La ferme du bout du monde - Une saga familiale pleine d'émotions !

24/12/2017

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Titre : La ferme du bout du monde

Auteur : Sarah Vaughan

Editions : Préludes

Prix : 16,90 €

Parution : 5 avril 2017

Nombre de pages : 448 pages

Genre : Contemporain/Saga Familiale

Résumé : Cornouailles, une ferme isolée au sommet d'une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille... et ses secrets. 1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu'à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l'a préparée à ce qu'elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

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La saga familiale est sans doute l'une des thématiques que je préfère retrouver dans les fictions (qu'elles soient littéraires, cinématographiques ou télévisuelles) que je consomme. J'adore l'ambiance, si particulière, qui se dégage la plupart du temps de ces œuvres, avec son lot de secrets sordides, de mensonges éhontés et de drames inavouables. La ferme du bout du monde me semblait justement réunir tous ces ingrédients, garantissant ainsi de me faire passer un excellent moment. Et effectivement, je n'ai pas été déçu du voyage. C'est pourquoi je remercie chaudement les éditions Préludes pour leur envoi qui m'a permis de découvrir une auteure que je ne connaissais que de nom.

La ferme du bout du monde est une histoire qui se déroule sur deux (voire trois, si on est pointilleux) temporalités.
L'intrigue principale se situe à l'époque actuelle, en 2014, entre Londres et Cornouailles. On fait la rencontre de Lucy, une jeune femme trompée par son mari, qui décide de partir se ressourcer dans la ferme familiale perchée sur des falaises et bercée par les vagues. Elle rejoint alors ceux qui y habitent déjà, à savoir sa grand-mère Maggie, sa mère Judith et son frère Tom qui croulent sous les dettes et peinent à remonter la pente. 
L'intrigue secondaire, elle, fait faire au lecteur un bond de soixante-dix ans dans le temps, entre 1939 et 1943, au coeur-même de la Seconde Guerre mondiale. On retrouve Maggie, à peine adolescente, et une ribambelle d'autres protagonistes hauts en couleurs. Ils mènent une vie paisible, enfin autant qu'elle peut l'être en temps de guerre, jusqu'à cet été fatidique où leur destin bascule...

Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est tout le mystère qui plane autour de ce(s) fameux événement(s) qui a (ont) bouleversé le quotidien d'une famille plutôt ordinaire. On en apprend les tenants et les aboutissants touche par touche, sans précipitation, presque avec pudeur. J'ai d'ailleurs eu cette sensation de retenue tout au long du roman, comme si l'auteure voulait cajoler ses protagonistes tout en leur faisant vivre l'enfer. C'est très paradoxal et c'est pourtant comme cela que je l'ai ressenti. Car croyez-moi, Sarah Vaughan n'épargne personne : ni ses héros, ni son lecteur. Certaines scènes m'ont surpris par leur violence et leur cruauté ; décrites avec un réalisme rare, il m'a été très facile de les visualiser (ce qui n'a pas toujours été forcément agréable). 

J'ai trouvé l'écriture de l'auteure particulièrement fluide malgré une alternance passé/présent non seulement dans le fond mais également la forme (imparfait/passé simple et présent/passé composé). Il me semble qu'on pourrait qualifier Sarah Vaughan de conteuse plus que d'écrivaine car dans sa manière d'aborder son histoire et ses personnages, on retrouve à la fois un aspect visuel très présent (multiples descriptions succinctes mais efficaces) ainsi qu'une invitation au dialogue et à la discussion, comme si elle souhaitait directement interagir avec nous, échanger autour d'une idée ou bien débattre sur une prise de position. Plus d'une fois j'ai dû interrompre ma lecture pour me poser des questions et réfléchir à ma façon de voir les choses, voire imaginer la réaction que j'aurais pu avoir dans une situation semblable. 

Malgré les atouts indéniables du roman, j'ai tout de même noté quelques maladresses. Notamment les longueurs du premier tiers qui auraient pu être évitées, bien que je comprends totalement la volonté de poser les bases de l'histoire avant d'entreprendre de la raconter. J'ai également déploré le manque d'approfondissement de certains protagonistes qui m'ont intrigué tout au long de ma lecture sans que l'auteure ne les laisse s'exprimer davantage. 
Toutefois, il n'en demeure pas moins que La ferme du bout du monde est une excellente saga familiale qui plaira sans aucun doute aux amateurs du genre. Si vous cherchez à vous évader, respirer l'air marin à pleins poumons et vous perdre dans la contemplation des paysages britanniques, n'attendez plus : ce livre est fait pour vous. 

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