Frappe-toi le cœur, c'est là qu'est le génie

06/10/2017

Titre : Frappe-toi le coeur

Auteur : Amélie Nothomb

Editions : Albin Michel

Prix : 16,90 €

Parution : 23 août 2017

Nombre de pages : 180 pages

Genre : Littérature contemporaine

Résumé : « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

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Un grand merci aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce rendez-vous incontournable de la rentrée littéraire !

 

Citée en quatrième de couverture de son dernier roman, cette phrase choc signée Alfred de Musset offre un éclairage à la fois lumineux et terrifiant sur le livre d’Amélie Nothomb. « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie » : tel semble être le credo de Diane, jeune femme qui excelle dans son parcours en médecine, pour en réalité mieux contenir son enfance trouble.

Élevée par une mère instable émotionnellement, Diane est le portrait même de l’enfant non désiré. Et l’amour que lui porte son père ne suffit pas à combler le vide imposé par la jeune mère. L’enfant se construit une identité en décalage avec la réalité, qui s’effondre petit à petit. La naissance de son frère puis de sa sœur sont autant de coups durs que sa mère adopte un comportement radicalement différent envers eux et leur offre ainsi ce qu’elle a toujours refusé à sa fille aînée : de l’affection.

Mais si ce sentiment semble être complètement absent de la relation entre Diane et sa mère, un autre occupe au contraire une large place : la jalousie. Arrivée par accident, l’enfant est vue comme le symbole d’une jeunesse volée. A à peine 20 ans, Marie se retrouve projetée dans le monde rangé des adultes : une maison, un mari aimant, une grossesse. Malgré elle, Diane occupe depuis sa naissance la place que sa mère n’aura plus, qu’on lui a dérobé : celle de l’épanouissement. Ce constat établi, comment une relation saine pourrait-elle se développer entre la mère et sa fille ?

Fidèle à elle-même, Amélie Nothomb dresse les portraits de personnages gouvernés par les sentiments, profonds et tumultueux. On ne peut s’empêcher de compatir pour eux, pour ces comportements radicalement différents, extrêmes, mais finalement inspirés par la même motivation : l’amour. Grâce à cette plume acérée, mais non dénuée de poésie, Amélie Nothomb joue avec ses personnages, les pousse à des situations extrêmes qui engendrent des réactions tout aussi surprenantes et terrifiantes.

Et un Nothomb sans fin magistrale ne serait pas un vrai Nothomb. Et Frappe-toi le cœur ne déroge pas à la règle. Au fil des pages, les chapitres s’enchaînent, les points de vue aussi : l’histoire s’ouvre sur la chute aux enfers de Marie, relayée par l’enfance et le parcours de Diane, auquel vient se greffer la rencontre avec un autre personnage, tout aussi complexe et important que les autres femmes.

Car, si les seuls personnages masculins sont relayés au second plan (un mari aimant pour l’une, un mari muet pour l’autre, un frère normalement ennuyeux pour la troisième), les femmes sont au cœur de ce récit haut en couleurs, avec un point commun qui finalement les relie toutes : leur relation mère-fille.

C’est en cela que tient le talent romanesque d’Amélie Nothomb dans ce dernier roman : la description et la mise en scène très recherchées de cette relation en fonction de laquelle chacun se construit et évolue dans la société qui est la nôtre.

Le clin d’œil de l’auteure est de ce fait jouissif : quel meilleur métier pour réparer les cœurs blessés, transis d’un amour qui n’a jamais été révélé ? Cardiologue. Alors qu’elle a échoué durant toute son enfance, Diane souhaite passer sa vie d’adulte à améliorer pour les autres ce qu’elle n’a pas pu faire pour elle-même : son cœur.

 

A travers ce conte, Amélie Nothomb illustre parfaitement cette citation de Musset qui, espérons, entrera en résonance avec chaque lecteur. On regrettera juste ce point d’orgue sur lequel le roman s’achève qui, certes, marque la signature brutale et terrifiante de l’auteure, mais nous laisse un grand vide après le tumulte d’émotions engendré par le récit. Vivement la prochaine rentrée littéraire !

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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One Comment

  1. Coucou,
    J'ai moi aussi apprécié ce roman même si la fin est un peu brutale comme tu le dis^^
    Des bisous :)

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