Kick-Ass : l'irrévérence super-héroïque ?

15/08/2017

Titre : Kick-Ass

Réalisateur : Matthew Vaughn

Avec : Aaron Taylor-Johnson, Chloe Grace Moretz, Nicolas Cage, ...

Genre : Super-héros, Comédie, Action

Durée : 1h57

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2010

Résumé : Dave Lizewski est un adolescent ordinaire avide de comic books. Un jour, il décide de passer à l'action en enfilant un costume pour sauver les gens. Son nom? Kick-Ass ! Il va rapidement faire sensation, pour le meilleur comme pour le pire...

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Beaucoup se plaignent, d’autres sont ravis mais le constat est là : les films de super-héros sont de plus en plus nombreux à atterrir sur nos écrans. Si la qualité de ceux-ci est variable, on peut néanmoins constater une certaine différence parmi les titres proposés. Cette année, nous avons notamment eu droit à un western crépusculaire mature (« Logan »), un space flick au charme coloré et sympathique (« Les Gardiens de la Galaxie Volume 2) et une origin story sur fond de première guerre mondiale (« Wonder Woman »). Quand un genre prolifère, il devient évident que certains titres vont se pencher avec un regard caustique sur ses caractéristiques. Alors que beaucoup parlent de « Deadpool » comme modèle dans le domaine super héroïque, un autre film un peu plus vieux semble un choix plus pertinent, et ce alors qu’il était sorti au début de cette nouvelle vague. Aujourd’hui, revenons donc sur « Kick-Ass ».

Le choix de Matthew Vaughn pour réaliser ce film fut des plus logiques. En plus de son affinité artistique avec le dessinateur Mark Millar (avec qui il collaborera sur le comic « Kingsman »), Vaughn a prouvé avec « Stardust » savoir jouer de manière irrévérencieuse avec les codes d’un genre. Il avait su avec ce film rendre justice au roman de Neil Gaiman, merveilleux conte de fée qui en détournait les règles avec malice et plaisir. On retrouve donc ce même esprit dans « Kick-Ass » : l’amour d’un style mais le plaisir de le bousculer, aussi bien dans la mise en scène qui rappelle certains comics tout en y ajoutant divers autres orientations visuelles (la fusillade en vue subjective, rappelant de nombreux jeux en First Person Shooter). 

Vaughn aime donc les super-héros, tout autant que les aime son personnage principal, Dave. On retrouve une forme de charme adolescent dans son personnage, entre ses émois hormonaux et son envie candide de sauver le monde en tenue moulante. Aaron Taylor-Johnson arrive à retranscrire la sympathie que l’on retrouvait déjà pour son homologue de papier et donner vie à un protagoniste qui aurait pu être interprété de manière fort stéréotypée. Le casting est d’ailleurs au même niveau, entre un Nicolas Cage en mode Adam West, un Mark Strong excellent en criminel dépassé et surtout une Chloë Grace Moretz qui trouva en Hit Girl un rôle qui l’installera sous les feux des projecteurs. 

Son personnage caractérise d’ailleurs l’ambiance du film avec ses alentours de film de super-héros lambda « perverti » par une forme de violence qui le tiraille entre « réalisme » et ambiance totalement comics (la suite penchera un peu plus pour ce dernier côté, donnant un résultat moindre mais loin de la purge que certains ont annoncée). On passe notamment de certaines scènes de combat gore de manière presque drôle (la rencontre avec Hit Girl et Big Daddy, la fusillade finale) à des scènes plus marquantes (le live sur Internet). Loin de faire de cette violence un simple argument marketing, Vaughn nous la fait questionner, comme il le fera plus tard avec son Kingsman. Le spectateur doit faire face à une représentation d’abord divertissante puis dramatique, le faisant s’interroger sur l’aspect « réjouissant » de celle-ci.

On peut également déceler en « Kick-Ass » une vision franche de notre diffusion d’informations, notamment par les réseaux sociaux. Si l’on ne parle plus de « Myspace », on voit encore comment une personne peut accéder à une forme de notoriété par le biais d’Internet, comme le prouve la vidéo « virale » de Kick-Ass défendant un inconnu. On sent également poindre une once de cynisme quand les chaînes de télévision arrêtent de diffuser une vidéo en direct de personnes se faisant torturer tout en rappelant que celle-ci est visible directement sur Internet. D’ailleurs, pour revenir sur l’aspect questionnement de la violence, on voit les gens foncer sur leurs écrans dans leur volonté de « voyeurisme » d’un acte de violence. 

Peut-être est-ce cela qui fait de « Kick-Ass » une franche réussite : en alliant divertissement et réflexion de genre, avec un œil méta mais pas trop, il s’en dégage une véritable audace qui en fait encore un très bon film dans le domaine quelques années après sa sortie. Peut-être, loin des simples blagues scabreuses et des effets gore « cheap », est-ce là la véritable irrévérence…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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