It's about love - Le récit sincère et vrai d'un ado de Birmingham

11/11/2017

Titre : It's about love

Auteur : Steven Camden

Editions : Fleurus

Prix : 16,90 €

Parution : 8 septembre 2017

Nombre de pages : 477 pages

Genre : Young Adult

Résumé : Il s’appelle Luke. Elle c’est Leia. Il vient d’un quartier populaire de Birmingham. Elle habite les beaux quartiers. Ils se rencontrent à la fac, à un cours de cinéma. Ensemble ils commencent l'écriture d'un scénario, ils apprennent à se connaître, ils tombent amoureux. Introverti et taciturne, Luke tente malgré tout ce qui les sépare de s'ouvrir au monde de Leia, sans jamais trahir le sien. Mais son histoire personnelle et son milieu le rattrapent quand son frère Mark sort de deux ans en prison. Mark, celui qui a fait voler en éclats leur famille… A l'université, Luke sent plus que jamais un fossé entre lui et les autres. Et si son histoire avec Leia n'y résistait pas ? "It’s about love" parle de fierté, de vengeance, de la famille… et d'amour. Car à la fin, tout se résume à l'amour.

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Parfois il n’y a rien de mieux qu’un coup de fouet pour débuter une histoire, rentrer dans le vif du sujet sans prendre de pincettes pour capter et appâter l’attention d’un lecteur. Un lecteur n’aime pas les questions qui restent sans réponses. Et s’il doit lire près de 500 pages pour connaître le fin mot d’une histoire, découvrir cette réponse qui lui manque, il le fera.
L’histoire commence fort. Nous sommes à l’hôpital et un drame s’est produit, nous ne savons pas quoi, ni qui est la victime, si elle vit ou si elle n’est plus. Pour le savoir, il faut remonter le temps, retrouver le moment charnière où tout a commencé, ou plutôt là où tout a basculé. C’est donc avec cette trame de départ, qui fait office de fil rouge, que débute cette histoire d’amour.

Luke est un jeune adolescent brillant et créatif, mais au passé bouleversé par divers événements. Lorsqu’il fait sa rentrée dans une école huppée à mille lieues de ses habitudes, le garçon reste sur ses gardes. Côtoyer des jeunes d’un niveau social plus aisé et donc différent du sien ne facilite pas son intégration, mais son désir d’assister au cours sur le cinéma lui donne le courage de poursuivre sa scolarité. C’est durant ce cours qu’il fait la rencontre de Leia, une jeune fille qui ne le laisse pas indifférent. Contraints de travailler ensemble sur un projet d’écriture, les deux adolescents se trouvent de nombreux points communs et finissent par se lier d’amitié. Une amitié qui se transforme rapidement en amour pour Luke, qui ne sait pas comment se livrer à sa binôme de classe, surtout qu’un grand événement va bientôt perturber son quotidien : son frère aîné sort de prison après y avoir passé deux ans.

Steven Camden n’est pas n’importe qui au Royaume-Uni. Connu sous le nom de Polarbear (ours polaire), c’est un artiste et interprète féru d’écriture. Poésie, pièce de théâtre, livre, il touche un peu à tout. Après Tape, It’s about love est son deuxième roman, un second roman dans lequel il nous parle d’amour sous toutes ses formes ainsi que des conséquences, heureuses ou tragiques, qu’engendre ce sentiment puissant. Qui dit amour dit romance, mais ici ce n’est pas le cas. Si vous cherchez une romance bien sirupeuse et mielleuse, passez votre chemin car ici, même si on est dans de la fiction, on parle de sentiments réels et bruts. L’auteur est un petit malin. En nommant ses personnages Luke et Leia, Steven Camden nous accroche dès le départ avec une référence populaire qui fait sourire : Star Wars. Mais passé ce sympathique clin d’œil, on rentre brutalement dans le vif du sujet.

Quand on commence cette lecture, on entre dans la tête de Luke. On a accès à toute son intériorité, ses pensées et ses questionnements. Mais on prend surtout conscience de la colère qui le ronge, du doute qui l’assaille et du manque qu’il lui est impossible de combler. L’intégration dans sa nouvelle école sonne pour l’adolescent comme un bon moyen de vivre sa passion. Et puis il y a Leia. Leia, c’est un peu le rayon de soleil qui illumine son quotidien. Penser à elle, à son visage, à ses cheveux ou à sa peau métissée le font fantasmer, mais surtout créer. Il l’imagine dans diverses scènes comme le ferait un photographe, ou plutôt un réalisateur. Elle est le moteur de sa motivation. J’ai adoré le personnage Luke, c’est un garçon très attachant qui se cherche en permanence. Très méfiant, il use de sarcasme et d’agressivité pour mettre une distance entre lui et les autres. C’est une boule de colère refoulée. Malgré cette fierté mal placée, il sait se montrer tendre, maladroit et aimant à d’autres moments. C’est une forte personnalité qui fait preuve de beaucoup de retenue. Il n’y a que sa passion pour le cinéma qui lui permet de s’ouvrir aux autres.

