Victoria saison 1 - Une série ambitieuse malgré quelques faux pas

12/06/2017

Titre : Victoria

Créée par : Daisy Goodwin

Avec : Jenna Coleman, Tom Hughes, Catherine Flemming, Nell'Hudson, Ferdinand Kingsley, Rufus Sewell, ...

Format : 60 minutes

Diffusion : ITV

Genre : Drame, Historique

Résumé : Les jeunes années de la vie de la Reine Victoria, de son arrivée sur le trône à l'âge de 18 ans en passant par ses premiers émois et son mariage avec le Prince Albert.

 

 

 

Les dramas  historiques ont le vent en poupe. Depuis l’avènement de Downton Abbey qui a su attirer un public varié en renouvelant le genre, les séries historiques qui portent sur le Royaume-Uni se multiplient, qu’elles soient fictives (Poldark, Outlander, …) ou tirées de faits réels (Mr Selfridge). Mais s’il y a bien une chose qu’on adore scruter avec curiosité, c’est bien les dessous de la couronne d’Angleterre. Avant le succès retentissant de Netflix avec sa série The Crown qui retrace le règne d’Elisabeth II sous un point de vue plus intime, la chaîne ITV proposait elle aussi sa revisite du règne d’une autre grande dame de la monarchie anglaise : la reine Victoria.

On est forcé de constater que quand on parle de monarchie au Royaume-Uni, on la conjugue très souvent au féminin, car de nombreuses femmes ont marqué durablement l’Histoire et la conscience collective des British (et même au-delà des frontières) allant même jusqu’à donner leur nom à une période ou un siècle donné. Victoria est l’une de ces femmes, avec un règne de 63 ans, une pléiade de titres qui ferait pâlir plus d’un roi (Reine du Royaume-Uni, du Canada, d’Australie et Impératrice des Indes), une descendance nombreuse (10 enfants) répartie sur l’ensemble du vieux continent et surtout, un règne ponctué par la révolution industrielle et le colonialisme.

La superproduction de ITV se concentre dans les 8 épisodes que compte la 1ère saison sur les premières années de la reine, de son accession au trône jusqu’à la naissance de son premier enfant. On y découvre dans un premier temps une jeune fille complètement dépendante de ses tuteurs et bien loin des intrigues qui secouent la cour. Son arrivée à la tête du pays signe pour Victoria le début d’une émancipation mais aussi de la découverte des rouages du pouvoir. Beaucoup de pouvoir s’offre à elle, mais aussi de devoirs, et ces deux motifs sont au cœur de cette première saison car la demoiselle cumule certains handicaps. C’est une femme, très jeune, sans expérience et donc une proie facile à manipuler. Bien consciente de cela, la jeune femme va tenter de s’imposer grâce à des prises de position fortes tout en commettant pas mal d’erreurs. C’est le dur apprentissage du pouvoir.

Dès l’épisode pilote, la série s’appuie sur deux univers, celui du personnel de maison (tout d’abord à Kensington puis au palais royal) et celui de la cour. Un schéma qui rappelle celui utilisé dans Downton Abbey mais qui malheureusement n’a pas les mêmes effets. Les deux univers n’interagissent jamais véritablement ensemble, chacun vit ses propres intrigues qui sont parfois en décalage. Pourtant, il y a une volonté de lier les deux avec par exemple des parallèles par rapport au conflit d’influence anglais et germain pour le contrôle de la maison royale. Mais cela ressemble plus du côté des domestiques à des guéguerres enfantines qui ne soulèvent aucun enjeu. La série réussit tout de même à faire un bref état des lieux, simple et facile à comprendre pour un public peu familiarisé avec l’Histoire anglaise, sur les mœurs et les traditions de l’aristocratie en appuyant bien sur les questions d’influence politique des protagonistes.

Sur la question du casting, le choix s’est porté sur Jenna Coleman (Doctor Who) pour jouer Victoria. Malgré ses 30 printemps, l’actrice réussit à camper une toute jeune femme à peine sortie de l’enfance. A la fois insouciante, butée et impulsive, son jeu donne parfois l’impression d’être en face d’une enfant gâtée, ce qui peut être agaçant, mais c’est ce qui fait tout le charme de Victoria et qui donne du poids à la direction donnée à l’évolution de son personnage. Jenna Coleman semble avoir compris son personnage et les enjeux qui l’accompagnent en proposant un jeu équilibré entre la femme forte qui cherche à faire ses preuves et la jeune fille vulnérable et perdue dans les méandres du pouvoir. Je suis tout bonnement tombée sous le charme de cette jolie brune.

