Fils unique – Un livre choc du début à la fin

23/11/2017

Titre : Fils unique

Auteur : Jack Ketchum

Editions : Milady

Prix : 7,90 €

Parution : Poche : 20 octobre 2017 / Grand Format : 26 février 2009

Nombre de pages : 336 pages

Genre : Thriller, Histoire vraie

Résumé : Il avait passé l'âge qu'on lui maintienne la tête sous l'eau dans la baignoire. Il faudrait trouver autre chose. A n'utiliser qu'en des endroits où cela ne laisserait pas de trace. Un fin bâton soigneusement écorcé. Du bouleau. C'avait toujours donné de bons résultats.

Lydia Danse croit enfin avoir trouvé le bonheur en famille. Mais la façade s'effrite. Arthur Danse resserre son emprise sur elle et son fils. Et ce qu'il prend par la force, il s'y accroche pour ne plus le lâcher. Démunie, terrifiée par ce mari violent, Lydia se lance dans une lutte désespérée pour sauver son enfant. Jusqu'à ce que toutes les armes, même la justice, se retournent contre elle...

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Je remercie les éditions Milady pour l’envoi de ce roman. Je connaissais déjà l’auteur, ayant lu un autre de ses livres avant celui-ci, à savoir « Une fille comme les autres » (qui était déjà un roman très dur, adapté deux fois au cinéma, adaptations que je vous recommande chaudement au passage). En lisant le résumé du livre « Fils unique », et connaissant déjà la plume de l’auteur, je m’attendais à une lecture très sombre et profondément marquante, et ce fut effectivement le cas. Avec ce livre, Jack Ketchum s’inscrit pour moi clairement parmi les maîtres dans son domaine.

 

Dans « Fils unique », nous suivons principalement l’histoire et le quotidien de la famille Danse, composée de Lydia, la femme, Arthur, le mari et Robert, leur jeune fils. Lydia, mais aussi et surtout Robert, vivent dans la peur au quotidien du mari/père, un homme horrible, qui n’a aucune morale, psychologiquement instable et qui, en ce qui me concerne, est digne des pires personnages que l’Histoire ait jamais porté. Car c’est bien là le pire : toute cette histoire est inspirée de faits réels.

 

Dans ce livre, tout y passe : violence envers les bébés, les enfants, les femmes, les hommes, viol, emprise psychologique, … Ai-je besoin de préciser que nous sommes là face à une histoire très dure qui n’est absolument pas recommandée aux petites natures ? Honnêtement, à un moment j’ai arrêté ma lecture, déposé le livre et me suis vraiment posé la question de savoir jusqu’où cela allait aller dans l’horreur.

Pour moi, ce livre est aussi très représentatif des « coulisses » du système judiciaire américain, de ses faiblesses (par exemple, la facilité de « corrompre », ou tout du moins d’influencer un juge lorsqu’on a des contacts) et dans le cas précis, montre à quel point le fait d’être une femme peut être discriminatoire dans un tribunal (ou en tout cas, à quel point ça l’était à l’époque).

Je le redis mais l’auteur nous offre ici une histoire vraiment insoutenable, il faut être bien accroché pour pouvoir en venir à bout. Et pourtant, c’est en même temps totalement impossible de lâcher ce livre, car jusqu’au dénouement on veut savoir comment ça va se finir, et surtout si justice sera faite.

 

Au niveau des personnages, je ne vous en parlerai pas énormément. Je vous dirai juste que j’ai eu énormément de peine pour Lydia et Robert, j’ai vraiment eu l’impression de souffrir avec eux. Lydia est une femme dotée d’une force incroyable, d’une volonté de fer et d’un courage exemplaire. Par contre, tout au long de cette histoire, je n’ai eu qu’une envie concernant Arthur : traverser les pages du roman pour pouvoir égorger moi-même ce porc, parce que c’est tout ce qu’il mérite.

 

Mais ce que j’ai le plus aimé ici, c’est la plume de l’auteur. Son écriture brute, claire, explicite et concise va droit au but, il ne mâche pas ses mots et se permet tout, ce dès la première page. J’ai grandement apprécié son choix de récit linéaire, la construction de l’histoire est ainsi très claire puisqu’aucun saut dans le temps, que ce soit dans le passé ou le futur, n’a lieu (on part de l’enfance d’Arthur et Lydia pour arriver graduellement à leurs vies d’adultes). Des chapitres courts et le choix du point de vue omniscient, idéal pour avoir le ressenti et les pensées de tous les personnages, ont fini de me convaincre et me charmer, malgré un thème extrêmement noir.

 

En bref, cette histoire horrible, extrêmement dure et affreusement réaliste m’a vraiment et profondément marquée, et ce pour un bon moment je pense. Et ce sont justement ces livres qui me marquent le plus, peu importe de quelle façon ou le thème qu’ils abordent, qui constituent pour moi des coups de cœur. Si vous ne l’avez pas encore compris à ce stade de ma chronique, laissez-moi être claire : je vous déconseille vraiment ce livre si vous êtes quelqu’un de sensible, car les actes que nous conte ici l’auteur sont une horreur pure. Si en revanche il en faut énormément pour vous choquer et que le récit de divers sévices est supportable pour vous, n’hésitez pas. Cette histoire gagne vraiment à être connue en ce qui me concerne, ne serait-ce que pour exposer au grand jour les failles du système judiciaire américain. Et encore un petit détail avant de vous quitter : lisez bien le livre jusqu’au bout, y compris la postface.

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Petite universitaire belge âgée de 24 ans, je passe plus de temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries qu’à bosser mes cours. Egalement fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’ado. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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