Un funambule sur le sable

20/10/2017

Titre : Un funambule sur le sable

Auteur : Gilles Marchand

Editions : Aux Forges de Vulcain

Prix : 19,50€

Parution : 24 août 2017

Nombre de pages : 354 pages

Genre : Littérature contemporaine

Résumé : C'est l'histoire de Stradi qui naît avec un violon dans le crâne. A l'école, il va souffrir à cause de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. A ces souffrances, il va opposer son optimisme invincible, héritage de ses parents. Et son violon s'avère être un atout qui lui permet de rêver et d'espérer. Roman de l'éducation, révérant la différence et le pouvoir de l'imagination.

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Un grand merci tout d’abord aux éditions Aux Forges de Vulcain pour l’envoi de ce livre de la rentrée littéraire, dont le résumé avait attisé ma curiosité !

 

Un enfant vient au monde avec un violon dans la tête. Le concept est original, poétique, fantaisiste. De quoi ravir les lecteurs qui recherchent la poésie cachée du monde. Gilles Marchand s’en sert en réalité pour traiter d’un sujet grave, de façon légère et funambulesque : le handicap.

Surnommé Stradi (en référence à Stradivarius, la marque de violon), l’enfant fascine son entourage autant qu’il l’inquiète. Épaulé par son compagnon de route boiteux, les deux compères développent une amitié autour de leur handicap qui pourtant les éloigne un peu plus du reste du monde. Tel un refrain lancinant, le discours d’insertion des deux enfants accompagne leur évolution dans la société.

Ainsi, le roman de Gilles Marchand se compose de deux parties : l’enfance et l’âge adulte. Toute la première partie est consacrée à la construction de l’identité qui se réalise malgré et autour de ce handicap original : comment se développer physiquement, psychiquement, socialement avec une telle anomalie ? Cette question ne quittera jamais Stradi, même à l’âge adulte, même en ayant relevé le pari d’une insertion dans la société.

Repéré pour son précédent roman, Une bouche sans personne, l’écriture de Gilles Marchand ne manque pas d’émotion : les personnages sont touchants, attachants. Les liens qui les unissent réchauffent le cœur. Malgré tout, ce roman de plus de 300 pages ne résiste pas à un certain ennui ressenti à la lecture, particulièrement dans la première partie du récit : les effusions de sentiments se bousculent, les discours des deux enfants sur le handicap sont redondants.

Bref, les situations s’enchaînent maladroitement pour finalement appuyer avec un peu trop de force un message que le lecteur aurait pu lire de façon subtile entre les lignes : vivons heureux avec notre handicap, c’est ce qui fait notre originalité, notre identité. Et puis la fin – qui ne manque pas de charme, c’est certain – vient finalement contredire ce message : l’amour peut tout, l’amour change tout. On retrouve l’effusion de sentiments qui semble être la marque de fabrique de Gilles Marchand.

 

L’idée de départ était originale, entrainante et aurait pu donner lieu à un beau conte musical et fantasque, rythmé par la poésie des mots et des situations. Mais à cause d’un développement du récit qui s’étale en longueur, le lecteur se perd dans des pages de bons sentiments qui, faute d’alléger le sujet grave du handicap, l’alourdissent un peu plus. Dommage !

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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