Les Mystères de Larispem - Une uchronie presque parfaite !

14/11/2017

Titre : Les Mystères de Larispem #1 - Le Sang jamais n'oublie

Auteur : Lucie Pierrat Pageot

Editions : Gallimard Jeunesse

Prix : 16,00 €

Parution : avril 2016

Nombre de pages : 272 pages

Genre : Uchronie, fantasy

Résumé : LARISPEM
1899.
Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d'un régime
populiste, trois destins se croisent... Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l'apprentie louchébem et Nathanaël, l'orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l'ombre d'une société secrète vient planer sur la ville.
Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

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Je vous ai déjà parlé de mon amour pour les uchronies, ce genre qui se base sur un changement dans l’Histoire (parfois léger, parfois moins) et qui utilise ses conséquences pour repenser le cadre historique de la narration. C’était par exemple le cas dans Le Cercle de Farthing, où l’époque présentée était celle des années 50 comme si la guerre n’avait pas été gagnée par les alliés, que les nazis étaient au pouvoir et que seule l’Angleterre était libre en Europe.

C’est un genre que j’apprécie tout particulièrement parce qu’il mêle imaginaire et histoire – mes deux petits favoris dans la fiction ! Alors quand j’ai vu que la gagnante du Concours du Premier Roman Jeunesse était une uchronie, je n’avais pas le choix : j’étais obligée de le lire !

Et qu’en est-il de ce mystérieux Larispem ?

À beaucoup de niveaux, ce roman est une véritable réussite et une vraie petite pépite !

Tout d’abord, il y a Larispem. Je trouve que l’idée de l’auteur de partir sur un univers où les Communards sont vainqueurs et où les bouchers sont devenus la caste dominante est particulièrement intéressante et bien menée. En plus, Lucie Pierrat-Pajot enrichit son univers avec un langage spécifique : le louchébem.

Le louchébem, késako ? Il s’agit en réalité d’un argot qui a été réellement parlé par certains ouvriers et notamment par les bouchers au moment de la Commune en France – donc autour de 1871. Personnellement je n’avais jamais entendu parler de cet argot (qui ressemble un peu au verlan mais pas tout à fait) et après quelques recherches, il se trouve que certains mots ont survécu jusqu’à aujourd’hui et se retrouvent toujours dans notre propre langage. Par ailleurs, j’ai lu en me renseignant un peu que les bouchers auraient encore tendance à utiliser cet argot, donc si vous connaissez un boucher, c’est le moment de lui poser la question !

Pour revenir à notre roman, c’est typiquement le genre de détail que je trouve fabuleux et qui donne vraiment tout son corps à l’univers créé par un auteur. Même si l’adaptation n’est pas toujours facile (!), assez rapidement le louchébem permet au lecteur de repérer rapidement les interlocuteurs des personnages principaux, puisque seuls les bouchers – la caste dominante – utilisent le louchébem.

Enfin, gros point positif aussi à mon sens – mais c’est tout à fait personnel : avoir fait de Larispem une ville Steampunk ! D’une part, c’est tout à fait raccord et « réaliste » par rapport à l’univers construit par l’auteur, mais en plus, j’aime tellement ce type d’univers que là, on pourrait dire que Lucie Pierrat-Pajot a fait la formule Jackpot par rapport à mes sensibilités de lectrice. Une fois encore, cet aspect du livre est bien dosé, clair et extrêmement travaillé ! En bref, si vous aimez ce type d’univers, foncez, vous allez vous régaler !

Cependant, il y a quand même deux petites ombres au tableau à mon sens : des personnages principaux qui auraient mérité d’être un peu plus creusés et une intrigue qui aurait pu aller un peu plus loin.

Je m’explique : au niveau des personnages, si ceux-ci sont bien écrits, je ne me suis pas vraiment identifiée à eux, et je pense que cela tient à une chose très simple, à savoir que l’auteur a fourni un tel travail pour présenter l’époque qu’elle a construite, que son univers est tellement complet et tellement bien léché, que finalement les personnages ne m’ont pas semblé être le plus important du roman.

Mon « reproche » (qui en réalité n’en est pas un !) est aussi applicable à l’intrigue. L’auteur est tellement attentive à ce que l’univers soit bien posé et clair pour le lecteur que l’intrigue avance un peu trop lentement. Ou plutôt, j’aurais souhaité que l’intrigue aille un tout petit peu plus loin.

Finalement, j’aurais simplement souhaité que le roman fasse une petite cinquantaine de pages de plus (!) pour avoir vraiment le temps de m’immerger encore plus dans cet univers que j’ai vraiment adoré. À cause de ce tout petit défaut, je n’ai pas mis la mention coup de cœur au roman, cela dit, j’ai vraiment hâte de me plonger dans le tome deux et de lire la suite, parce que j’ai complètement été happée par Larispem !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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