L’écriture est aussi un bon moyen pour ces deux jeunes de se livrer l’un à l’autre. Ce qui est dommage, c’est que de Leia on a le strict minimum, et j’aurais voulu en savoir plus. Et puis même si c’est une fille sympa et joviale, il y a des zones d’ombre sur son personnage qui restent non exploitées, si bien qu’à certains moments je ne comprenais pas tout à fait ses choix ou ses actions. J’ai apprécié sa manière d’aborder Luke et de désamorcer la tension qu’il instaurait sans le vouloir. C’est une figure apaisante et bienveillante. A travers son personnage, l’auteur nous montre que peu importe le milieu, aisé ou non, chacun a ses soucis et ses blessures. L’herbe n’est jamais plus verte chez le voisin comme on dit.

L’intrigue avance pas à pas à la découverte de son héros et des défis qu’il doit relever. On prend le temps de nous poser le cadre de l’histoire dans Birmingham, une ville que l’auteur connaît bien, réussissant, à très peu de frais, à faire ressortir le côté dynamique et cosmopolite de la ville, mais surtout le côté populaire à la sauce anglaise. Oui, il y a de la violence et de la délinquance, mais il y a aussi un fort élan de solidarité. Le quartier de son héros forme une communauté aux multiples visages unis et soudés. Une image qui change de ce qu’on a l’habitude de montrer dans les médias par rapport à des quartiers dits « sensibles ».

J’ai énormément aimé la relation familiale et surtout fraternelle que l’auteur nous raconte. Luke est en admiration pour son grand frère Mark, qui pour des raisons obscures, s’est retrouvé incarcéré en prison. Le livre réussit à garder longtemps le mystère et distille petit à petit des indices sur le crime ou délit commis par l’aîné de la famille Henry, mais on prend conscience du poids de cet événement sur Luke, sa famille complètement brisée mais aussi sur ses amis et son quartier. Impossible pour l’ado d’échapper à la filiation. Il est le petit frère de Mark Henry, qui jouit d’une certaine réputation dans son milieu. Luke souffre de cette comparaison avec ce frère qu’il aime mais qui lui fait de l’ombre. Malgré les épreuves, la famille même fissurée reste unie et ses membres sont présents les uns pour les autres. J’ai apprécié la manière choisie par l’auteur pour exprimer l’affection qu’ils ont les uns pour les autres par des gestes, des paroles mais aussi par pas mal de non-dits, de secrets et de silence.

La mise en page est plutôt révélatrice de la passion du garçon, qui n’est autre que le cinéma, et plus particulièrement l’écriture de scénarios. Le cinéma est un peu le leitmotiv du récit, il y a beaucoup de références cinéphiles (pour mon plus grand plaisir) pour presque tous les goûts, que ce soit pour des films d’auteur ou de genre, personne n’est négligé. Le livre est chapitré comme le serait un véritable scénario, avec des indications qui définissent si la séquence se passe en intérieur ou extérieur, dans quel lieu et à quel moment avec une petite description. Vous l’aurez donc compris à la forme de la couverture (un carnet de notes) et à la manière dont est structurée l’histoire, ce que l’on tient entre les mains est une ébauche de scénario. C’est un livre qui est très visuel dans son écriture, comme s’il avait pour finalité d’être mis sur écran, mais qui reste littéral dans sa manière d’aborder le personnage de Luke, qui fait l’étalage de ses sentiments.

Steven Camden a une écriture sincère et poignante. Ce n’est pas larmoyant ou violent ou même cru, c’est juste vrai. Il y a de la nostalgie, des réflexions, des paroles sages et beaucoup de souvenirs d’enfance. C’est une lecture assez addictive qui prend vraiment le temps sans nous en faire perdre. Il aborde plusieurs thèmes comme la violence, les liens fraternels, la vengeance, la famille ou encore le besoin de se donner une nouvelle chance, de se pardonner pour ensuite se retrouver et partager.

En conclusion, It’s about love de Steven Camden est une très jolie histoire qui vaut le détour ; elle est très instructive et saura plaire à tout public. Que ce soit le style de l’auteur, la mise en page ou les personnages, j’ai quasiment tout apprécié et je serais bien curieuse de voir cette œuvre adaptée au cinéma. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce livre, mais ce qui est à retenir, c’est qu’il parle d’amour.
L’amour peut se manifester sous diverses formes. Celui qu’on éprouve pour ses parents, ses frères et sœurs, ses amis ou pour son âme sœur. Pour elle, on est prêt à toutes les folies. On peut aussi bien faire preuve de courage et de détermination que de violence, de colère et d’agressivité sans vraiment s’en rendre compte. L’amour est le plus beau et le plus puisant des sentiments.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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