L’autre point important du programme, ce sont les antagonistes qui prennent ici le visage de plusieurs personnalités de l’époque, parfois au sein même de la famille proche de la reine, mais qui se concentrent dans les premiers épisodes sur la mère de la reine, la duchesse de Kent jouée par Catherine Flemming et le conseiller de cette dernière, Lord Conroy campé par Paul Rhys. L’opposition entre la jeune femme et le conseiller, qui a une très forte influence sur la duchesse, est plutôt bien exploitée même si je m’attendais à plus d’explications sur la raison de cette haine. Ce conflit débouche sur d’autres intrigues qui mettront à mal le début du règne de l’héroïne. Il est difficile de dire qui est un véritable allié pour Victoria mais s’il y en a un dont on ne peut pas douter, c’est celui du dévouement de Lord Melbourne joué par Rufus Sewell. Premier ministre et fidèle conseiller, il prend à la fois le rôle de mentor, de figure paternelle mais aussi celui de soupirant. Comme toute série qui se veut historique, il y a pas mal d’anachronismes ou d’histoires inventées. Pour un spectateur qui connait un minimum le parcours de la reine Victoria, il sera surpris de la voir faire les yeux doux à son premier ministre, mais cette romance imaginée est crédible et fonctionne totalement.

Concernant les domestiques, ils s’apparentent plus à du comic relief, tout particulièrement Penge, le chambellan (Adrian Schiller). Certains membres du personnel de maison font l’objet de développement sans réellement se démarquer. Seul le personnage de Miss Skerett, la coiffeuse de la reine, réussit à sortir du lot. C’est d’ailleurs la seule qui gravite vraiment dans toutes les sphères entre les appartements privés de la reine, le domaine des domestiques et surtout le monde extérieur au palais. Grâce à son personnage, on a droit à quelques apartés sur la question de la classe populaire. A l’image de Victoria, Miss Skerett, interprétée par Nell Hudson (Laoghaire Mackenzie dans Outlander), est avant tout un personnage qui renvoie à la question de l’émancipation de la femme.

Côté réalisation et mise en scène, on a affaire à un travail ambitieux de reconstitution. Que ce soit les costumes, les coiffures ou le décor, tout est là pour proposer une immersion totale dans le Londres du XIXème siècle. C’est très esthétique mais contrairement à d’autres séries comme Poldark, cela manque de naturel et d’âme tant ça brille, notamment pour le lieu de résidence de la reine. Là où Buckingham Palace dans The Crown ou le domaine des Crowley dans Downton Abbey étaient quasiment des personnages à eux tout seuls, la demeure de Victoria n’est pas investie de cette même symbolique. Ce qui est dommage quand on sait que la jeune femme se sentait étouffée chez sa mère. Ici, le palais n’est qu’un décor parmi d’autres. Mais je salue le travail de recherche. Pour ce qui est de la narration, elle n’installe pas assez solidement le personnage de Victoria et s’éparpille en se focalisant sur trop de nouveaux visages mais sans rester assez longtemps pour que l’on s’attache suffisamment à eux. Mais les intrigues de cour et les enjeux tiennent la route même si le côté politique et diplomatique est pour la plupart du temps survolé.

En conclusion, Victoria est une production ambitieuse, peut-être trop ambitieuse. Avec un casting plutôt bon mais des choix narratifs discutables, la série reste un bon divertissement. Jenna Coleman est tout simplement divine dans le rôle de la jeune reine. On peut regretter que les intrigues se focalisent plus sur la vie privée de la reine et n’investissent pas plus les classes populaires ou les bouleversements conduits par la révolution industrielle de l’époque. Mais n’oublions pas que ce n’est que le début de son long règne, la saison 2 nous réserve peut-être de nombreuses surprises. Avec 63 ans de règne, nous avons le temps de voir toutes les facettes de son siècle.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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2 Comments

  1. Hello, tu n'es pas obligée de valider ce commentaire, mais il faudrait que tu te relises et que tu corriges les fautes, parce qu'il y en a quand même pas mal dans l'article et c'est dommage :/

    Bonne continuation

    • C'est moi qui suis chargée de relire et corriger tous les articles postés sur le blog. Malheureusement, ayant une vie également, parfois je ne peux pas m'en occuper avant que l'article soit mis en ligne. Tu peux relire l'article, tu y trouveras moins de fautes à présent ;)

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