Meurtre à Oxford - Un polar atypique dans l'Angleterre du 18ème siècle

23/05/2017

Titre : Meurtre à Oxford

Auteur : Tessa Harris

Éditeur : ArchiPoche

Genre : Policier, Historique

Parution : 4 avril 2017

Prix : 8,80 €

Nombre de pages : 408

Résumé : Oxford, 1780. Lady Lydia Farrell est en proie à la panique : son frère Edward vient de mourir sous ses yeux dans d’atroces convulsions, sans qu’elle ait le temps de lui venir en aide. Pire encore, avant que la jeune femme n’ait eu le temps de s’occuper des funérailles d’Edward, les rumeurs les plus abominables ont déjà fait le tour de Londres. On y raconte en effet que son frère ne serait pas mort de causes naturelles mais aurait été assassiné. Et pas par n’importe qui, par le capitaine Farrell, l’époux de Lydia justement. Il faut dire qu’Edward Crick était un Lord sans descendance et que c’est le capitaine Farrell qui sera l’héritier de sa fortune ainsi que de son domaine, de quoi faire planer de lourds soupçons sur ce dernier… Incapable de continuer à ignorer ces rumeurs, Lady Lydia se résout à faire appel au meilleur anatomiste de l’université d’Oxford pour qu’il identifie clairement les causes de la mort de son frère.

 

Moi qui ne suis pas forcément friande des polars, j’ai passé un bon moment avec celui-ci. Il faut dire que l’époque où se déroule l’intrigue permet de gommer certains traits des polars “classiques” qui me déplaisent, notamment les moments de course-poursuite qui sont devenus, j’ai l’impression, un passage obligé pour le genre ! Ici, le rythme est beaucoup plus calme puisque l’on suit, tout au long de l’ouvrage, le docteur Thomas Silkstone, l’anatomiste qui vient en aide à Lady Lydia.

Il faut dire que je suis amatrice de romans se déroulant à l’ère victorienne et, même si l’intrigue de celui-ci se passe avant, j’ai quand même pris plaisir à retrouver un certain nombre de codes de l’époque. Par ailleurs, le roman montre des aspects auxquels je n’avais encore jamais pensé, comme notamment la place de la médecine légale à l’époque. Si l’on sait tous, quelque part, par de vieilles réminiscences de nos années de collège ou de lycée, que les autopsies ont longtemps été assez mal vues – notamment par les hommes d’Église, ici ce n’est pas le propos du roman. L’anatomie est visiblement reconnue comme une science puisque le Dr. Silkstone l’enseigne à l’université d’Oxford, où il se livre à des autopsies devant ses étudiants afin que ceux-ci puissent entrevoir les subtilités du corps humain. En revanche, en tant que lecteur, on est très vite confronté à la place du médecin dans la société et particulièrement face à une enquête policière. En effet, malgré son expertise en la matière, on constate bien que Silkstone n’a que peu de poids lors du procès devant permettre de désigner l’assassin d’Edward Crick. Alors que nous avons l’habitude de voir dans les séries policières les chefs d’accusations s’appuyer sur la médecine légale, on voit dans le livre à quel point le médecin est obligé de batailler pour se faire entendre.

J’ai beaucoup apprécié cet aspect “historique” que j’ai trouvé particulièrement intéressant. Je mets le terme historique entre guillemets car même si l’ouvrage précise que l’auteur s’est inspiré de la biographie d’un anatomiste pour venir enrichir la partie historique de son roman, je pense qu’un spécialiste de l’époque grincerait un peu des dents. N’étant pas spécialiste moi-même, j’ai passé un excellent moment, d’autant que l’intrigue policière est pleine de rebondissements inattendus et que – personnellement – je n’avais pas trouvé le coupable, y compris jusqu’à la dernière page !

À mon sens, il y a juste un aspect dérangeant dans l’ouvrage : la romance entre Lady Lydia et Thomas Silkstone. C’est pour moi un lieu commun du polar qui finit vraiment par m’irriter : l’enquêteur qui tombe amoureux d’une des femmes impliquées dans l’affaire sur laquelle il enquête, et qui tente désespérément de mettre de côté ses sentiments pour être capable de mener une enquête rationnelle… Je ne sais pas d’où vient cette passion des auteurs pour ce cliché mais personnellement je le trouve assez exaspérant.

Au-delà de ce petit détail – franchement tout à fait personnel – j’ai passé un bon moment avec ce roman qui allie enquête, histoire, mystère et surprises rocambolesques (oui oui !). Quant à vous, si vous tenez à savoir comment Edward Crick est mort, il vous faudra lire le livre !

Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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