Les optimistes meurent en premier – Un gros coup de cœur pour ce livre doudou !

21/09/2017

Titre : Les optimistes meurent en premier

Auteur : Susin Nielsen

Editions : Hélium

Prix : 14,90 €

Parution : 30 août 2017

Nombre de pages : 192 pages

Genre : Young Adult

Résumé : Depuis la tragédie qui a anéanti sa famille, Pétula, seize ans, a développé de nombreuses phobies et prétend qu'une prudence et une hygiène extrêmes lui permettront de parer à la moindre catastrophe. Mais est-ce bien réaliste ? Au lycée, contrainte et forcée, elle fait partie d'un atelier d'art-thérapie. Les adolescents "à problèmes" qui y assistent se supportent tout juste. Jusqu'à ce que Jacob, "l'homme bionique", fasse son apparition. Appareillé depuis qu'il a perdu son avant-bras, le jeune homme, grand cinéphile, est aussi moqueur qu'attentif aux autres. A ses côtés, Pétula se sent enfin revivre. Mais il se pourrait qu'il cache lui aussi un secret trop lourd à porter...

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Je pense que je ne remercierai jamais assez les éditions Hélium pour l’envoi de ce roman. C’est avec « Les optimistes meurent en premier » que je découvre Susin Nielsen et bon sang, je n’ai qu’une hâte : me procurer ses précédents livres. Au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, j’ai eu un immense coup de cœur pour cette histoire, mon premier coup de cœur de l’année d’ailleurs (on est d’accord, ça a beaucoup traîné) !! Je vous explique dans la suite de cet article pourquoi vous aussi, vous devez absolument lire ce livre.

 

De quoi ça parle ?

Pétula était encore il y a peu une jeune fille de 16 ans tout ce qu’il y a de plus normale, avec une meilleure amie dont elle était très proche, une passion pour les loisirs créatifs (tricot, bricolage, etc.) qu’elles avaient en commun et une jolie joie de vivre. Mais ça, c’était avant que le drame ne frappe sa famille et qu’elle se tienne pour responsable de ce dernier… Depuis, Pétula a développé toutes sortes de phobies, allant de la peur des attentats à celle de mourir écrasée par une bibliothèque. Afin de l’aider à « faire son deuil », à retrouver le goût de la création et finalement tout simplement à aller mieux, Pétula se voit contrainte d’aller une fois par semaine à l’atelier d’art-thérapie de son lycée (aussi appelé ARTPSY, bien que pour Pétula il s’agira toujours du « Club des Tarés »). C’est là qu’elle fera la rencontre, entre autres, de Jacob, immédiatement surnommé l’Homme bionique, qui pourrait bien finir par ramener un semblant de bonheur dans sa vie.

 

Les idées, les thèmes abordés

« […] les études montrent qu’en général, les optimistes vivent dix ans de moins que les pessimistes […] vous vivez dans l’idée fausse que tout ira comme vous voulez. Vous ne voyez le danger que quand il est trop tard. Les pessimistes sont plus réalistes. Ils prennent plus de précautions […] »

Avec cette citation, le ton du roman est immédiatement donné, je trouve. Ainsi, au début du moins, l’histoire tourne beaucoup autour de Pétunia et de toutes ses phobies, ses peurs irrationnelles. Mais très vite, on comprend que cela ne sort pas de nulle part : en effet, Pétula a dû faire face à un terrible drame ayant entraîné la perte d’un être cher. Pire, elle se considère comme responsable de ce drame. Mais elle n’est pas la seule, puisque presque tout le monde se sent responsable au sein de sa famille (on le ressent très fort dans leur quotidien), et chacun utilise un mécanisme de défense, voire de résilience, différent. Pour Pétula, cela s’exprime par des peurs irrationnelles, des phobies, c’est presque comme si via ce moyen elle s’interdisait de vivre heureuse et même se punissait pour ce drame. Pour les autres, je vous laisse le découvrir…

Concernant l’ARTPSY, plus qu’un simple atelier d’art-thérapie, cette activité sera pour Pétula un lieu de rencontres, où des amitiés se créeront et dont elle tirera une force et un soutien sans failles. C’est vraiment grâce à cela qu’elle finira par se relever du drame qu’elle a vécu.

