Dans la forêt : Percutant mais difficile à aborder...

04/08/2017

Titre : Dans la forêt

Auteur : Jean Hegland

Editions : Gallmeister

Prix : 23,50 €

Parution : 3 janvier 2017

Nombre de pages : 304 pages

Genre : Post-apocalyptique/Natural writing

Résumé : Rien n'est plus comme avant : le monde tel qu'on le connaît semble avoir vacillé, plus d'électricité ni d'essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au coeur de la forêt. Quand la civilisation s'effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l'inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d'inépuisables richesses. Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

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Voilà très longtemps que Gallmeister me faisait de l’oeil. Essentiellement concentré sur l’Amérique et ses auteurs, le catalogue de la maison d’édition regorge de titres tous plus alléchants les uns que les autres. Un large choix d’ouvrages qui permet donc de voyager sur le continent outre-atlantique sans même bouger de son fauteuil.
C’est d’ailleurs l’authenticité présumée des récits qui m’a tout de suite séduit et même si Dans la forêt n’a pas été le coup de coeur escompté, il n’en demeure pas moins que ce que j’ai découvert au fil des 300 pages a confirmé ma première impression : c’est une histoire au contenu très riche qui interroge le lecteur sur sa perception de la vie

Il faut avant tout savoir que même si la parution française date de janvier 2017, la sortie VO, elle, remonte à 1996. Pourtant, et c’est le premier point percutant, l’histoire s’adapte tout aussi bien au contexte actuel. Vingt ans plus tard, Dans la forêt n’a pas pris une ride. Je pense que c’est d’ailleurs en cela qu’on voit à quel point l’auteure a bien su construire son récit pour le rendre intemporel.
En effet, une fois qu’il n’y a plus d’électricité, que pour accéder à l’eau potable il faut se rendre au ruisseau, pour manger planter ses propres graines et entretenir la croissance des plantes, y a t-il vraiment une différence entre nous, évoluant dans un monde rempli de gadgets, et ces deux soeurs, aux prémices des innovations technologiques de notre siècle ? 

Dans la forêt est rédigé sous la forme du journal de Nell, où la jeune fille relate ce qui lui est arrivé une fois qu’elle s’est retrouvée seule avec Eva, après la mort de leurs parents, dans la grande maison familiale. Comment deux adolescentes – l’une vouant un culte aux études et à la lecture, l’autre passionnée par la danse classique -, perdues au milieu d’une forêt à des dizaines de kilomètres de la ville la plus proche, pourraient bien s’en sortir ? Voilà la question que je me suis immédiatement posé en entamant ma lecture. Aussitôt suivie d’une autre, plus pessimiste : vont-elles vraiment s’en sortir

Dans la forêt est le genre de roman qui doit être lu pour comprendre à quel point les tracas du quotidien sont en réalité superficiels. Qu’il faut profiter de chaque instant de notre vie sans prêter attention aux détails insignifiants qui, pourtant, nous obsèdent.
Sans faire de leçons de morale, Jean Hegland parvient de façon magistrale à faire réaliser à son lecteur que l’essentiel est juste devant ses yeux. Elle l’invite à remettre en question son mode de vie et à se poser les vraies bonnes questions. 

Vous vous demandez sans doute pourquoi je n’ai pas eu le coup de coeur et pourquoi je précise dans le titre que Dans la forêt est difficile à aborder. Et bien, en réalité, je pense que j’avais une vision erronée du genre dans lequel s’inscrivait ce roman. Ayant lu L’homme feu de Joe Hill il y a peu de temps (vous pouvez d’ailleurs retrouver ma chronique ici), je m’attendais à une construction similaire. Or, il m’aurait fallu avoir une approche complètement différente.
Là où dans les romans post-apocalyptiques traditionnels on suit généralement la mise en place d’une société nouvelle, ici, c’est sur la relation des deux soeurs que s’est concentrée l’auteure plus que sur la « fin du monde ». Cette thématique sert en fait de fond à l’histoire pour permettre à Jean Hegland d’exploiter tous les pans de la nature humaine, sous tous ses angles…
J’ai donc fait l’erreur en pensant que j’allais me lancer dans une aventure palpitante alors que c’est à un rythme très lent que j’ai eu affaire. Un rythme qui m’a souvent perdu et a eu le don de ralentir ma lecture. Une narration tout en longueurs et descriptions avec peu de dialogues et beaucoup de réflexions philosophiques… « Jusqu’où suis-je prêt à aller pour survivre ? », me suis-je, en effet, souvent demandé.

En conclusion, Dans la forêt doit, sans conteste, être lu mais pour les bonnes raisons afin de pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.
Un récit d’apprentissage avec un apport non-négligeable d’astuces réelles qui entraine une confrontation directe avec ses propres convictions

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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