évidemment d’un choix, mais peut générer une certaine frustration en refermant le livre.

Au fil des pages, cet univers proposé par l’auteur autour de son narrateur se construit et dévoile des rouages originaux et qui fonctionnent bien. Mais la force du livre se situe avant tout dans les personnages : tout est défini autour de Maxime, les autres figures gravitant autour de lui. Du fait de l’intrigue, il change à plusieurs reprises d’identité – à commencer par un nom fluctuant – et pourtant les sentiments à son égard se déclenchent facilement à la lecture. Il en va de même pour d’autres personnages qu’on ne fait pourtant que croiser au fil des pages. A travers une écriture simple et efficace, Gabriel Katz possède cette qualité quasiment hypnotique, et pourtant à la base de la littérature : faire passer des émotions à travers l’agencement des mots, des situations. On se retrouve à la place du narrateur : on tremble avec lui, on voyage avec lui, on se métamorphose avec lui.

 

Un roman réussi qui jongle avec les genres littéraires et, de fait, s’adresse à un public très diversifié. Contrairement à ce que pourrait suggérer le titre, La nuit des cannibales est un thriller sombre mais non sanglant, teinté de fantastique et de réflexions sur l’identité.

Merci aux éditions Pygmalion pour cette découverte aussi divertissante que fascinante !

Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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