La maison de Pétula est certainement l’une des choses que j’ai le plus appréciées dans cette histoire. On a vraiment l’impression d’évoluer dans un cocon tout doux lors des passages se déroulant chez elle. Entre l’ambiance cosy et surtout la présence de nombreux chats (les siens et ceux en « séjour » puisque sa mère, en plus d’être libraire, travaille bénévolement dans un refuge et recueille les chats abandonnés en attendant de leur trouver un nouveau foyer), je crois que nous avons là une belle description de la maison du bonheur.

 

La plume de l’auteur

En ce qui concerne l’écriture de l’auteur, elle est tellement simple et pourtant tellement parfaite ! La plume est addictive et contribue grandement au fait que ce roman est pour moi une lecture doudou. Mon appréhension était de me retrouver face à des expressions typiquement québécoises (vu que l’histoire se passe à Vancouver et que l’auteur y vit), mais heureusement le livre a été écrit en anglais puis traduit en français, donc il n’y en a aucune. Dans certains passages, alors que l’auteur aurait pu être explicite, elle a au contraire fait le choix de rester sobre, douce et délicate, nous « suggérant » simplement ces passages et c’est tout aussi efficace pour nous toucher. J’ai également souri face à certaines références livresques (Carrie, Les Hauts de Hurlevent, …) ou ciné (Le Géant de fer, 127 heures, Retour vers le futur, …). Les chapitres sont très courts, le livre en lui-même est très court et se lit donc très vite, mais c’est vraiment le genre de livre qu’on ne voudrait jamais terminer, on aimerait qu’il n’ait jamais de fin tellement on s’y sent bien !

 

Les personnages

Tous les personnages, et je dis bien TOUS sans exception, sont terriblement attachants. Les parents de Pétula, les parents de Jacob, le directeur du lycée, … Mais les personnages les plus importants, ce sont bien évidemment ceux qui forment la bande de l’atelier d’art-thérapie, et surtout Pétula, le personnage principal.

Pétula, donc, souffre de toutes sortes de phobies, d’impulsivité et a une image d’elle-même déplorable. Elle se « punit » via ces phobies, mais c’est aussi pour elle un moyen de se protéger et de protéger ses proches et les personnes qu’elle aime, afin d’éviter un autre drame. En ce sens, on constate que c’est une très bonne personne, aimante, qui n’a malheureusement pas été épargnée par la vie. Mais elle est également fan de lecture et assez marrante. Ce n’est pas tant qu’elle a un sens de l’humour développé, mais plutôt qu’elle est marrante malgré elle, dans son comportement. Je me suis vraiment identifiée à elle pour sa passion pour les livres, les chats et son côté pessimiste. Son évolution entre le début et la fin du roman (l’évolution de tous les personnages, d’ailleurs) est juste incroyable.

Jacob, quant à lui, a également un très lourd passé qui ne sera révélé que tardivement dans le roman. Mais c’est aussi et surtout un garçon plein d’humour et de bonne volonté, et surtout un très grand cinéphile (j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le contraste avec Pétula qui est elle une très grande lectrice, cela donne lieu à quelques échanges assez cocasses). Il sera vraiment le déclencheur de la « remise sur pieds » de Pétula.

Je ne vous détaillerai pas tous les personnages mais je crois vraiment qu’il n’y en a pas un seul qui n’ait pas réussi à me toucher à sa manière : j’ai souri avec eux, j’ai rigolé avec eux, j’ai été triste avec eux, j’ai été heureuse avec eux, chacun a ses propres failles et ça les rend d’autant plus attachants. J’ai vraiment l’impression que ce livre et ses personnages ont emporté avec eux une partie de moi. J’ai eu du mal à les quitter !

 

En conclusion

Des thèmes intéressants, des personnages attachants, une sensation de douceur pendant la lecture… J’ai vraiment besoin d’ajouter quelque chose pour vous convaincre de lire « Les optimistes meurent en premier » ? Je dirai juste une petite chose de plus. Ce livre, c’est aussi pour moi une véritable réflexion sur l’opposition optimisme/pessimisme, et il en ressort une morale : il n’est pas bon d’être totalement optimiste ou totalement pessimiste, il n’y a qu’en conciliant les deux, qu’en ayant un mélange des deux en soi qu’on peut réellement parvenir à être heureux.

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Petite belge âgée de 27 ans, je passe mon temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries. En tant que fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’adulescente. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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