Jessie (Gerald's Game) - Menottes matérielles et mentales

06/10/2017

Titre : Jessie

Réalisateur : Mike Flanagan

Avec : Carla Gugino, Bruce Greenwood, Henry Thomas, ...

Genre : Thriller

Durée : 1h43

Nationalité : États-Unis

Sortie : 2017

Résumé : Jessie et son mari Gerald partent dans un coin tranquille pour se retrouver en couple. Lorsque Jessie accepte de porter les menottes que lui enfile Gerald, elle se dit que cela va lui faire plaisir. Malheureusement, tout ne va pas se passer comme prévu...

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Décidément, 2017 rime avec Stephen King. En effet, on a eu droit aux séries « The Mist » (qui ne sera pas renouvelée) et Mr Mercedes, et aux films « La Tour Sombre », « Ça » (qu’on a abordé en longueur sur le site) et « Jessie ». C’est ce dernier, sorti récemment sur Netflix, que nous allons aborder aujourd’hui.

Le postulat est simple et pourtant diablement attirant. En effet, il permet d’aborder le domaine du huis clos avec une limitation d’action évidente pour le personnage principal. Le défi est donc de trouver un metteur en scène sachant capter ce sentiment d’emprisonnement avec créativité et efficacité. Heureusement, la personne derrière la caméra s’avère être Mike Flanagan, réalisateur entre autre de « The mirror », « Before I Wake », « Hush » et « Ouija les origines » (preuve que la préquelle d’un mauvais film peut s’avérer créative et riche émotionnellement). Ce dernier compose ses cadres avec réussite, sachant utiliser au maximum les ressources de la chambre pour assurer le suspense. Mais ce n’est pas par sa gestion du principal décor de l’intrigue que Flanagan arrive à donner à « Jessie » un niveau supérieur à celui de beaucoup de thrillers actuels.

En effet, « Jessie » suit l’enfermement physique de notre héroïne… mais également l’enfermement mental qu’elle subit depuis son enfance. Elle a ainsi vécu durant sa jeunesse un événement traumatisant qui symbolise cet emprisonnement idéologique dans lequel elle se trouve depuis. Pour représenter un tel acte choquant, il fallait la sensibilité d’un Flanagan, lui qui a réussi avec « Before i wake » à créer l’un des films fantastiques les plus bouleversants de ces dernières années (et bien évidemment, invisible en salles, vive la distribution…). Le réalisateur de « The mirror » (lui aussi privé de sortie en salles) arrive ainsi à donner corps à cette tragédie intime sans tomber dans le graveleux facile et une forme de cinématographie par le biais de l’éclipse solaire s’étant produite à ce moment-là.

C’est bien beau de vanter le talent indéniable de Flanagan, mais il ne faut pas oublier qu’il partait avec une source riche qu’est le roman de King. Ses écrits sont préservés à l’écran par le scénario de Flanagan et Jeff Howard, et nourrissent également la réussite de ce « Jessie ». Autre talent à souligner, celui de Carla Gugino dans un rôle qui doit porter le film à lui tout seul. Sans une Jessie convaincante, pas de film. Ici, l’interprétation simple mais sincère de Gugino permet une réelle empathie dans les épreuves physiques et mentales qu’elle va devoir affronter. On peut également déceler un message féministe fort dans le fait que l’héroïne se confronte à différentes figures masculines pour survivre ainsi qu’à la manière dont elle arrive à retourner son traumatisme en quelque chose de constructif lui permettant de se sauver, dans tous les sens du terme.

« Jessie » est donc un bon petit divertissement bien écrit, bien filmé et bien interprété qui vous passionnera pendant une heure et quarante-trois minutes. Peut-être qu’il vous fera réfléchir à deux fois avant utiliser des menottes avec votre partenaire mais ce qui est sûr, c’est que vous allez avoir mal au poignet à la fin de la séance…

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Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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