Version Officielle - Quand uchronie et conspiration se mêlent

11/07/2017

Titre : Version Officielle

Auteur : James Renner

Editions : Super 8 Editions

Prix : 21,00 €

Parution : Février 2017

Nombre de pages : 496 pages

Genre : Thriller, uchronie

Résumé : Professeur d’histoire, Jack Felter revient dans sa petite ville natale de l’Ohio. Son père, pilote à la retraite atteint de démence, est en train de perdre la mémoire. Ce retour forcé ravive de douloureux souvenirs : celui de Samantha, la fille dont il tomba amoureux et qui a fini par épouser Tony Sanders, son fantasque ancien meilleur ami aujourd'hui devenu psychiatre. Sauf que Tony a disparu depuis maintenant 3 ans et est présumé mort.
Le seul qui semble capable de lui apprendre quelque chose est Cole Monroe, le dernier patient de Tony – un garçon de 16 ans interné en hôpital psychiatrique pour paranoïa. Jack est contraint de faire cause commune avec lui pour suivre la trace de son ami. Mais avant d'accepter de l'aider, le jeune homme insiste pour que Jack écoute ses théories sur le monde et entre dans son délire. Pour retrouver son ancien ami, le professeur d'histoire devra donc se plier aux exigences surprenantes de l'adolescent et poser le pied dans son univers paranoïaque. Mais l'est-il réellement ?
Les découvertes que Jack fera dans sa quête le mèneront aux frontières de la folie et du temps, percer le mystère du Grand Oubli, cette gigantesque conspiration chargée de dissimuler les véritables événements de la Seconde Guerre mondiale.

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La première chose qui m’a interpellé dans ce roman est le genre de détail que j’apprécie terriblement : il ne commence pas par un prologue, comme un roman classique, mais par un épilogue. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais quand je note ce type de détails – qui pourraient paraître anodins à d’autres – j’ai toujours un sentiment d’exaltation : est-ce voulu ? Probablement. Mais comment expliquer cette inversion volontaire ? Est-ce que beaucoup d’autres lecteurs ont remarqué cette différence ? Quelles conséquences pour le reste de l’histoire que l’échange de ces deux éléments du roman ?

Vous l’avez compris, dès le premier mot de l’intrigue – non même pas, dès le premier titre ! – j’étais conquise. Ajoutez à ça un personnage principal un peu perdu dans sa vie, une ligne temporelle où le passé se fait l’écho du présent et un ancien ami disparu pour des raisons obscures : tous les ingrédients pour un excellent roman que j’allais avoir bien du mal à reposer. Et c’est vraiment ce que j’ai apprécié dans Version Officielle, pendant les deux tiers du roman. A vrai dire, si je devais noter les deux premiers tiers de l’ouvrage, j’aurais mis cinq étoiles sans hésiter. J’ai adoré le concept du roman : une conspiration mondiale pour réécrire l’Histoire et la tourner à l’avantage des vainqueurs, un personnage principal historien et plus que sceptique qui se retrouve obligé de mener l’enquête. Ce que j’ai vraiment particulièrement aimé dans le roman, c’est que comme Jack ne croit pas un seul instant aux théories de Cole, ce dernier lui propose de fonctionner par étape : chaque jour, il doit accepter d’entendre l’une de théories de Cole, de faire des recherches dessus s’il le souhaite et d’arriver à la conclusion que cette théorie pourrait être vraie. Ainsi, en tant que lecteur, on se retrouve d’emblée très proche du personnage principal : tout comme lui, les théories de Cole nous semblent plus que floues ; tout comme lui, nous nous engageons (en continuant notre lecture) à entendre ces théories et enfin, tout comme lui, nous commençons peu à peu à nous dire qu’elles pourraient être vraies – dans le roman tout du moins ! Et même alors que le personnage de Cole énonce très clairement au début du roman qu’il utilisera pour convaincre Jack un tel système de gradation (qui est – précise-t-il – utilisé dans les sectes et les milieux conspirationnistes), aussi nous finissons par nous dire que finalement, il n’est pas tout à fait impossible que Cole dise la vérité. J’ai beaucoup aimé cet aspect qui amène à réfléchir tout spécifiquement aux méthodes qui peuvent être utilisées pour convaincre, y compris en les affichant clairement !

Au niveau de ce qui ne m’a pas plu dans le roman, c’est très simple : le dernier tiers du livre est une course-poursuite. Et je ne suis vraiment pas une amatrice de courses-poursuites, notamment dans les romans. Je trouve que le rythme de ces dernières ne se prête pas tellement à l’écriture et je dois bien avouer que je prends bien plus de plaisir à les voir au cinéma ou dans des séries. D’autant que celle-ci est vraiment tout à fait centrale dans le récit, il ne s’agit pas d’une petite poursuite de quelques pages vite réglée, mais elle constitue vraiment la base du dernier acte du roman et elle est primordiale pour l’intrigue. Et malgré le fait que j’ai tout à fait conscience de ça, je n’y peux rien, je m’ennuie terriblement pendant les courses-poursuites. J’ai bien conscience qu’il s’agit d’un point de vue tout à fait personnel et que cela ne présage pas du tout de la qualité du roman en général, mais si j’ai passé un excellent moment avec le début du roman, j’ai trouvé le temps vraiment long sur la fin, ce qui est dommage.

Cela dit, si vous aimez ce type de rythme : foncez, le roman est pour vous. Il propose en plus une réflexion vraiment intéressante sur les enjeux du devoir de mémoire et sur l’existence du droit à l’oubli. Et si la fin du roman n’a pas été celle que j’attendais, elle reste néanmoins très intéressante et finalement, tout à fait dans l’esprit de l’ouvrage !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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